Père Clément Raimbault, prêtre spiritain, agronome, botaniste et médecin des lépreux, homme célèbre de La Réunion.

Père Clément Raimbault.

- Nom : Clément Raimbault.
- Naissance : 29 janvier 1875 à Henrichemont, Berry.
- Décès : 12 Décembre 1949, La Réunion.
- Fonction(s) :
- Prêtre.
- Vicaire.
- Supérieur de la mission spiritaine de Nosy Be.
- Agronome, botaniste et médecin des lépreux.


Clément Raimbault, est né le 29 janvier 1875 à Henrichemont, petit village dans le Berry, pas très loin de Bourges.

Le petit clément avait plusieurs frères et soeurs, Marie la plus jeune et Clémentine qui est entrée dans les ordres, elle est partie comme religieuse enseignante à Salem, aux États-Unis. Son frère Joseph est également entré dans les ordres, il est devenu missionnaire diocésain.

Portrait du Père clément Raimbault

Clément Raimbault fait son école primaire chez les Frères des Écoles Chrétiennes à Henrichemont ensuite il fait son collège à Bourges, puis va au Petit Séminaire et au Grand Séminaire à Bourges. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1901, nommé vicaire dans sa paroisse natale et enfin il fera deux années de noviciat au Noviciat de la Congrégation du Saint-Esprit à Orly.

1903, Clément Raimbault embarque à Marseille destination Madagascar pour l'île de Nosy Be. Le jeune misionnaire à la mission spiritaine de Nosy Be est devenu rapidement le supérieur de la mission puisque le Père qui était en place était malade et avait dû s'absenter. La mission spiritaine de Nosy Be est une préfecture apostolique, elle comprend Nosy Be, toutes les îles environnantes, le nord-ouest de Madagascar jusqu'à Diego, Mayotte et les Comores. La mission du Père est d'évangéliser et de faire prospérer sa préfecure. Il porte une attention particulière au développement de l'agriculture, il fait planter, du café, du riz, de la vanille, du poivre, de la citronnelle, du cacao, du caoutchoucn du vétiver, du coton , de l'ylang-ylang... Il fait construire des distilleries, des entrepôts, des habitations pour les ouvriers, des écoles, dispensaires, orphelinats, maisons de retraite, sanatorium.

Tombe du Père clément Raimbault

En 1927, il fonde la S.P.P.M., la Société des Plantes à Parfum de Madagascar. Il fait construire un presbytère à Hellville, et de nombreuses églises. il part aussi à la recherche de gisements aurifères. Il fait également beaucoup de recherches, sur les plantes et sur la science. Il collecte donc beaucoup d'échantillons de plantes, d'écorces diverses qu'il envoie à des laboratoires français pour voir si une utilisation pharmaceutique pourrait être réalisée. C'est à partir de là qu’ont commencé les premières recherches du Père Raimbault sur la lèpre. Les malades viennent de l'île entière tant pour se faire soigner que pour faire communier.

1921, on propose au Père Raimbault le vicariat de Majunga, c’est-à-dire de devenir évêque de Majunga, il refuse, il écrit à son supérieur qu’ " il préfère rester avec ses pauvres Malgaches que porter la mitre et frapper la crosse à Rome ".

Nosy Be se développa et devint donc intéressante au plan financier, ce qui suscita des querelles intestines entre ordres religieux. Sur décision du Vatican, les Spiritains furent remplacés par les Capucins et le Père Raimbault dut abandonner l’œuvre de sa vie.

Quand il quitte Nosy Be, en 1932, pour la France, après 29 années passées à Madagascar, 3 000 personnes sont venues sur le port pour suivre son départ. Il passera alors quatre années, de 1932 à 1935 en France.

Le 5 janvier 1935, François Émile Marie Cléret de Langavant qui est Vicaire de la Cathédrale de Port-Louis à Maurice reçoit un télégramme de R. P. Le Hunsec Supérieur général de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, lui apprenant qu'il est nommé Évêque de La Réunion. Le futur évêque de La Réunion propose au Père Raimbault de venir à La Réunion, proposition qu'il accepte puisque cela lui permet de retrouver l'océan Indien. Raimbault arrive donc le 5 août 1935, au port de la pointe des Galets sur le paquebot la Ville d'Angers, accompagné de Monseigneur François Cléret de Langavant et de Monseigneur Leen évêque de l'île Maurice.

