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Père
Clément Raimbault. Prêtre
spiritain, agronome, botaniste et médecin des lépreux. 25-02-1875
- 12-11-1949.
Clément Raimbault
est né le 29 janvier 1875
à Henrichemont, petit village dans le Berry, pas très loin
de Bourges.
Le petit clément avait
plusieurs frères et soeurs, Marie la plus jeune et Clémentine
qui est entrée dans les ordres, elle est partie comme religieuse
enseignante à Salem, aux États-Unis. Son frère Joseph
est également entré dans les ordres, il est devenu missionnaire
diocésain.
Clément Raimbault
fait son école primaire chez les Frères des Écoles
Chrétiennes à Henrichemont ensuite il fait son collège
à Bourges, puis va au Petit Séminaire et au Grand Séminaire
à Bourges. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1901,
nommé vicaire dans sa paroisse natale et enfin il fera deux années
de noviciat au Noviciat de la Congrégation du Saint-Esprit à
Orly.
1903,
Clément Raimbault embarque à Marseille destination Madagascar
pour l'île de Nosy Be. Le jeune misionnaire à la mission
spiritaine de Nosy Be est devenu rapidement le supérieur de la
mission puisque le Père qui était en place était
malade et avait dû s'absenter. La mission spiritaine de Nosy Be
est une préfecture apostolique, elle comprend Nosy Be, toutes les
îles environnantes, le nord-ouest de Madagascar jusqu'à Diego,
Mayotte et les Comores. La mission du Père est d'évangéliser
et de faire prospérer sa préfecure. Il porte une attention
particulière au développement de l'agriculture, il fait
planter, du café, du riz, de la vanille, du poivre, de la citronnelle,
du cacao, du caoutchoucn du vétiver, du coton , de l'ylang-ylang...
Il fait construire des distilleries, des entrepôts, des habitations
pour les ouvriers, des écoles, dispensaires, orphelinats, maisons
de retraite, sanatorium.
En 1927,
il fonde la S.P.P.M., la Société des Plantes à Parfum
de Madagascar. Il fait construire un presbytère à Hellville,
et de nombreuses églises. il part aussi à la recherche de
gisements aurifères. Il fait également beaucoup de recherches,
sur les plantes et sur la science. Il collecte donc beaucoup d'échantillons
de plantes, d'écorces diverses qu'il envoie à des laboratoires
français pour voir si une utilisation pharmaceutique pourrait être
réalisée. C'est à partir de là qu’ont
commencé les premières recherches du Père Raimbault
sur la lèpre. Les malades viennent de l'île entière
tant pour se faire soigner que pour faire communier.
1921,
on propose au Père Raimbault le vicariat de Majunga, c’est-à-dire
de devenir évêque de Majunga, il refuse, il écrit
à son supérieur qu’ " il préfère
rester avec ses pauvres Malgaches que porter la mitre et frapper la crosse
à Rome ".
Nosy Be se développa
et devint donc intéressante au plan financier, ce qui suscita des
querelles intestines entre ordres religieux. Sur décision du Vatican,
les Spiritains furent remplacés par les Capucins et le Père
Raimbault dut abandonner l’œuvre de sa vie.
Quand il quitte Nosy Be,
en 1932,
pour la France, après 29 années passées à
Madagascar, 3 000 personnes sont venues sur le port pour suivre son départ.
Il passera alors quatre années, de 1932 à 1935 en France.
Le 5 janvier 1935,
François Émile Marie Cléret de Langavant qui est
Vicaire de la Cathédrale de Port-Louis à Maurice reçoit
un télégramme de R. P. Le Hunsec Supérieur général
de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, lui apprenant
qu'il est nommé Évêque de La Réunion. Le futur
évêque de La Réunion propose au Père Raimbault
de venir à La Réunion, proposition qu'il accepte puisque
cela lui permet de retrouver l'océan Indien. Raimbault arrive donc
le 5 août 1935, au port de la pointe des Galets sur le paquebot
la Ville d'Angers, accompagné de Monseigneur François Cléret
de Langavant et de Monseigneur Leen évêque de l'île
Maurice.
L'évêque, Monseigneur de Langavant
lui propose de choisir lui-même dans quelle paroisse il veut s'installer.
Il choisit alors de prendre en charge la paroisse Saint-Gabriel de la
Montagne et la léproserie Saint-Bernard
qui est à quelques kilomètres. C'est le gouverneur Hubert
Delisle qui a fait bâtir cette léproserie en 1854.
