Rentré
en France, au début de 1839,
il est traduit devant un Conseil de Guerre à Brest, pour répondre
de la perte de l'Herminie. Bazoche n'ayant pas été considéré
comme responsable du naufrage et de la perte du navire, il est acquitté.
Il est nommé en 1839
major de la Marine à Brest.
1841,
Charles Léon Joseph Bazoche est nommé gouverneur de Bourbon
( La Réunion ). Il arrive à la colonie en octobre 1841 pour
succéder à Anne Chrétien Louis de Hell.
Bazoche signe son premier
décret le lendemain de sa prise de fonction, le 16 octobre 1841.
Le système esclavagiste
agonise, mais le conseil colonial de Bourbon est contre l'émancipation.
L’unique session du Conseil Colonial, de la troisième législature
s'ouvre le 31 mai 1841 pour s’achever le 2 février 1842.
A l’ordre du jour : les projets d’émancipation du gouvernement
royal.
C'est au gouverneur Bazoche
que le Conseil colonial donne ses réponses aux communications du
gouvernement sur les projets d'émancipation. Ils sont rejetés
en bloc... Les colons eux-même majoritairement anti-abolitionniste
usent de tous les arguments pour démontrer que l'abolition de l'esclavage
serait une erreur, le système esclavagiste est le système
économique et sociale le plus parfait dont peut jouir la colonie.
Toute évolution serait une catastrophe.
23 décembre 1841.
Par arrêté le gouverneur signale qu'il importe à la
bienséance publique que les noirs ne puissent circuler sans être
décemment vêtus. Les hommes doivent porter pantalon, chemise
ou vareuse ; les femmes, robe ou chemise avec jupon. Tout contrevenant
sera condamné ainsi que le maître.
1842,
Charles Léon Joseph Bazoche est nommé contre-amiral.
Le 15 octobre 1842, Bazoche
fait part à la population de la mort accidentelle, le 13 juillet, soit
3 mois après les faits, du fils du Roi, SAR le duc d'Orléans, héritier
du trône. Le jeudi 20 octobre à 8 heures des services funèbres sont célébrés
dans toutes les paroisses de l'île.
1844.
Le premier engagé chinois à Bourbon débarque du trois-mâts
L'Auguste-et-Marie en provenance de Singapour.
25 octobre 1844, le gouverneur
Charles Léon Joseph Bazoche envoie la corvette la Sabine vers Singapour.
Sa mission est d’effectuer un recrutement de travailleurs libres Chinois
: " J’ai décidé qu’il sera recruté une brigade de quatre-vingt Chinois
pour le service du gouvernement de Bourbon, et que ces hommes seront transportés
par la corvette précitée. J’ai accordé en outre, à deux des plus honorables
propriétaires de Bourbon, MM. Deguigné et Saint-Georges, l’autorisation
de faire venir par la même occasion trente cultivateurs chinois ".
Conformément aux instructions
de Bazoche " les contrats d’engagement seront reçus par M. le consul de
France et devront être rédigés en langue française et dans une langue
connue par les engagés afin qu’ils puissent bien comprendre toutes les
clauses " le contrat est de cinq ans, les frais des propriétaires, consistent
notamment au paiement du retour des Chinois à la fin de leur contrat.
18 juillet 1845
et 19 juillet 1845 vote des lois dites Mackau. Elles attaquent le principe
même de la servitude ; l'esclave a cessé d'être une chose et devient une
personne civile. Le système esclavagiste est juridiquement mort. Quand
ces lois sont connues dans la colonie elles provoquent la consternation.
Le Conseil colonial démissionne. Sa dissolution est prononcée le 11 novembre
1845.
Mayotte dépendance de l'île
Bourbon. L'arrêté n° 256 du 27 mai 1843 confirme la prise de possession
de l'île Mayotte, conformément au traité du 25 avril 1841. Mayotte fera
partie des dépendances de l'île Bourbon. Le capitaine Pierre Passot est
nommé commissaire pour procéder avec le Sultan Andriansouly à la remise
de l'île à la France. Le procès-verbal est rédigé en langues arabe et
française. Depuis le 13 février 1841, les îles Nos-Bé et Nos-Cumba formaient
une dépendance de l'île Bourbon.
4 avril 1846, le contre-amiral
Charles Léon Joseph Bazoche, gouverneur de Bourbon, pose la première
pierre de la caserne de La Redoute, à Saint-Denis. Le 14 juillet
1930, la caserne d'infanterie de marine est nommée Caserne
Lambert en l'honneur du commandant Arsène Lambert.
