Raphaël Babet. Homme politique, maire député. Personnage célèbre île de La Réunion 974

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Raphaël Jean-Baptiste Benjamin Babet.

Homme plitique. Maire, conseiller général, député.

 

Raphaël Babet né à Saint-Pierre La Réunion le 27 juin 1894, décède le 30 août 1957 à Saint-Joseph.

 
 

Raphaël Jean-Baptiste Benjamin Babet est né à Saint-Pierre le 27 juin 1894 dans une famille de petits agriculteurs.

En 1897, alors qu'il n'a que trois ans, ses parents, avec une trentaine de familles réunionnaises, partent à Madagascar , Ils participent au projet de l'ancien Maire de Saint-Pierre Auguste Babet, de fonder à Madagascar une vaste colonie de Bourbonnais ( réunionnais ) dans la région située entre Fianarantsoa et le littoral oriental. Le climat de la région est rude, la culture difficile. Les parents de Raphaël Babet, épuisés par le travail, complètement ruinés, meurent l'un et l'autre en août 1899 en laissant cinq orphelins. Son tuteur le fait revenir à la Réunion avec ses quatre frères et soeurs.

Raphaël Babet fréquente amors l'école communale de Saint-Pierre. Mais, dès l'âge de treize ans, il se sent attiré par l'aventure. Il se fait engager comme "boy", sans solde, sur un bateau, et débarque à Marseille où la Compagnie Générale Transatlantique l'embarque sur des cargos qui font le service de l'Afrique du Nord.

En 1911, après quelques voyages, il revient à la Réunion, puis repart rapidement à bord d'un voilier, pêcher dans les eaux de l'hémisphère Sud. Il se fixe ensuite à Madagascar, à Foulpointe, au nord de Tamatave.

En 1914, mobilisé dans l'infanterie coloniale, il fait partie du corps expéditionnaire d'Orient et, c'est au cours de la retraite de Serbie, devant Monastir, qu'il est gravement blessé. Cité à l'ordre de l'armée, il est évacué en France en septembre 1917, où il est versé dans l'aviation.

Démobilisé à Paris en 1919, où il s'installe, Raphaël Babet déploie une activité commerciale dans les domaines les plus divers. Il se lance, d'abord, dans la représentation des articles de Paris et fonde la maison "Raphaël", qu'il vend en 1923. Il crée ensuite la société "Yellow Taxis". Il devient importateur d'essences et pétroles des Etats-Unis et de Roumanie.

En 1935, il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il fonde, à cette époque, un cabinet d'assurances et un établissement de crédit pour la vente des automobiles à crédit. Il lance également, en accord avec la ville de Paris, les taxis TSF.

En 1939, il crée une "Société de Transports et de Distribution de Combustibles Liquides en France". La plus grande partie de son matériel est confisquée par les autorités d'occupation, dès 1940.

 

 

Raphaël Babet

Fresque représentant Raphaël Babet à Saint-Joseph. Réalisée par : Pierre Paul BELLEMENE, Nathalie BOYER, Nelson BOYER, Luc GRONDIN, Linda IMANACHE, Charly LESQUELIN, inaugurée le 15 septembre 2005.

Raphaël Babet député de La Réunion

 

Après la guerre, Raphaël Babet reprend ses activités. Mais, au cours de l'été 1945, il est appelé à la Réunion pour se présenter aux élections à la première Assemblée Constituante. Il se présente dans la deuxième circonscription avec une étiquette socialiste, il a deux adversaires , le communiste Léon de Lepervanche et M. Sanglier. Il n'est pas élu, il réalise 42.2 % des suffrages exprimés, Léon de Lepervanche 53.5 % et M. Sanglier 4.2 %. Dans la première circonscription est élu Raymond Vergès, La Réunion est représentée à Paris par deux députés communistes.

2 juin 1946, après un campagne éléctorale très violente il est élu député dans la seconde circonscription. Le scrutin de la première circonscription est reporté au 16 juin. Marcel Vauthier qui remplace le défunt Alexis de Villeneuve l'emporte sur Raymond Vergès avec 19 148 voix sur 30 991 suffrages exprimés.

Son élection à la seconde Assemblée Constituante est validée le 4 septembre 1946. Il regagne Paris. Il siège à l’Assemblée au sein de l’Union gaulliste, groupe créé par l’Union démocratique et sociale de la Résistance. Il est nommé membre de la Commission des territoires d'outremer. Il lui faut maintenant satisfaire les demandes de ses électeurs. Il obtient l’augmentation de 50 % des rations journalières, de 46 % de l’ensemble des salaires, un relèvement du prix de la canne et du sucre avec le paiement des arriérés des campagnes de 1940 à 1944. Il dépose une proposition de résolution en faveur des écoles, insistant sur leur nombre insuffisant et le fort taux d’illettrisme de la population.

