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Angèle Mac-Auliffe
est née le 14 octobre 1877
à Hell-Bourg village du cirque de Salazie à La Réunion.
Elle est le quatrième
enfant de Jean-Marie
Mac-Auliffe et de Anna Victorine Trollé née à
La Réunion.
Son père est un médecin
originaire de Bretagne, qui, après des séjours à
Zanzibar, Mayotte et Nossi Bé arrive à la Réunion
pour prendre en charge le Service de Santé de l'Hôpital Militaire
de Saint Denis et qui en 1877 devient chef du service de santé
de l'hôpital militaire de Hell-Bourg, au cœur du cirque de
Salazie. Il y retrouve son beau-père, le docteur Trollé.
Malheureusement Angèle
est orpheline le lendemain de sa naissance sa mère décède
après l'avoir mise au monde le 15 octobre 1877.
Un voyageur Mauricien de
passage dans le cirque raconte se drame : " C'est vraiment navrant
que le spectacle de la mort en certaines circonstances. Deux docteurs,
deux médecins réputés pour leur science, l'un le
père, l'autre le mari, ne réussissent pas à arracher
au trépas la digne créature qui est l'objet de leur mutuelle
adoration. "
Angèle passe sa petite
enfance dans le cirque de Salazie, elle appartient au monde de la bourgoisie,
son père occupe des fonctions importantes.
Comme toutes les jeunes filles
de bonnes famille, Angèle a appris la broderie blanche et les Jours
pour marquer son trousseau. A cette époque, de nombreuses revues
étaient éditées par les fabricants de fils, pour
vendre leur production, avec des titrages différents, qui correspondaient
aux modèles proposés. La célèbre encyclopédie
écrite par Thérèse de Dillmont, éditée
par D.M.C. dans plusieurs langues, voyageaient sur les bateaux longs courriers
et devait donner, à son arrivée sur l'île, des idées
et des envies à toutes les Réunionnaises.
Encouragée par son
père, Jean-Marie Mac-Auliffe, Angèle, autodidacte, s'initie
et se perfectionne dans le délicat travail des Jours. Âgées
de 23 ans, maîtrisant parfaitement la technique des fils tirés
et brodés, elle suit son père nommé Médecin
de l'Établissement Thermal de Cilaos.
Dans un pavillon, situé
à l'arrière de la maison paternelle, elle réunit
des jeunes filles auxquelles elle enseigne la broderie et les Jours. Elle
épure ce qu'elle a appris dans les livres, étudie de nouveaux
passages de fils, imagine des formes proches de la faune et de la flore
qu'elle a sous les yeux, invente des fleurs imaginaires portant des noms
de France ou, encore, donne à ses Jours des noms qui garderont,
à tous jamais leur secret.
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En
1905, son atelier compte vingt brodeuses. Angèle va aussi créer
des "appliqués" en s'inspirant de la dentelle Ténériffe.
Elle utilise la technique d'origine pratiquée par les Espagnols
au XVIe et XVIIe siècle qui consiste à appliquer le Ténériffe
terminé sur une toile. Le moule ne sera inventé qu'au XIXe
siècle.
Cette adaptation, permet
à Angèle de se libérer des fils de chaîne et
de trame, de lancer les fils nécessaires à la création
de nouvelles formes et de créer des motifs plus importants. Ce
procédé est à l'origine des Jours de Cilaos appelés
aussi Jours Anciens.
En six ou sept ans, Angèle
forme un noyau d'ajoureuses qualifiées.
En 1908, elle descend à
Saint Denis pour accueillir l'une de ses sœurs de retour de voyage.
Cette année-là, une épidémie de rougeole sévit
à Madagascar et, malgré les précautions prises par
les services sanitaires, elle parvient à la Réunion. Angèle,
atteinte, succombe le 29 mai 1908 à l'age de 31 ans.
Sœur Cécilie
et Sœur Irénée continueront l'œuvre d'Angèle
en s'occupant de la formation, des commandes, de l'organisation de la
production par une bonne répartition du travail en fonction de
la qualification de chaque brodeuse. La technique des Jours se transmet
de mères à filles, de voisines à voisines qui inventent,
au cours des décennies suivantes, de nouveaux points ou modifient
les anciens. Les Jours de Cilaos ne se sont pas figées dans un
dessin spécial ; vivants, ils sont en perpétuelle évolution
et correspondent à la fantaisie et à l'imagination des femmes
de la Réunion.
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