La
Route de Cilaos à île de La Réunion.
Situation : de Saint-Louis à Cilaos la RN 5.
Le cirque de Cilaos est à
une heure de Saint-Louis, passage obligé son seul chemin d'accès la RN
5 avec ses 500 virages. Une route impressionnante côtoyant les à-pics
les plus vertigineux, le long de hautes falaises où nichent Papangues,
Pétrels-de-Barrau
et Paille-en-Queue.
On traverse d'abord le Grand
Serré qui était jadis un défilé dangereux, pour arriver au Pavillon. C'est
en maison servant de halte aux premiers voyageurs qui donne le nom du
village.
Le cirque s'ouvre devant
vous, dominé à droite par le rempart du Dimitile, à mi-hauteur de ce rempart,
à 850 mètres d'altitude, se blottit l'îlet Haut complètement invisible
de la route. A gauche c'est le rempart du Bénard.
La route serpente de tunnel
en tunnel jusqu'à l'îlet de Peter
Both. On nomma ainsi cette pierre très caractéristique, à cause de
sa ressemblance avec le pic de l'île Maurice portant déjà ce nom. Peter
Both était gouverneur hollandais des premiers temps de la colonisation
de l'île voisine.
On laisse, à droite, la route
du Palmiste RougePalmiste
Rouge, îlet qui doit don nom aux nombreux palmistes rouges qui y poussaient
autrefois. Enfin au détour du chemin, après la traversée du Bras de Benjoin,
on a la vue sur le fond du cirque.
Face à vous dans toute sa
splendeur, le Massif
du Piton des Neiges. A droite le Rempart du Maturum, le Coteau Kervéguen
du nom du propriétaire terrien du 19 ème siècle, le sommet de l'Entre-Deux,
le Dimitile, à mi-hauteur le Bonnet de Prête. A gauche, le Massif des
Salazes, les trois Salazes avec le col du Taîbit au point le plus bas
et le Grand Bénard. On y remarque tout particulièrement les trois petites
roches appelées les Trois Salazes.
Histoire de La Route
de Cilaos.
1832
- L'accès en chaise à porteurs est possible, l'ingénieur colonial De Ferrières
trace le premier chemin praticable permettant d'atteindre Cilaos.
1842
- Un chemin cavalier est ouvert, mais celui-ci reste dangereux pour preuve
la mort affreuse du juge de paix de Saint-Pierre, M. Yves Lebidan, sous
les yeux du gouverneur Doret qu' il accompagnait dans sa tournée.
1900
- La destination au début des années 1900 est fort prisé pour ces thermes.
Le trajet s'effectue à pied, ou en chaise à porteurs. C'est une véritable
expédition, on partait, dès 5 heures du matin, en charrettes à mules,
avec tous les bagages pour un séjour dans le cirque. On allait ainsi jusqu'au
plateau des Aloès, tout près de la Rivière Saint-Louis, à l'entrée des
gorges de la rivière. Les porteurs prévenus la veille, y attendaient leurs
clients. On déchargeait les bagages des charrettes et l'on procédait à
la très pittoresque cérémonie de la pesée pour déterminer ensuite le nombre
de porteurs nécessaires au transport jusqu'à Cilaos, un enfant avait deux
porteurs, un adulte selon son poids jusqu'à 12 porteurs, en moyenne quatre
ou six qui se relayaient. L'opération était menée par le chef porteur
qui convenait ensuite du prix de la course avec le voyageur. Les bagages
étaient chargés sur le dos des bœufs et cette caravane partait dès l'aube
pour arriver à Cilaos vers 5 ou 6 heures du soir.
1923
- Le gouverneur de La Réunion, Maurice Pierre Lapalud lance des
grands travaux à La Réunion, il décide d'améliorer
le réseau routier. Une étude est réalisée pour la
construction d'une route menant à Cilaos. Deux tracés sont en compétition,
l'un proposant de rallier Cialos par Saint-Pierre et La Plaine des Cafres,
et le second par Saint-Louis et le Pavillon. C'est le dernier tracé qui
est retenu.
1927
- Le premier coup de pioche pour la construction de la route actuelle
est donné, sous la direction de l'ingénieur Malbet, les ouvriers avancent
à coups de pioche, de pics à rocs et de barres à mines. Les ingénieurs
Telmas et Erland succèdent à Malbet, la route est réalisée sous forme
de tronçons discontinus par des équipes distinctes. La difficulté résidant
à raccorder les tronçons malgré leur différence de niveau à été résolue
par un ingénieur venu spécialement de Madagascar. Les travaux durent jusqu'en
1932,
mais ne seront vraiment terminés qu'en 1945.
24 décembre 1931
- La première automobile à emprunter la route est conduite par l'ingénieur
subdivisionnaire Télmar.
L'ouverture de la route de
Cilaos n'empêche pas les habitants de continuer à se rendre dans le cirque
en chaise à porteurs.
L'étroitesse de la voie oblige
les voitures à attendre à des heures précises le droit de monter, pour
permettre aux autres de descendre.
De nos jours des centaines
de véhicules empruntent la RN 5 quotidiennement. Malheureusement les éboulements
y sont fréquents et la route est parfois coupée pendant plusieurs jours
isolant les habitants du cirque.
Mais cette route qui mène
dans le cirque constitue à elle seule un dépaysement original. A l'aller
comme au retour, soyez prudent et prenez le temps de vous arrêter pour
admirer de nombreux points de vue changeants, des paysages grandioses
et démesurées. |