Célébration
de l'anniversaire de Guan Di par la communauté Chinoise de La Réunion
Lorsque
l'on fête Guan Di, c'est son anniversaire que l'on célèbre. Si
différentes versions de son histoire lui
attribuent des années de
naissance éparses, autour de l'an 160 de notre ère, toutes sont en
revanche d'accord sur
le
jour de sa naissance. C'est au 24 ème jour du 6 ème mois lunaire que
celui qui s'appelait encore Guan Yu vit le
jour.
Et c'est à cette date que, chaque année, partout dans le monde, les
temples dédiés à celui qui est devenu
Guan
Di s'illuminent et s'animent.
Le
temple Cantonais Lisi Tong, ou Temple de la traversée heureuse, regroupe les familles Thiaw, Law, Tong.
Rue
Sainte-Anne à Saint-Denis de La Réunion.
Il n'existe plus aucune inscription
permettant de dater la création du temple Lisi Tong,
autrement dit Temple de la Traversée Heureuse, de
nombreux écrits concordent pour dire qu'il
a été édifié en l'an 1897. Il remplissait alors
pleinement son rôle de maison familiale regroupant les personnes des
clans de
Thiaw, Law, et Tong. D'où sa dénomination habituelle
de " Thiaw Law Tong" également nom de l'association qui gère
aux
destinées du lieu. Le temple a fait l'objet d'une
reconstruction entière en 1981, l'architecte de cette reconstruction M.
Chane-Tune.
Le temple Chane, Temple cantonais des Chane,
rue Sainte-Anne Saint-Denis de La Réunion.
Les écrits sont formels : le temple des
Chane, a été construit en 1896. Sur un panneau de bois sculpté qui
orne
l'auvent de l'entrée principale, on peut
lire " Guan-gxu ershier nian jiqiu jidan jing song " que l'on
traduit par "
Offert respectueusement par un matin
favorable d'automne de la 22 ème année de l'ère Guan-gxu ",
autrement dit l'an 1896. Comme tous les
autres temples réunionnais, celui des Chane faisait avant tout office
de maison d'accueil pour tous les migrants en
provenance de Chine. Ces structures ont alors cumulé diverses
fonctions sociales : elles étaient les
maisons d'accueil, mais également les lieux où l'on pouvait se retrouver
après une dure journée de labeur,
autant pour se livrer au culte des Ancêtres et
des Dieux que pour la pratique du jeu. Elles sont aussi les lieux de
rendez-vous pour les grandes fêtes,
dont le Nouvel an Chinois, et pour certaines
cérémonies funéraires.
La fête de Guan Di
La célébration de Guan Di se déroule
traditionnellement sur deux soirées. La première est axée sur le rite
des offrandes, elle se termine par la dégustation des mines de
longévité, dont la fonction symbolique est inscrite dans le nom. La
seconde soirée, plus familiale et festive, réunit l'ensemble des
fidèles autour d'un dîner pour lequel on aura cuisiné les offrandes
alimentaires du Dieu Guan Di.
Les offrandes sont d'abord alimentaires.
Sur la table centrale du hall principal du temple, les plateaux sont
remplis de viande de porc et de poulet, de cabris et de vermicelles, les
fruits et gâteaux sont disposés dans des assiettes de chaque côté. Les
porte-bougies et les vases ensablés pour accueillir les bâtonnets
d'encens sont vite remplis. Car chaque officiant doit brûler trois
bâtonnets d'encens devant chaque autel, intérieur et extérieur, avant
de les disposer dans les vases et urnes. Les offrandes sont ensuite
symboliques. Il s'agit notamment de feuilles de papier dorées et
argentées, représentations de billets monétaires, que l'on fait brûler
dans de grands fours. La fumée qui en émane est alors censée
transmettre au Dieu l'offrande qu'on vient de lui faire. Les traditionnels
pétards, viennent ponctuer la fête afin d'éloigner les démons qui
pourraient toujours rôder.
Couleur rouge : En chine le rouge est une
couleur porte-bonheur, le rouge symbolise la loyauté et le courage.
Le dragon Chinois est une créature
fantastique, il a le corps d'un serpent, les écailles et la queue du
poisson, les bois d'un cerf, la face d'un gilin ( créature mythique ),
des pattes de tigre, des serres d'aigle, les yeux d'un démon. La légende
indique que c'est Huang Di ( empereur jaune ) qui fut immortalisé en
dragon.
La danse du lion : La danse du lion allie
deux styles différents : l'élégance et la vigueur. Le premier exprime
l'humour, l'esprit et la gaîté du fauve par des finesses dans la façon
d'écouter, de souffler, de clignoter des yeux et de se gratter. Le second
traduit la force et la combativité du roi des animaux. L'animal est figuré
en général par deux personnes drapées d'une fausse peau de lion. La danse du
lion, symbole du bonheur et de l'audace en Chine, a une longue existence.
Selon les archives, elle devint une représentation artistique dès les
dynasties du Sud et du Nord ( 420 -589 ). Sous les Tang ( 618 - 907 ),
elle fut très populaire, sa technique atteignant alors un niveau très élevé.
L'histoire de Guan Di
Au départ on le connaissait sous le nom
de Guan Yu ou Guang Kong,
selon les versions. Nous sommes vers l'an 185, alors que la Chine traverse
une période particulièrement agitée. C'est la fin de le dynastie des
Han de l'est, et de nombreuses révoltes paysannes, dont le soulèvement
des Turbans Jaunes, sèment le trouble. Les luttes d'influence et de
pouvoir font éclater l'empire en trois états :
- Au nord, le royaume des Xei.
- Au sud-est, autour de Nankin, le royaume
des Wou.
- Au sud-ouest, dans le Sichuan, le
royaume du prince cadet des Han.
C'est la période dite des Trois
Royaumes. Les chefs des trois royaumes se livrent, une guerre sans merci. Guang Kong, lui est resté fidèle à la dynastie des Han et fait valoir
sa dureté au combat, mais aussi son courage et sa loyauté. Ses prouesses
guerrières lui valent une grande réputation. Ce sont surtout ces
qualités morales qui retiennent l'attention. L'on raconte ainsi qu'il n'a
pas hésité à faire délivrer des généraux ennemis, au nom de leur
courage au combat. Ce qui lui a aussitôt conféré une aura de loyauté
et de bonté. Mais au cours d'une bataille, Guang Kong fut trahi par un
des siens et fut décapité. En chine, la décapitation est une mort
particulièrement terrible, le corps devant être entier au moment de la
mort pour pouvoir renaître.
Au XVI ème siècle Guang Kong fut
divinisé, sous le nom de Guan Di, par l'empereur Sheng Dong de la
dynastie des Ming. Il devint protecteur du pays, dieu de la guerre, patron
des soldats, mais aussi des entreprises lucratives. Nommé Grand empereur
qui aide le ciel et protège l'état, il est depuis lors célébré afin
de protéger l'avenir des familles. De nombreux temples furent érigés en
son honneur dans tout l'empire.