Alexandre
Marie Nicole Robinet de La Serve homme politique journaliste. Dit
Alexandre La Serve ou Laserve.
Alexandre Nicole Robinet
de la Serve est né le 30 mars 1821 à Paris.
Son père Nicole Robinet
de La Serve, créole de l’île Bourbon, quitte son pays natal tombé
sous la domination Anglaise en juillet 1810, celui-ci préfère
s'exiler que de prêter aux Anglais le serment d'allégeance.
Vers la fin de l’année 1824, Nicole de La Serve, malgré de remarquables
débuts dans la presse, qui lui permette d’aspirer à une haute situation
politique, ne peut résister au désir de revoir son île natale, redevenue
Française.
Le jeune Alexandre fait ses
études primaires à La Réunion, il est élevé par la
seconde femme de son père : Mlle Jenny Anfryre, suite à la mort
de sa mère.
Alexandre de La Serve part
en métropole au lycée Louis-le-Grand
à Paris pour suivre ses études. Il passe ensuite au lycée Henri IV, et
y termine ses études avec succès.
Son éducation classique terminée,
Alexandre a le projet de commencer ses études de droit, mais son père
dont la vigilante sollicitude s’exerçait, même de loin, sur tout ce qui
intéressait l’avenir de son fils, désire l’avoir quelque temps auprès
de lui. Alexandre de la Serve est donc de retour à La Réunion en 1840.
Il entre en qualité de rédacteur, au journal l’Hebdomadaire dont il partage
la propriété avec un des hommes les plus honorables de cette époque :
M. Lahuppe père. Les débuts du jeune écrivain sont remarqués.
A La mort de son père le
18 décembre 1842, Il accepte l’offre que lui fit un des riches
propriétaires de la colonie, M. Adrien Béllier, de s’associer pour l’acquisition
et l’exploitation d’une propriété sucrière située à Saint-André, et qui
porte le nom de la Ravine-Creuse.
Il s’occupe de travaux agricole,
sans se désintéresser de la politique qui demeure sa plus chère préoccupation.
Il assiste avec joie à la
chute du gouvernement de Juillet, bien que la proclamation de l’abolition
l’esclavage de 1848, le menace d’une de ruine prochaine.
Quelque temps après Alexandre
de La Serve prend une part importante à la création et à la rédaction
d' un journal clandestin : le Cri Public dont l’apparition fut saluée
avec joie par le parti libéral, le cri public qui devient le 31 juillet
1848 la Démocratie Colonial.
Alexandre Laserve décide
de se présenter aux élections législatives de 1851. Le jeune candidat,
il n'a pas encore trente ans, adresse sa profession de foi au journal
le Moniteur de l'île de La Réunion, qui la publie dans son numéro du 6
décembre 1851.
" ... exposition de
principes ; mes amis savent que je ne suis pas homme à en changer.
En politique générale, je
veux la liberté de conscience, la liberté de la presse, la liberté d'enseignement,
et dès que le moment sera venu, la liberté du commerce ; la loi du 31
mai doit être modifiée et la République maintenue, jusqu'à ce que la France
après une expérience consciencieuse et complète de cette forme de gouvernement
l'adopte d'une manière définitive ou revienne à la Monarchie.
En politique Coloniale, le
pays doit être, dans toute la vérité du mot, un département français,
avec un conseil général nommé par l'élection et investi, en raison de
l'éloignement, d'attributions agrandies et qui donnent à la colonie l'indépendance
et la liberté d'action dont jouissent les Antilles et le Canada, vis-à-vis
de l'Angleterre ; les tarifs douaniers refaits, les sucres coloniaux dégrevés
de tous les frais commerciaux, jusqu'à ce qu'on rachète la sucrerie indigène,
à défait le libre échange ; l'introduction des travailleurs du dehors
facilitée, et les fonctions publics confiées de préférence aux hommes
du pays.
Tels sont mes principes,
mes tendances et mes résolutions, pour le succès desquels j'emploierais,
si j'étais élu, tout ce que la nature m'a donné de courage et de persistance. |