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Raphaël
Jean-Baptiste Benjamin Babet est né à Saint-Pierre le 27 juin 1894
dans une famille de petits agriculteurs.
En 1897, alors qu'il
n'a que trois ans, ses parents, avec une trentaine de familles réunionnaises,
partent à Madagascar , Ils participent au projet de l'ancien Maire de
Saint-Pierre Auguste Babet, de fonder à Madagascar une vaste colonie
de Bourbonnais ( réunionnais ) dans la région située
entre Fianarantsoa et le littoral oriental. Le climat de la région est
rude, la culture difficile. Les parents de Raphaël Babet, épuisés par
le travail, complètement ruinés, meurent l'un et l'autre en août 1899
en laissant cinq orphelins. Son tuteur le fait revenir à la Réunion avec
ses quatre frères et soeurs.
Raphaël Babet fréquente amors
l'école communale de Saint-Pierre. Mais, dès l'âge de treize ans, il se
sent attiré par l'aventure. Il se fait engager comme "boy", sans solde,
sur un bateau, et débarque à Marseille où la Compagnie Générale Transatlantique
l'embarque sur des cargos qui font le service de l'Afrique du Nord.
En 1911, après quelques voyages,
il revient à la Réunion, puis repart rapidement à bord d'un voilier, pêcher
dans les eaux de l'hémisphère Sud. Il se fixe ensuite à Madagascar, à
Foulpointe, au nord de Tamatave.
En 1914, mobilisé dans l'infanterie
coloniale, il fait partie du corps expéditionnaire d'Orient et, c'est
au cours de la retraite de Serbie, devant Monastir, qu'il est gravement
blessé. Cité à l'ordre de l'armée, il est évacué en France en septembre
1917, où il est versé dans l'aviation.
Démobilisé à Paris en 1919,
où il s'installe, Raphaël Babet déploie une activité commerciale dans
les domaines les plus divers. Il se lance, d'abord, dans la représentation
des articles de Paris et fonde la maison "Raphaël", qu'il vend en 1923.
Il crée ensuite la société "Yellow Taxis". Il devient importateur
d'essences et pétroles des Etats-Unis et de Roumanie.
En 1935, il est fait chevalier
de la Légion d'honneur. Il fonde, à cette époque, un cabinet d'assurances
et un établissement de crédit pour la vente des automobiles à crédit.
Il lance également, en accord avec la ville de Paris, les taxis TSF.
En 1939, il crée une "Société
de Transports et de Distribution de Combustibles Liquides en France".
La plus grande partie de son matériel est confisquée par les autorités
d'occupation, dès 1940.
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Fresque représentant Raphaël
Babet à Saint-Joseph. Réalisée par : Pierre Paul BELLEMENE, Nathalie BOYER,
Nelson BOYER, Luc GRONDIN, Linda IMANACHE, Charly LESQUELIN, inaugurée
le 15 septembre 2005.

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Après
la guerre, Raphaël Babet reprend ses activités. Mais, au cours de l'été
1945, il est appelé à la Réunion pour se présenter aux élections à la
première Assemblée Constituante. Il se présente dans la deuxième
circonscription avec une étiquette socialiste, il a deux adversaires ,
le communiste Léon
de Lepervanche et M. Sanglier. Il n'est pas élu, il réalise 42.2 %
des suffrages exprimés, Léon de Lepervanche 53.5 % et M. Sanglier
4.2 %. Dans la première circonscription est élu Raymond
Vergès, La Réunion est représentée à Paris
par deux députés communistes.
2 juin 1946,
après un campagne éléctorale très violente
il est élu député dans la seconde circonscription.
Le scrutin de la première circonscription est reporté au 16 juin.
Marcel
Vauthier qui remplace le défunt
Alexis
de Villeneuve l'emporte sur Raymond Vergès avec 19 148 voix sur 30
991 suffrages exprimés.
Son élection à la seconde
Assemblée Constituante est validée le 4 septembre 1946. Il regagne Paris.
Il siège à l’Assemblée au sein de l’Union gaulliste, groupe créé par l’Union
démocratique et sociale de la Résistance. Il est nommé membre de la Commission
des territoires d'outremer. Il lui faut maintenant satisfaire les demandes
de ses électeurs. Il obtient l’augmentation de 50 % des rations journalières,
de 46 % de l’ensemble des salaires, un relèvement du prix de la canne
et du sucre avec le paiement des arriérés des campagnes de 1940 à 1944.
Il dépose une proposition de résolution en faveur des écoles, insistant
sur leur nombre insuffisant et le fort taux d’illettrisme de la population.
Les élections législatives
se déroulent le 10 novembre 1946 et sont les premières de la IVe République
nouvellement instaurée. Désormais, le département de La Réunion compte
trois députés élus pour cinq ans dans un scrutin de liste à la proportionnelle.