Les religieuses " Filles de Marie ", y travaillent comme infirmières,
et aident les malades. Raimbault, commence très rapidement ses
études sur la lèpre. Il installe son petit laboratoire dans
la petite case en bois, qui tenait lieu de presbytère, très
rapidement il est submergé par les malades, qui viennent le voir
de l'île entière. Pour plusieurs raisons : d'abord tout simplement
parce qu'il est compétent, parce qu'il soigne par les plantes,
et les Réunionnais sont très attachés à la
phytothérapie, ensuite parce qu'à l'époque la situation
sanitaire à La Réunion est totalement déplorable.
Il y a le paludisme, il y a la malnutrition, il y a des dysenteries. Il
y a à l'époque un seul médecin pour 5 500 habitants
et quelques officines pharmaceutiques dans les grandes villes.
Il fait de la lèpre
son obsession, il souhaite trouver un vaccin. Voici ce qu'il écrit
le 3 Août 1937
: " J'ai réussi assez bien trois bouillons de culture
sur géloses et sérums humains obtenus par vésicatoire.
Ces cultures sont difficiles à obtenir et à conserver...
J'ai obtenu par cette méthode des bacilles très polymorphes
qui ressemblent étrangement aux bacilles tuberculeux. Chose étrange,
à l'état de culture, les bacilles n'ont plus la forme classique
des bacilles de HANSEN. Ce sont, apparemment du moins des champignons.
C'est sur ce terrain, je crois, qu'il faut chercher la vaccinothérapie"..
Le Père classe les
malades en trois catégories : les lèpres récentes,
les lèpres plus vieilles, les lèpres très vieilles.
Les malades, qui ont honte de leur maladie et du regard que les autres
portent sur eux viennent à Saint-Bernard surtout la nuit. Le chaulmoogra,
arbre originaire de l'Inde donne des fruits qui guérissent totalement
les malades du premier degré, stabilisent ceux du second, et soulagent
bien ceux du troisième degré. Il découvre aussi que
le dolno, huile extraite des graine de takamaka, arbre que l'on trouve
en abondance sur l'ile de la Réunion, guérit les douleurs
rhumatismales et néfritiques. De nombreuses guérisons dont
celle d'un colon très connu à la Réunion, font que
le père devient très célèbre. Ses recherches
sur la lèpre sont reconnues et louées dans le monde entier.
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Parallèlement
il rédige beaucoup d'articles pour " Dieu et Patrie ",
le journal du diocèse, dans lequel il fait des présentations
de plantes médicinales. Il a une correspondance avec l'Académie
des Sciences Coloniales.
Le Père Raimbault
échange une volumineuse correspondance avec des médecins,
en particulier avec le Professeur Jeanson, chef du laboratoire du Pavillon
de Malte à l'hôpital Saint-Louis à Paris.
11 Avril 1944,
un cyclone assez violent détruit son laboratoire. Il faut reconstruire
tout en continuant à suivre les malades.
Fin 1947,
1200 malades sont en cours de traitement.
26 et 27 Janvier 1948,
un énorme cyclone frappe l'ile. Trois religieuses, soeur Marie
de la Nativité, soeur Marie Aimée du Divin Coeur, soeur
Marie Gabriel Perboyre et un lépreux sont tués. Il y a 165
morts pour toute l'ile, Clément lui-même a été
jeté en dehors de sa case par le vent, il est blessé. Mais,
pire pour lui, le laboratoire est de nouveau par terre. Ses instruments
sont inutilisables. Ses notes se sont envolées. Des médicaments
sont perdus. Les cobayes sont morts. Les cultures de vaccins sont répandues.
Le manuscrit sur les plantes médicinales qu'il composait peu à
peu et qui comptait déjà 3500 pages git dans la boue. De
mémoire, il tente de recomposer les textes, aboutissant à
un maigre opuscule de 70 pages environ. Il redouble d'efforts pour tout
remettre en état et pouvoir soigner ceux qui se présentent
à sa porte jour et nuit. Par vaccins ou hétéros vaccins,
il guérit de nombreuses personnes.
En 1948, Il peut donner,
45 bulletins de guérisons à des lépreux pour qu'ils
puissent retrouver leurs familles, et du travail.
En Juillet 1945, il est élu
à l'académie des Sciences Coloniales.
C'est épuisé
que le père Clément Raimbault meurt le 12 Décembre
1949
à l'âge de 74 ans. Sa dépouille est déposée
deux ans plus tard dans un mausolée situé à côté
de l'église de Saint-Bernard. Cette église à été
inaugurée le 16 janvier 1969
à l’occasion de la 16e Journée mondiale contre la
lèpre.
Le père Clément
Raimbault fait encore l’objet d’une grande vénération,
sa tombe est constamment fleurie et entretenue, les Réunionnais
qui ne l'ont pas oublié, viennent prier sur sa tombe.
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