A
ce titre, il est chargé de faire appliquer la législation
concernant la traite, l'esclavage et le pouvoir disciplinaires des maîtres.
Son premier acte officiel consiste à faire appliquer l’ordonnance
royale du 4 Mars 1831 qui classe la traite des noirs parmi les crimes
passibles des travaux forcés.
A partit de 1840, ses collaborateurs
et lui-même se rendent sur les habitations, établissent des
rapports et relèvent les infractions. Dans cette partie sensible
de ses attributions, Barbaroux passe aux yeux du gouverneur de La Réunion
comme de la société créole, pour un homme à
la fois zélé et habile, s'efforçant d'intervenir
dans la discipline intérieure des habitations sans irriter les
susceptibilités locales, et désireux de fortifier chez l'esclave
les principes d'ordre et de discipline, afin de le préparer à
jouir un jour de la liberté.
Comme d'autres magistrats
ou fonctionnaires de cette époque, Barbaroux défend la suppression
progressive de la servitude par la libération des enfants à
naître, la multiplication des affranchissements et l'introduction
d'engagés qui feront baisser le prix du travail libre. En 1843
Barbaroux décide de porter en personne l'accusation dans les affaires
importantes de traitements barbares et inhumains.
Charles Ogé Barbaroux
décide de se présenter aux premières élections
au suffrage universel, La Réunion a droit à deux députés
pour l'assemblée nationale. Cette élection soulève
un beau tollé, car voici que les affranchis disposent d'une voix
qui pèse autant que celle des grands messieurs. Trente-sept mille
électeurs sont inscrits. Les instructions ministérielles
portent formellement que les nouveaux affranchis doivent voter. Mais des
violences sont exercées pour écarter les affranchis de l'urne.
Le vote du 30 septembre est insuffisant pour valider l'élection,
personne n'ayant atteint le huitième des voix des électeurs
inscrits.
Le Directeur de l'intérieur M.
Brunet, dans l'intérêt de la liberté du vote, et comme
protestation contre ces violences impunies, fait une lettre le 8 octobre
au commissaire central de police.
Lettre du Directeur de l'intérieur au Commissaire
central de police, du 8 octobre 1849.
" Monsieur le Commissaire
central, les élections qui viennent d'avoir lieu n'ont pas abouti
; elle devrons recommencer le 21 de ce mois... "
Charles Ogé Barbaroux
est élu député de La Réunion le 21 octobre
1849,
le 1er sur 2, avec 5 398 voix sur 9 186 votants et 34 810 inscrits. Le
deuxième député élu est Jean-Baptiste Pierre
Prosper de Greslan par 5 297 voix 9 186 votants, 34 810 inscrits.
Il siége à
la droite de l'Assemblée, vote pour l'expédition de Rome
et pour la loi du 31 mai restrictive du suffrage universel. Partisan du
coup d'état du 2 décembre, il est l'un des défenseurs
les plus zélés de la politique du second empire.
Le 8 février 1858
il est nommé Sénateur du second Empire, poste qu'il occupe
jusqu'au 1er janvier 1867.
Charles Ogé Barbaroux
décède le 5 juillet 1867, à Vaux, Saône-et-Loire.
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