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Alphonse
Paul Albert Choteau est né à Marly, le 28 mai 1883.
Au terme de ses études secondaires,
il entre à l'École coloniale.
Administrateur stagiaire
en 1905,
l'année suivante il est nommé au Soudan. C'est en Afrique que se déroule
l'essentiel de sa carrière, avant d'être nommé gouverneur en Guadeloupe,
le 11 août 1930.
Poste qu'il occupe jusqu'à sa nomination pour La Réunion, le 7 avril 1934.
Le 24 mai 1934, Choteau embarque
à Marseille sur le paquebot des Messageries Maritimes, le Général Metzinger,
destination La Réunion. Le nouveau gouverneur est décrit alors par Marcel
Fourcade, dans le quotidien réunionnais Le Peuple comme :
" Un homme d'aspect
robuste, dans la force de l'âge, sa physionomie est sérieuse, celle d'un
travailleur, mais avenante ".
Le 24 juin 1934, le nouveau
gouverneur Alphonse Paul Albert Choteau arrive à Saint-Denis par le train
de 10 heures.
L'une de ses toutes
premières fonctions officielles c'est de conduire, avec l'évêque de l'île
Maurice, Monseigneur Leen, le deuil de l'évêque de La Réunion, Monseigneur
de Beaumont, décédé le 14 juillet 1934. Toute l'île pleure son évêque
et veut le saluer une dernière fois. A Saint-Denis, le corps est exposé
dans le salon de l'Évêché. Le lendemain il est conduit à la cathédrale
en un impressionnant cortège. A la sortie de l'église, les autorités et
un détachement militaire rendent les derniers honneurs au prélat.
5 août 1935,
Monseigneur
Cléret de Langavant arrive à La Réunion, au port de
la pointe des Galets sur le paquebot la Ville d'Angers. Monseigneur Cléret
de Langavant va diriger le diocèse de La Réunion pendant
25 ans. Sur le même bateau sont présent le Père
Clément Raimbault qui va prendre en charge la paroisse Saint-Gabriel
de la Montagne et la léproserie Saint-Bernard qui est à
quelques kilomètres.
16 février 1936, le gouverneur
inaugure la nouvelle mairie d'hell-Bourg, un engagement de construction,
qui était au programme du nouvel élu de la commune, le docteur Raymond
Vergès.
Février 1936,
création du syndicat des haleurs de pioche.
26 avril 1936, les élections
législatives, la campagnes est tendues, Lucien Gasparin et Auguste Brunet
sont candidats à leur succession, leurs adversaires sont respectivement
René Payet et Albert Lougnon. La campagne est marquée par de nombreux
actes de violence. Le jour des élections les passions se déchaînent et
la tragédie est au rendez-vous. Au soir des opérations électorales, entre
fraudes et folklore, les armes ont parlé. La colonie compte neuf morts
et cinquante blessés. Gasparin et Brunet sont réélus, mais cette nouvelle
tragédie électorale entraîne de nombreuses réactions où condamnations
et écœurement dominent, mais aussi l'engagement de vouloir imposer des
pratiques nouvelles portées par des personnalités de tout bord. C'est
ainsi qu'est créé le Parti Réunionnais d'Action Démocratique et Sociale
où se côtoient notamment Ferdinand Auber, Jean Chatel, Marcel Vauthier,
Raymond Vergès ou encore Raphaël Vidot.
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Monseigneur
Cléret de Langavant, l'évêque de La Réunion s'indigne lui aussi de la
tragédie électorale du 26 avril 1936. Les quatre électeurs qui meurent
sous les balles des gendarmes le jour de scrutin dans la première circonscription
devant la maire de Sainte-Suzanne amènent l'Église a dénoncer ce recours
cynique à la fraude. Comme elle s'est tue jusqu'ici, cette attitude inattendue
et audacieuse déplaît. La présentation des faits dans son journal Dieu
et Patrie diffère totalement de celle de l'administration. Alors que celle-ci
prétend que les gendarmes ont été obligés de faire usage de leurs armes
pour protéger la mairie qui allait être prise d'assaut par des électeurs
excités par le candidat René Payet, l' Église affirme d'une part, qu'il
s'agit d'électeurs mécontents de ne pas pouvoir voter et d'autre part,
que les gendarmes ont tiré sur eux alors qu'ils s'enfuyaient et que ceux
qui tentaient de porter secours aux blessés n'ont pas été ménagés non
plus. A l'issue de ce scrutin, les relations se refroidissent entre l'évêque
qui a fait réciter un De Profondis à la cathédrale pour les victimes de
cette journée, le gouverneur et les élus. Reçu par le gouverneur
Choteau pour expliquer l'attitude de quelques prêtes qui ont soutenu
René Payet, l'évêque fait observer qu'il ne peut sévir,
puisque d'autres ont agi en faveur des candidats vainqueurs, Lucien
Gasparin et Auguste
Brunet. La discussion devient plus orageuse, mais ils se séparent
apparemment en bons termes. L'accueil qui les est réservé
quelques jours plus tard à l'hôtel du gouvernement lors de
la maladie du gouverneur et après sa mort prouve que ses remarques
n'ont pas été appréciées et ont inquiété
le gouverneur.
Avril 1936, création du syndicat
général du personnel du Chemin de Fer et Port de La Réunion, ( CPR ).
Le Gouverneur Choteau est
très malade, après deux mois de souffrance, il sombre dans un coma diabétique
et décède le 29 mai 1936. La colonie lui organise des obsèques imposantes.
Le deuil est conduit par le député Auguste Brunet et le secrétaire général
Allard. Inhumé provisoirement au cimetière des Volontaires, sa dépouille
est embarquée le 26 juin 1936 sur l'Explorateur Grandidier pour la ville
de Valenciennes.
L'intérim du poste de gouverneur
est assuré par les secrétaire général Charles Victor Allard, le nouveau
gouverneur de La Réunion, Léon Hippolyte Claudius Truitard, est nommé
le 18 juin 1936.
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