Aux législatives, la liste communiste remporte deux sièges sont élus Raymond
Vergès et Léon de Lepervanche et celle de l’Union réunionnaise un seul,
est élu Raphaël Babet.
1947, élection de
Raphaël Babet au fauteuil de Maire de Saint-Joseph, celui-ci structure
la ville à grands renforts d’équipements publics.
Sous sa mandature 1947-1957, Saint-Joseph rayonne dans le Sud, construction
du premier lycée agricole de la Réunion, d'un hôpital
et de la nouvelle mairie.
Le 4 mai 1948, il est nommé
juré à la Haute cour de justice.
1950, sans doute par fidélité
au souvenir de ses parents, Raphaël Babet est à l'origine
d'une entreprise de mise en valeur de territoires agricoles à Madagascar
dans la vallée de la Sakay. Nombre de familles réunionnaises,
au début des années 1950, vivent dans le marasme le plus
total, la misère fait des ravages. Nombre de gens survivent avec
peine sur des lopins de terre dérisoires qui ne suffisent pas à
nourrir une famille. Pourquoi ne pas offrir à quelques centaines
de familles, les plus démunies, des moyens d'existence décent
?. Cette idée naquit dans le cerveau du député maire
de Saint-Joseph, Raphaël Babet, une idée simple et généreuse.
La terre existe, pas loin, à Madagascar où d'immenses espaces
sont encore vierge de tout occupant.
Le conseil général
s'enthousiasme pour le projet, le Crédit agricole se dit prêt
à s'engager dans l'aventure, Raphaël Babet présente
au FIDOM son idée. Elle rencontre un écho favorable. Car,
sous la pression des élus et des responsables du département,
Paris s’intéresse au dossier et décide non seulement
de financer cette implantation, mais encore de la piloter.
1950. Une société
d’État est créée, le Bureau d’études
pour la production agricole (BDPA) présidé par Robert Delavignette.
Il reçoit la mission de mener à bien une première
expérimentation avec cinquante familles créoles. Le site
de La Sakay, du nom d'un fleuve La Sakay baignant la région (à
140 kilomètres environ dans l’Ouest de Tananarive), est choisi,
de grandes surfaces sur les plateaux du Moyen-Ouest, à mi-parcours
entre Tananarive et le canal de Mozambique, quelques milliers d'hectares
où ne se rencontrent que de rares hameaux isolés et où
le sol de latérite ne semble guère prometteur. Le pari semble
de prime abord fou : régénérer des sols de latérite,
implanter un noyau colonisateur où travailleraient de concert des
Métropolitains, des Réunionnais et des Malgaches, mettre
au point des structures économiques collectives viables, etc.
1952, les premiers volontaires
réunionnais 16 familles, débarquent à La Sakay. En
un temps record, le BDPA érige une véritable ville, Babetville.
Lire la suite : La
Sakay colonisation ou immigration réunionnaise à Madagascar 1952, Babetville.
Raphaël Babet, aux élections
législatives du 2 juin 1951,
se représente et mène une "Liste Républicaine des Planteurs et Travailleurs
Réunionnais" qui affronte, principalement, une Liste d'Union Anti-colonialiste,
présentée par la Fédération Communiste de la Réunion. Il est élu député
de La Réunion avec 26 519 voix, le second siège échoit à Raymond
Vergès avec 25 580 voix et le troisième à Frédéric
de Villeneuve avec 15 286 voix. Résultats
élections législatives 1951 à La Réunion.
Il siège dans d'importantes commissions,
celles des affaires économiques, de la construction, des dommages
de guerre et du logement, de l'intérieur. Ses rapports et ses propositions
de loi et de résolution continuent de porter sur les problèmes
économiques et sociaux des départements d'outre-mer.
Le 2 janvier 1956, lors des
dernières élections législatives de la quatrième République, Raphaël Babet
conduit une liste du Rassemblement des gauches républicaines, qui regroupe
l'UDSR, le Centre National des Indépendants et l'Union pour la Défense
des intérêts réunionnais. Sur trois sièges à pourvoir, la liste communiste,
avec 36 522 voix sur 69 774 suffrages exprimés, en conquiert deux, Raphaël
Babet emporte le troisième siège avec 20 939 voix. Son élection est validée
le 20 janvier 1956.
Il est, cette fois, nommé
membre des commissions de l'agriculture, de la famille, de la population
et de la santé publique, de l'éducation nationale. En mars
1956, il dépose, à nouveau, une proposition de loi tendant
à défendre la production sucrière des départements
d'outremer. Sa dernière intervention parlementaire, le 6 juillet 1957,
a été consacrée à la situation nouvelle qui pouvait être créée dans les
départements d'outremer par le Marché Commun. En effet, victime d'un arrêt
cardiaque, il décède, le 30 août 1957, dans sa ville de Saint-Joseph.
Son éloge funèbre est prononcé le 17 septembre par le Président Le Troquer,
devant l'Assemblée nationale.
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