Le
28 octobre 1801, à une heure de l'après-midi, au terme d'une
ascension difficile, Bory est son équipe atteignent le "Mamelon
central" qui, situé entre le cratère Bory et le Dolomieu,
marque à l'époque le sommet du volcan et correspond à
un cône éruptif apparu en 1766. Une éruption se déroule
au moment même aux pieds des visiteurs dans le cratère Dolomieu
:
" À nos pieds
du fond d'un abîme elliptique, immense, qui s'enfonce comme un entonnoir,
et dont les parois formées de laves brûlées qu'entrecoupent
des brisures fumantes, menacent d'une ruine prochaine, jaillissent deux
gerbes contiguës de matières ignées, dont les vagues
tumultueuses, lancées à plus de vingt toises d'élévation,
s'entrechoquent et brillent d'une lumière sanglante, malgré
l'éclat du soleil que ne tempérait aucun nuage...".
Le 20 novembre 1801, Bory
gravit à nouveau le sommet de la Fournaise après être
passé cette fois par la Plaine des Cafres et la Plaine des Sables,
une voie plus classique. Son expédition bivouaque sur le bord de
l'enclos non loin des Puits Ramond. Elle descend dans l'enclos et escalade
pour la seconde fois le cratère principal. Bory de Saint-Vincent
et ses compagnons enchaînent avec le Piton des Neiges.
Bory de Saint-Vincent laisse
des deux ascensions du Piton de La Fournaise, des descriptions scientifiques
générales sur le volcan actif de l'île, des descriptions topographiques
précises, quelques planches dessinées et des propositions
d'explications sur les phénomènes volcaniques dont beaucoup
se sont révélées justes. En naturaliste savant, il
décrit de nombreux végétaux et minéraux et
en collecte des échantillons. On lui doit aussi d'avoir donné
à la plupart des lieux les noms qu'ils conservent encore aujourd'hui.
Bory quitte la Réunion le
6 décembre 1801.
Il est de retour en France
métropolitaine le 11 juillet 1802.
Sa mère est décédée lors de son absence. Il reprend du service dans l'armée
dès son retour comme officier d'état-major et devient capitaine-adjoint
d'état major de Louis Nicolas Davout le 3 octobre 1804.
Il est alors affecté, en
1803-1805, au camp de Boulogne. En parallèle Il poursuit sa carrière savante
: il est élu correspondant du Muséum en août 1803.
En 1804,
Bory de Saint-Vincent publie sous le titre de Voyage dans les quatre principales
îles des Mers d'Afrique, Ténériffe, Maurice, Bourbon et Sainte-Hélène,
le récit de ses voyages et de ses explorations. Dans ces trois volumes
complétés par un atlas, Bourbon tient une large place, la table des chapitres
de chacun des 3 volumes est éloquente. 17 chapitres sur un total de 25
sont consacrés à la Réunion.
Bory se signale par son patriotisme
dans la Chambre des Cent-Jours : il est exilé de 1815
à 1820.
Il dirige en 1829
l'expédition scientifique de Morée (Péloponnèse), préside en 1838
la commission exploratrice de l'Algérie, et est pendant 16 ans chef du
bureau historique au Dépôt de la guerre.
Puis c'est la retraite, que
Bory de Saint-Vincent prend avec le grade de colonel. Seule la mort, à
Paris, le 22 décembre 1846,
met un terme à la vie ardente.
Bory de Saint-Vincent a laissé
un immense herbier, composé de 7500 planches et conservé actuellement
à Angers.
En hommage à ce pionnier
de l'exploration du volcan, l'un des deux cratères sommitaux du Piton
de la Fournaise porte son nom, le cratère Bory. C'est son accompagnateur,
un certain de Jouvancourt, qui le nomma lors de leur ascension du volcan
en 1801.
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