Les élections législatives se déroulent le 10 novembre 1946 et sont les premières de la IVe République nouvellement instaurée. Désormais, le département de La Réunion compte trois députés élus pour cinq ans dans un scrutin de liste à la proportionnelle. Aux législatives, la liste communiste remporte deux sièges sont élus Raymond Vergès et Léon de Lepervanche et celle de l’Union réunionnaise un seul, est élu Raphaël Babet.

1947, élection de Raphaël Babet au fauteuil de Maire de Saint-Joseph, celui-ci structure la ville à grands renforts d’équipements publics. Sous sa mandature 1947-1957, Saint-Joseph rayonne dans le Sud, construction du premier lycée agricole de la Réunion, d'un hôpital et de la nouvelle mairie.

Le 4 mai 1948, il est nommé juré à la Haute cour de justice.

1950, sans doute par fidélité au souvenir de ses parents, Raphaël Babet est à l'origine d'une entreprise de mise en valeur de territoires agricoles à Madagascar dans la vallée de la Sakay. Nombre de familles réunionnaises, au début des années 1950, vivent dans le marasme le plus total, la misère fait des ravages. Nombre de gens survivent avec peine sur des lopins de terre dérisoires qui ne suffisent pas à nourrir une famille. Pourquoi ne pas offrir à quelques centaines de familles, les plus démunies, des moyens d'existence décent ?. Cette idée naquit dans le cerveau du député maire de Saint-Joseph, Raphaël Babet, une idée simple et généreuse. La terre existe, pas loin, à Madagascar où d'immenses espaces sont encore vierge de tout occupant.

Le conseil général s'enthousiasme pour le projet, le Crédit agricole se dit prêt à s'engager dans l'aventure, Raphaël Babet présente au FIDOM son idée. Elle rencontre un écho favorable. Car, sous la pression des élus et des responsables du département, Paris s’intéresse au dossier et décide non seulement de financer cette implantation, mais encore de la piloter.

1950. Une société d’État est créée, le Bureau d’études pour la production agricole (BDPA) présidé par Robert Delavignette. Il reçoit la mission de mener à bien une première expérimentation avec cinquante familles créoles. Le site de La Sakay, du nom d'un fleuve La Sakay baignant la région (à 140 kilomètres environ dans l’Ouest de Tananarive), est choisi, de grandes surfaces sur les plateaux du Moyen-Ouest, à mi-parcours entre Tananarive et le canal de Mozambique, quelques milliers d'hectares où ne se rencontrent que de rares hameaux isolés et où le sol de latérite ne semble guère prometteur. Le pari semble de prime abord fou : régénérer des sols de latérite, implanter un noyau colonisateur où travailleraient de concert des Métropolitains, des Réunionnais et des Malgaches, mettre au point des structures économiques collectives viables, etc.

1952, les premiers volontaires réunionnais 16 familles, débarquent à La Sakay. En un temps record, le BDPA érige une véritable ville, Babetville. Lire la suite : La Sakay colonisation ou immigration réunionnaise à Madagascar 1952, Babetville.

Raphaël Babet, aux élections législatives du 2 juin 1951, se représente et mène une "Liste Républicaine des Planteurs et Travailleurs Réunionnais" qui affronte, principalement, une Liste d'Union Anti-colonialiste, présentée par la Fédération Communiste de la Réunion. Il est élu député de La Réunion avec 26 519 voix, le second siège échoit à Raymond Vergès avec 25 580 voix et le troisième à Frédéric de Villeneuve avec 15 286 voix. Résultats élections législatives 1951 à La Réunion.

Il siège dans d'importantes commissions, celles des affaires économiques, de la construction, des dommages de guerre et du logement, de l'intérieur. Ses rapports et ses propositions de loi et de résolution continuent de porter sur les problèmes économiques et sociaux des départements d'outre-mer.

Le 2 janvier 1956, lors des dernières élections législatives de la quatrième République, Raphaël Babet conduit une liste du Rassemblement des gauches républicaines, qui regroupe l'UDSR, le Centre National des Indépendants et l'Union pour la Défense des intérêts réunionnais. Sur trois sièges à pourvoir, la liste communiste, avec 36 522 voix sur 69 774 suffrages exprimés, en conquiert deux, Raphaël Babet emporte le troisième siège avec 20 939 voix. Son élection est validée le 20 janvier 1956.

Il est, cette fois, nommé membre des commissions de l'agriculture, de la famille, de la population et de la santé publique, de l'éducation nationale. En mars 1956, il dépose, à nouveau, une proposition de loi tendant à défendre la production sucrière des départements d'outremer. Sa dernière intervention parlementaire, le 6 juillet 1957, a été consacrée à la situation nouvelle qui pouvait être créée dans les départements d'outremer par le Marché Commun. En effet, victime d'un arrêt cardiaque, il décède, le 30 août 1957, dans sa ville de Saint-Joseph. Son éloge funèbre est prononcé le 17 septembre par le Président Le Troquer, devant l'Assemblée nationale.

 


 
 
   
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