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Philippe-Albert
Caulier est né en 1723 à Beugnies (diocèse de Liège).
1742, il est reçu à la Congrégation
des Lazaristes. On appelle Lazaristes les frères et les prêtres de la
Congrégation de la Mission fondée en 1625 par saint Vincent de Paul.
1744, Philippe Albert Caulier
fait ses vœux.
1749, Caulier arrive à Bourbon
( La Réunion ) Monseigneur Teste, lui confie la paroisse de Saint-Pierre
1752 il est transféré à la
cure de Sainte-Suzanne, et ensuite à Saint-Denis où il rejoint Monseigneur
Teste à l'ouverture du collège de Saint-Denis. Philippe Albert Caulier
est chargé d’ajouter à ses activités celui de la direction des études
et de la surveillance des maîtres et des élèves.
Au milieu du XVIIIe siècle,
la majorité des esclaves à Bourbon étant des Malgaches, il se familiarise
avec la langue malgache et se consacreà l’étude de leurs langues différentes.
Il n’y a alors ni grammaire ni vocabulaire de langue malgache à l’exception
du premier essai publié par M. de Flacourt lors de son premier voyage
en France.
Malgré ses multiples charges
à Saint-Denis où il remplace souvent dans ses fonctions curiales M. Teste,
Préfet et supérieur des Missionnaires des Isles de France et de Bourbon,
Philippe Albert Caulier continue ses études linguistiques. Il commence
à Saint-Pierre la rédaction d’un dictionnaire du malgache.
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1771
une maladie de nerfs le mit dans la nécessité de se faire soigner en France,
il se rendà Saint-Paul pour y attendre une occasion de s’embarquer ; en
attendant, il y fait le catéchisme en malgache aux noirs nouvellement
débarqués.
Il quitte Bourbon en 1771,
et arrive à Paris en février 1772, avec le manuscrit de son Dictionnaire
de la langue de Madagascar dans ses bagages. Il continue de s’en occuper
jusqu’à ce qu’il soit détruit lors du pillage de Saint-Lazare dans la
nuit du 13 juillet 1789.
L’auteur ne se laisse pourtant
pas décourager et entreprend, en 1790, à l’âge de 78 ans avec une santé
affaiblie et la main droite presque paralysée de refaire de mémoire ce
dictionnaire d’une langue qu’il avait cessé de parler depuis 1771. Il
refait égalementla Grammaire malgache, en vue de faciliter l’étude de
cette langue aux jeunes missionnaires qui se destinent à porter la lumièrede
l’Évangile à Madagascar.
Philippe Albert Caulier décède
à Paris le 6 juin 1795.
Les manuscrits inédits de
son dictionnaire et de sa grammaire se trouvent toujours dans les archives
de la Congrégation de la Mission dite Lazariste à Paris, rue de Sèvres.
Le manuscrit de deux textes a été découvert, il y a quelques années, dans
les archives de la Congrégation : Profession de foy, en jargon des esclaves
nègres ; Petit catéchisme de l'isle de Bourbon tourné au style des esclaves
nègres.
Publication :
Eve, Prosper
Deux prêtres des Lumières à Bourbon [Texte imprimé] : Davelu, l'historien
et Caulier, le linguiste / Prosper Ève. - Saint-André (Réunion) : Océan
éd., DL 2005 (97-Saint-André : Impr. Graphica). - 1 vol. (95 p.) : ill.,
couv. ill. ; 24 cm. - (Collection histoire , ISSN 1150-2312).
Contient : "Notes historiques sur l'île de Bourbon" / par Antoine Davelu,
curé de Saint-Paul. " / Philippe-Albert Caulier. - Bibliogr., 2 p.
- DLE-20060803-38323. - 271.770 22 (21) . - ISBN 2-907064-83-5 (br.) :
12 EUR. - EAN 9782907064835.
Davelu, Antoine Joseph (1735-1815) -- Biographies
Caulier, Philippe-Albert (1723-1795) -- Biographies
Congrégation de la Mission -- Réunion -- 18e siècle
Deux textes religieux de
Bourbon du 18e siècle et l'histoire du créole réunionnais
by Annegret Bollée. 160 pages (viii + 152), bibliographic references,
index, ISBN 978 1 903292 13 6, £16.95, published November 2007.
La Profession de Foy, en
jargon des Esclaves Nêgres, et le Petit Catechisme de l’Isle de Bourbon
tourné au Style des Esclaves Nêgres, écrits dans les années 1760 par le
missionnaire Philippe-Albert Caulier C.M., étaient inconnus jusqu’à leur
découverte récente par l’historienne Megan Vaughan.
L’analyse linguistique qui accompagne la présente édition de ces textes
montre que le «jargon des Esclaves Nêgres» peut être considéré comme première
étape du développement graduel d’un créole à l’île Bourbon, qui se forme
dans la «période de plantation», depuis l’essor économique et démographique
déclenché, vers 1725, par l’introduction du café jusqu’à l’abolition de
l’esclavage en 1848.
Dans le parler des esclaves dont use le R.P. Caulier pour leur instruction
religieuse, certains traits qui caractérisent le créole réunionnais –
et qui le distinguent des autres créoles français – sont déjà acquis,
d’autres se dessinent ou ne sont pas encore attestés.
L’aperçu de l’histoire de la Réunion dans la deuxième partie du livre
se propose d’expliquer le caractère exceptionnel de ce créole qui est
le seul parmi les franco-créoles à se présenter sous forme d’un continuum
et dont les structures grammaticales sont restées plus proches de celles
du français.
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