Par ordonnance du Roi, prise
le 19 septembre 1845 au château d'Eu, et parue au bulletin officiel de
l'île Bourbon en juin 1846,
le contre-amiral Bazoche est rappelé en France. Il est remplacé par Emmanuel
François Joseph Graeb.
Apprenant son départ
les membres du Conseil Colonial lancent une souscription pour lui offrir
une épée d'honneur en témoignage de reconnaissance.
Allocution du 24 juillet 1846 à Saint-Denis par la Députation
du Conseil Colonial :
"Amiral, au moment où vous allez
vous éloigner de la colonie que vous avez administrée pendant
près de cinq années, les habitants de Bourbon, unis dans
une même pensée, ont senti le besoin de consacrer par un
gage authentique, et plus durable que la parole, les sentiments que vous
avez su leur inspirer ; ils ont voulu qu'une manifestation publique proclamât
hautement leur estime pour votre caractère, leur gratitude pour
les intentions toujours pures, pour les actes toujours bienveillants de
votre gouvernement. Organes de nos concitoyens, nous venons, en leur nom,
vous offrir une épée destinée à perpétuer
dans vos souvenirs, dans ceux de votre famille, la mémoire des
vives sympathies qui vous ont entouré pendant votre séjour
dans la colonie, qui vous accompagnent au départ. Une pensée
vraie et profondément sentie a inspiré les colons, lorsqu'ils
ont choisi, pour vous en faire hommage, une arme qui, dans les moeurs
d'une nation brave et généreuse, comme dans les instincts
dominants du caractère créole, est plus particulièrement
l'apanage des qualités nobles et élevées que le pays
honore en votre personne. Cette épée sera dignement portée
par celui dont la franche loyauté est devenue et restera proverbiale
au sein de notre population, par l'intrépide marin qui, dans une
longue carrière parcourue avec honneur et distinction, a signalé
plus d'une fois et sa bravoure et son amour pour la patrie. Permettez-nous,
amiral, d'attacher une autre signification au choix de l'arme qui vous
est offerte et de considérer cette épée comme un
symbole de la protection ferme et puissante que les intérêts
de la colonie trouveront dans votre expérience et votre dévouement
sur les lieux où vous allez reparaître et où s'agitent
nos destinées. Nous regrettons, amiral, de ne pouvoir remettre
nous-mêmes entre vos mains le gage de reconnaissance que le pays
vous prie d'accepter ; c'est à nos délégués
qu'il appartiendra d'accomplir en France ce dernier acte d'un mandat dans
lequel nous sommes heureux de vous exprimer, au nom de tous, des sentiments
que chacun de nous éprouve si vivement en particulier."
Réponse du Contre-amiral Charles Léon
Joseph Bazoche :
"J'accepte, avec la
plus vive reconnaissance, le gage d'affection que vous m'offrez au nom
des habitants de la colonie de Bourbon ; rien ne saurait me toucher plus
profondément, et je suis heureux et fier de cette preuve de vos
sympathies et de votre estime. Cependant, Messieurs, je ne peux vous offrir
qu'une acceptation conditionnelle ; il faut, je crois, l'approbation de
Sa Majesté, et si, comme j'aime à le penser, cette approbation
est donnée, ne doutez pas, Messieurs, que cet honorable souvenir,
ce gage précieux de vos sentiments, ne soit toujours prêt
lorsqu'il s'agira de défendre et de conserver à la France
cette belle et intelligente colonie, dans laquelle j'ai passé cinq
des heureuses années de mon existence. Soyez mes interprètes
près des personnes auxquelles je ne peux exprimer les sentiments
que j'éprouve ; soyez mes interprètes, Messieurs, vous qui
avez eu la généreuse et noble pensée de m'offrir
une arme que je ne porterai qu'avec orgueil."
L'épée est
en or et porte sur la garde cette inscription : L'île Bourbon reconnaissante
et sur la lame : À M. le Contre-amiral Bazoche, les habitants de
l'ile Bourbon.
De retour en Métropole
en 1846, Bazoche est affecté au port de Brest, jusqu'au moment
de sa retaire le 26 octobre 1849.
Charles Léon Joseph Bazoche
: Commandeur de la Légion d'Honneur, Chevalier de Saint-Louis et
Chevalier de l'Ordre de Saint-Ferdinand, décède le 22 juin 1853
à Brest, il est enterré à Brest, au cimetière Saint-Martin.
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