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Mouche Bleue.
- Nom commun : Mouche bleue.
- Nom scientifique : Cibdela janthina.
- Espèce : Tenthrède. - Ordre : hyménoptères. - Origine : Sumatra
Cibdela janthina, connue
à La Réunion sous l’appellation, Mouche Bleue est
un hyménoptère introduit dans l’île pour lutter
contre la vigne
marronne ou raisin marron, Rubus alceifolius, une peste végétale.
Les hyménoptères sont des
insectes holométaboles pourvus de quatre ailes membraneuses couplées
en vol et de pièces buccales du type broyeur-lécheur. La
tête est séparée du thorax par un cou très
mince et très mobile. Leur métathorax est très court,
soudé au premier segment abdominal pour former le segment médiaire.
Ces insectes sont aisément identifiable dans l'ordre des hyménoptères.
L'ordre des hyménoptères comprend des phytophages, des pollinisateurs
et une large part d'entomophages jouant un rôle central dans le
maintien des équilibres naturels.
La mouche bleue est une tenthrède,
ses larves, ou fausses-chenilles, sont grégaires et vivent en colonie.
Ces insectes ravageurs s'accumulent par douzaines sur le pourtour d'une
même feuille. Un jeune arbre peut ainsi être rapidement dépouillé
de ses feuilles, affaiblissant la plante.
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En 1997, un projet de recherche
en lutte biologique contre la vigne maronne, espèce envahissante
est lancé par le Conseil Régional de la Réunion.
Coordonné par le Cirad, en collaboration avec l’Université
de la Réunion, et différents partenaires dans l’aire
d’origine de l’espèce.
Des prospections sont effectuées en Chine, Thaïlande, Vietnam,
Laos, Indonésie : 4 pathogènes et 46 insectes ont été
inventoriés et étudiés.
Le meilleur agent est collecté
à Sumatra par Roch Desmier de Chenon : un hyménoptère,
Cibdela janthina, ( connue à La Réunion sous l'appellation
" Mouche bleue " ) qui pond dans les nervures principales des
jeunes feuilles de vigne marronne. Les larves, grégaires et phyllophages,
dévorent la feuille puis de façon systématique toutes
celles qui se trouvent en dessous. La plante finit par mourir au bout
du passage de deux à trois générations de larves.
Les scientifiques ont minutieusement
étudié, en laboratoire, d’abord à Sumatra,
puis à Montpellier, et enfin à la Réunion (au Pôle
de protection des plantes), la biologie et la spécificité
de cet agent de lutte biologique. Différentes expériences
ont prouvé que Cibdela janthina était inféodé
au genre Rubus, autrement dit que l’insecte était incapable
de s’attaquer à des plantes d’un autre genre, et que
de plus, il ne pouvait achever son cycle de développement sur les
trois autres espèces appartenant à ce genre à la
Réunion.
Avec autorisation préfectorale,
la tenthrède Cibdela janthina a donc été introduite
en laboratoire à la Réunion début 2007, puis acclimatée
sous tunnel fermé. Une population de base a ainsi été
constituée, avec des adultes éclos de nymphes importées
de Sumatra. Il s’agissait dans un premier temps de vérifier
le bon développement de l’insecte dans les conditions naturelles
de la Réunion. Les premières larves et premiers adultes
ont pu être lâchés hors du tunnel début 2008,
dès que la population s’est avérée suffisante.
La Cibdela Janthina a commencé
à manger les feuilles de la vigne marronne, on assiste alors à
une régression de sa croissance. Toutefois, on constate parallèlement
que la Cibdela Janthina, arrivée au stade adulte (7-14 jours),
entre en concurrence avec les abeilles locales et perturbe leurs activités.
Les apiculteurs et les arboriculteurs craignant pour leurs activités,
s'attendent à des récoltes moyennes et ont fait part de
leur crainte aux autorités. Le conseil régionale de La Réunion
a demandé l'arrêt des lâchers des mouches bleues en
attendant les résultats de l'étude de leurs impacts sur
l'environnement. L’étude s’est déroulée
de mi-février à mi-avril 2010 sur 9 sites répartis
dans l’Est, le Sud et le Sud-Ouest de l’île (dont deux
sites témoins sans tenthrèdes, à Saint-Louis et Entre-Deux).
Le Comité a aussi été informé que lors du
dernier recensement réalisé en juillet-août 2010,
les mouches bleues sont présentes de Sainte-Marie à Petite-Île
avec deux points isolés dans les Hauts de Saint-Denis et de Saint-Pierre.
Le CIRAD a aussi noté que la réduction des massifs de vigne
maronne grâce à l’action des tenthrèdes peut
être évaluée à environ 780 hectares principalement
dans la zone Est. Les résultats de l’enquête menée
par le CIRAD sur les mouches bleues indiquent qu’ il n’y a
pas d’interaction agressive entre les abeilles et les tenthrèdes
pour l’accès à la ressource.
Insectes de La Réunion
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