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Alexandre
François Chalvet, Baron de Souville est né vers 1753
à Saint-Marcellin dans l'Isère, c'est le fils d'Alexandre Chalvet de Souville
et de Françoise de Montbrun.
Il arrive dans les Mascareignes
comme lieutenant, vers 1777. Il est ensuite promu Capitaine.
Il épouse, le 17 novembre
1778,
à Saint-Denis, Marie Broutin, veuve Louis Dechaux. Ils auront cinq enfants
dont quatre nés à Saint-Denis.
C'est en août 1781
qu'il est nommé gouverneur de Bourbon et succède au Comte de Saint-Maurice.
Alexandre François Chalvet,
Baron De Souville est le premier gouverneur de la colonie à faire le tour
de l'île depuis Régnault.
En juin 1784,
Il accompagne le chevalier Jean-Baptiste Bancks, arpenteur du roi et le
botaniste et naturaliste Joseph
Hubert, qui est en quête de terres nouvelles pour développer des arbres
à épices, Ils quittent Sainte-Benoît pour rejoindre la côte Sud, en traversant
Sainte-Rose et le Brûlé, ils découvrent, à partir de la ravine Panon,
Langevin et la rivière des Remparts, la richesse de cette partie de l’île.
Et c’est là qu’est venue l’idée à Joseph Hubert de cultiver le girofle
avant de proposer de baptiser ce quartier du Sud :“ Nouvelles Moluques
”. Ce qui entraîne un léger différend entre les deux hommes, à savoir
le gouverneur et le botaniste.
Finalement, tous deux décident
de baptiser ce quartier Saint-Joseph, de leur prénom.
C'est la création le 1 er
janvier 1785
du quartier de Saint-Joseph, cette création n'est pas une mesure administrative
anodine. C'est un véritable projet politique visant à soulager le paupérisme
dramatique qui frappe la population blanche. Un phénomène qui, par son
ampleur et son intensité est unique dans l'histoire coloniale. Insérer
des Blancs pauvres, coloniser des terres vierges, encourager de nouvelles
cultures, diversifier l'économie et contribuer au développement de Bourbon,
telles sont les ambitions de ce projet.
Quelques 200 familles pauvres
sont autorisées à s'y installer sous la réserve expresse, " d'y établir
domicile avant le 1 er novembre de l'année en cours époque à laquelle
leur seront délivrés des permis en forme ". Les familles retenues
doivent renoncer à conserver des terrains dans d'autres quartiers de la
colonie et s'engager à respecter différentes mesures de protection de
l'environnement. C'est ainsi qu'il est interdit aux concessionnaires,
" de couper sous aucun prétexte, pas même celui de bâtir des cases,
aucun arbre dans la réserve de cent gaulettes de bois faite sur le bord
de la mer, non plus que dans les vingt gaulettes qui bordent les côtés
des ravines où il coule de l'eau ".
Alexandre François Chalvet,
Baron De Souville nomme en 1785 commandant
du quartier de Saint-Joseph, le botaniste Joseph Hubert.
Le Baron de Souville créa
des ateliers communaux. Cet habile dispositif poursuit plusieurs objectifs.
Le premier est de s'occuper des travaux d'entretien du réseau routier
et de voirie. La colonie connaît une situation routière désastreuse. Dans
une île, aux ravines nombreuses et profondes, au relief tourmenté, le
moindre déplacement est une épreuve. L'essentiel des communications entre
quartiers se fait paradoxalement par la mer alors que la colonie ne dispose
d'aucune facilité portuaire.
Le deuxième objectif des
ateliers communaux c'est de mettre un terme aux journées de corvée réclamées
aux populations et qui sont particulièrement décriées.
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Portrait de la Baronne de
Chalvet-Souville, femme du gouverneur de Bourbon


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Le
dernier objectif, et pas le moins important, c'est d'empêcher la réquisition
de main d'œuvre au profit de l'Isle de France, car les personnes affectées
à ces ateliers ne pouvaient être déplacées.
Les volontaires de Bourbon
vont se distinguer sous le gouvernement du Baron de Souville. En 1758,
le gouverneur Lally touche Bourbon. Beaucoup de jeunes volontaires s’embarquent
sur son escadre. Ils deviendront le corps des Volontaires de Bourbon par
une ordonnance royale du 1er avril 1779. Ce corps se couvrira de gloire
en de nombreux combats, sur terre comme sur mer.
Le 7 décembre 1781,
il seront 174 à s'embarquer sous les ordres du capitaine Monvert pour
l'Inde, principal théâtre des opérations dans la région, de la guerre
franco-anglaise. Les volontaires s'étaient embarqués sur la galabre Les
bons amis, du Capitaine Granière, elle est chassée et atteinte
par la frégate anglaise le Sea-Horse. Le combat s'engage. Après
la première bordée M. Granière, qui se voit trop inférieur en forces,
veut amener le pavillon.
Le brave capitaine de Montvert
qui commandait les volontaires de Bourbon, saute aussitôt à la drisse,
le pistolet à la main. " Je brûle la cervelle s'écrie t-il, à
celui qui touche à cette drisse ". Ce trait original de courage
étonne M. Granière, qui retire l'ordre d'amener qu'il avait donné. Montvert
place ses volontaires sur les passavants, leur ordonne de viser aux canonniers
qui se tenaient hors du vaisseau en chargeant leurs pièces, comme cela
se pratiquait alors, et de faire feu par les sabords sur les officiers
qui étaient sur le pont et sur tout homme montant dans les cordages. Cet
ordre est exécuté avec promptitude et sang-froid . Le combat devient meurtrier.
Les volontaires de Bourbon dont tous les coups portaient juste, voyaient
tomber, capitaine, officiers, matelots, sur la frégate ennemie, dont le
feu s'éteignit bientôt, et qui lâcha prise.
La gabare française continua
sa route et arriva dans l'Inde, où de nouveaux lauriers attendaient ces
intrépides et valeureux créoles. Les volontaires de Bourbons s'illustrerons
aussi sur le champ de bataille, le 13 juin 1783.
Ils déployèrent un courage héroïque et firent des prodiges de valeur.
Plusieurs périrent glorieusement, d'autres furent décorés sur le lieu
de combat, vingt-cinq seulement purent rejoindre leurs foyers. Le sang
de tant de braves coulait inutilement : la paix était signée depuis le
19 février de la même année 1783.
Alexandre François Chalvet,
Baron De Souville, quitte son poste de gouverneur de Bourbon en avril
1785,
dès le mois de mai c'est Claude Élie Dioré de Périgny, qui le remplace
à la tête de Bourbon. Pour la première fois de son histoire Bourbon va
être administrée par un de ses fils, en effet Dioré de Périgny est né
à Saint-Denis.
Dès son retour en France
le Baron de Souville trouve la mort dans en duel vers 1810.
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