1938,
Il est élu maire de Saint-Benoît à 32 ans à la suite d'une élection pleine
de rebondissements.
Il occupe par ailleurs la
tête du comité de défense des planteurs de Saint-Benoît et épouse Andrée
Isautier avant d'être mobilisé par la Seconde Guerre mondiale. À son retour
dans l'île, il a été remplacé au Conseil général de La Réunion.
11 mars 1945, naissance officielle
du Comité Républicain d'Action Démocratique et Sociale.
Le C.R.A.D.S est alors animé par le Docteur Raymond Vergès
(Président) et Léon Lepervanche. C’est sous la bannière
de ce comité que les républicains de la gauche traditionnelle
et de la droite modérée engageront les combats électoraux
de l’immédiat après-guerre.
Un second pôle politique
se construit autour d'un bloc unissant les représentants des droites
locales sous l'influence dominante de la démocratie-chrétienne
et d'un leader : Alexis de Villeneuve.
Mai 1945, La réunion
entre en campagne des municipales. Après cinq ans de non démocratie,
un système de nomination des maires instauré par l'État
Français a succédé une administration provisoire,
les réunionnais vont s'exprimer. Le gouverneur Jean-Charles
André Capagorry affiche hautement son intention d'encadrer ces premières
échéances nationales, il évite les désordres
et le retour aux fraudes électorales. Grâce aux dispositions
qu’il prend, les élections se déroulent dans le calme.
Le Gouverneur prend plusieurs mesures (forte présence des forces
de l'ordre, vente de rhum interdite pendant 43 jours, attention portée
jusqu'à la transparence des rideaux d'isoloirs..).
27 mai 1945, les Municipales
prévues pour le début du mois de mai sont repoussées
au 27 mai à La Réunion à la suite du passage sur
l’île, les 6 et 7 avril, d’un cyclone. Pour la première
fois, en application de l’ordonnance signée le 21 avril 1944
à Alger par le Général De Gaulle, chef du Gouvernement
Provisoire de la République Française, les femmes peuvent
participer au scrutin.
Le face à face des
deux listes se conclut par une victoire remarquable du CRADS, il remportent
12 municipalités sur 23. Le renouveau s’exprime d’autant
plus que la participation électorale est massive (74,5%). La gauche
conquiert les grandes villes de l'île. Alexis de Villeneuve est
élu maire, il sauve la municipalité de Saint-Benoît
de cette déferlante. Résultats
des élections municipales du 27 mai 1945 à La Réunion.
21 octobre 1945, Alexis de
Villeneuve se présente aux élections législatives
de La Réunion dans la première circonscription, il est opposé
au Docteur Raymond Vergès. Les représentants de cette Assemblée
constituante sont chargées de rédiger une nouvelle Constitution,
ils sont élus pour une durée limitée de sept mois.
Extrait de la profession de foi d'Alexis de villeneuve : " ... membre
du parti socialiste, ( S.F.I.O. 17e section ) je vais au sein de ce puissant
organisme politique où je compte de nombreux amis et d'influentes
relations et qui devraient prendre en mains les rênes de la France,
dépeindre avec tout mon coeur la physionomie exacte de mon petit
pays, tel que je l'ai trouvé, c'est-à-dire avec toutes ses
laideurs, mais aussi avec toutes ses possibilités futures. Je n'oublierai
jamais de mentionner l'ardeur de ses habitants au travail, en dépit
des cyclones successifs qui les assaillent et je saurai obtenir que la
France maternelle se penche un peu sur sa fille lointaine de la mer des
Indes, pour la diriger dans la voie du progrès et du bonheur...
Pour faire triompher la politique du général de Gaulle,
pour innover dans le pays une politique sociale qui mettra du bonheur
dans tous les foyers, nous vous convions à porter vos voix sur
la personne qui n'a d'autre ambition que celle de servir la France et
notre cher petit pays, l'île de La Réunion ". Alexis
de Villeneuve est battu par Raymond Vergès. Résultats
des élections législatives du 21 octobre 1945 à La Réunion.
Mars 1946, Alexis de Villeneuve
prend tête du MRP, Mouvement Républicain Populaire, qu'il a créé,
avec Jean
Chatel et Maître Maxime Vallon-Hoarau comme vice-président.
mouvement politique qui canalise et rassemble les anti-cradistes dans
le but de lutter contre le communisme et de sauver l'étiquette
chrétienne de l'île.
En 1946, La Réunion vient
d’accéder au statut départemental, mais elle baigne comme le reste de
la France dans un climat putride de violence, de frustration, de peur
et de vengeance. De fait, la campagne électorale pour les législatives
de juin se déroule dans des conditions inquiétantes.
Sur la première circonscription,
celle de Saint-Denis, les deux leaders politiques du moment s’opposent
:
Raymond Vergès, maire de Saint-Denis, haut responsable du Parti communiste
français à la Réunion, sous l’étiquette péi du Comité républicain d’action
démocratique et sociale, et Alexis de Villeneuve, maire et conseiller
général de Saint-Benoît, gaulliste, sous les couleurs du Mouvement républicain
populaire.
Le 24 mai 1946, en présence
d’Alexis de Villeneuve, l’un de ses alliés, Marcel
Vauthier, échappe de peu à une tentative d’attentat perpétrée par
un ancien gendarme. Mais l’arme s’était enrayée. Inquiet, le gouverneur
Capagorry,
celui-là même qui avait rallié la Réunion à la France libre, convoque
incontinent les divers candidats en lice à une réunion de "pacification".
Elle se tient dans les locaux
du gouvernorat, le 25 mai 1946 en début d’après-midi. Les parties en présence
s’engagent à ne plus troubler les rassemblements concurrents.
Ce traité de non belligérance
n’aura pas le temps d’entrer en vigueur. Alexis de Villeneuve a prévu
un meeting pour 16h30, place de la Cathédrale, à Saint-Denis. il est abattu
d'une balle tirée à bout portant, dans une rue qui porte aujourd'hui son
nom. Le fis de Raymond Vergès son adversaire communiste,
Paul Vergès est condamné par les assises puis amnistié par le pouvoir
politique.
Meurtre
d'Alexis de Villeneuve et procès de Paul Vergès
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