L'évêque, Monseigneur de Langavant lui propose de choisir lui-même dans quelle paroisse il veut s'installer. Il choisit alors de prendre en charge la paroisse Saint-Gabriel de La Montagne et la léproserie Saint-Bernard qui est à quelques kilomètres. C'est le gouverneur Hubert Delisle qui a fait bâtir cette léproserie en 1854. Les religieuses " Filles de Marie ", y travaillent comme infirmières, et aident les malades. Raimbault, commence très rapidement ses études sur la lèpre. Il installe son petit laboratoire dans la petite case en bois, qui tenait lieu de presbytère, très rapidement il est submergé par les malades, qui viennent le voir de l'île entière. Pour plusieurs raisons : d'abord tout simplement parce qu'il est compétent, parce qu'il soigne par les plantes, et les Réunionnais sont très attachés à la phytothérapie, ensuite parce qu'à l'époque la situation sanitaire à La Réunion est totalement déplorable. Il y a le paludisme, il y a la malnutrition, il y a des dysenteries. Il y a à l'époque un seul médecin pour 5 500 habitants et quelques officines pharmaceutiques dans les grandes villes.

Épitaphe tombe du Pèreclément Raimbault

Il fait de la lèpre son obsession, il souhaite trouver un vaccin. Voici ce qu'il écrit le 3 Août 1937 : " J'ai réussi assez bien trois bouillons de culture sur géloses et sérums humains obtenus par vésicatoire. Ces cultures sont difficiles à obtenir et à conserver... J'ai obtenu par cette méthode des bacilles très polymorphes qui ressemblent étrangement aux bacilles tuberculeux. Chose étrange, à l'état de culture, les bacilles n'ont plus la forme classique des bacilles de HANSEN. Ce sont, apparemment du moins des champignons. C'est sur ce terrain, je crois, qu'il faut chercher la vaccinothérapie"..

Le Père classe les malades en trois catégories : les lèpres récentes, les lèpres plus vieilles, les lèpres très vieilles. Les malades, qui ont honte de leur maladie et du regard que les autres portent sur eux viennent à Saint-Bernard surtout la nuit. Le chaulmoogra, arbre originaire de l'Inde donne des fruits qui guérissent totalement les malades du premier degré, stabilisent ceux du second, et soulagent bien ceux du troisième degré. Il découvre aussi que le dolno, huile extraite des graine de takamaka, arbre que l'on trouve en abondance sur l'ile de la Réunion, guérit les douleurs rhumatismales et néfritiques. De nombreuses guérisons dont celle d'un colon très connu à la Réunion, font que le père devient très célèbre. Ses recherches sur la lèpre sont reconnues et louées dans le monde entier.

Chapelle de la léproserie de Saint-Bernard

Parallèlement il rédige beaucoup d'articles pour " Dieu et Patrie ", le journal du diocèse, dans lequel il fait des présentations de plantes médicinales. Il a une correspondance avec l'Académie des Sciences Coloniales.

Le Père Raimbault échange une volumineuse correspondance avec des médecins, en particulier avec le Professeur Jeanson, chef du laboratoire du Pavillon de Malte à l'hôpital Saint-Louis à Paris.

11 Avril 1944, un cyclone assez violent détruit son laboratoire. Il faut reconstruire tout en continuant à suivre les malades.

En Juillet 1945, il est élu à l'académie des Sciences Coloniales.

Fin 1947, 1200 malades sont en cours de traitement.

26 et 27 Janvier 1948, un énorme cyclone frappe l'ile. Trois religieuses, soeur Marie de la Nativité, soeur Marie Aimée du Divin Coeur, soeur Marie Gabriel Perboyre et un lépreux sont tués. Il y a 165 morts pour toute l'ile, Clément lui-même a été jeté en dehors de sa case par le vent, il est blessé. Mais, pire pour lui, le laboratoire est de nouveau par terre. Ses instruments sont inutilisables. Ses notes se sont envolées. Des médicaments sont perdus. Les cobayes sont morts. Les cultures de vaccins sont répandues. Le manuscrit sur les plantes médicinales qu'il composait peu à peu et qui comptait déjà 3500 pages git dans la boue. De mémoire, il tente de recomposer les textes, aboutissant à un maigre opuscule de 70 pages environ. Il redouble d'efforts pour tout remettre en état et pouvoir soigner ceux qui se présentent à sa porte jour et nuit. Par vaccins ou hétéros vaccins, il guérit de nombreuses personnes.

Léproserie de Saint-Bernard

En 1948, Il peut donner, 45 bulletins de guérisons à des lépreux pour qu'ils puissent retrouver leurs familles, et du travail.

C'est épuisé que le père Clément Raimbault meurt le 12 Décembre 1949 à l'âge de 74 ans. Sa dépouille est déposée deux ans plus tard dans un mausolée situé à côté de l'église de Saint-Bernard. Cette église à été inaugurée le 16 janvier 1969 à l’occasion de la 16e Journée mondiale contre la lèpre.

Le père Clément Raimbault fait encore l’objet d’une grande vénération, sa tombe est constamment fleurie et entretenue, les Réunionnais qui ne l'ont pas oublié, viennent prier sur sa tombe.



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