En
septembre 1820,
il est nommé gouverneur de l'île Bourbon.
Le 15 février 1821,
le procés-verbal de l'audience extraordinaire du 15 février
1821 par la cour royale de l'île Bourbon, à l'effet de procéder
à l'enregistrement des pouvoirs délivrés par le roi
à M. Louis Henri de Saulces de Freycinet, chevalier de l'ordre
royale et militaire de Saint-Louis, officier de l'ordre royale de la Légion-d'Honneur,
capitaine de vaisseau, nommé par S. M. commandant et administrateur
de l'île Bourbon, en remplacement de M. le baron Milius, dont la
demande de rappel a été agréée.
Après la salve de cinq coups
de canon marquant son installation, de Freycinet fait sa première déclaration
au habitants en insistant sur la cohésion sociale.
Le gouverneur Freycinet
rend visite le 10 juin 1821 au célèbre botaniste et naturaliste
Joseph
Hubert, Il fait précéder sa visite par ces lignes :
" Je vous ai témoigné quelle estime particulière
j'accorde à votre personne; voilà des raisons capables de
me faire doubler le pas aux approches de votre hatitation... ". Cette
même année le botaniste et naturaliste réunionnais reçoit
la médaille d’or de l’Agriculture française.
En août 1821, il entreprend
une visite complète de l'île qui lui permettra de se rendre compte de
la bonne santé économique de Bourbon. La production agricole locale est
florissante. D'ailleurs, le 6 mars 1826, il autorise l'exportation d'une
partie de l'excédent de la production de blé, 300 000 kg, à l'île Maurice.
Henri de Frycinet établit
une caisse d'escompte pour toute la colonie. L'accroissement qu'ont pris
le commerce et l'agriculture nécessite l'établissement d'une caisse publique
où l'on peut trouver l'argent nécessaire au mouvement des affaires. Celui
qui circule dans le pays ne suffise pas aux besoins du négoce et de la
population. Quelle que soit la cause de la rareté des espèces, les capitalistes
profitent seuls de l'absence de toute institution de crédit par les intérêts
usuraires qu'ils prennent au commerçant et à l'agriculteur. Les opérations
de la caisse d'escompte commenceront le 1 er janvier 1822.
10 novembre 1821, ordonnance
de Louis Henri de Saulces de Freycinet.
Ordonnance du commandant
et administrateur pour le roi, relative à l'établissement
d'une caisse d'escompte.
Nous, commandant de la caisse
de réserve du trésor royal, et désirant faire jouir
le commerce et l'agriculture des avantages que peut leur procurer son
heureuse situation ;
Après en avoir délibéré
en conseil de gouvernement et d'administration, sauf l'approbation de
S. M., avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
Art 1. Il sera créé
par le gouvernement une caisse d'escompte pour toute la colonie.
Art 2. Elle sera établie
à Saint-Denis, ses opérations commenceront le 1 er janvier
prochain.
Art 3. Le fonds capital de
cette caisse d'escompte est fixé à la somme de sept cent
cinquante mille francs, qui sera prise sur les fonds de réserve.
Art 4. Sur ces fonds, il
sera mis à la disposition du caissier la somme nécessaire
pour le service courant. Le reste sera déposé dans une caisse
à trois clefs, dont une sera remise au directeur, et les deux autres
aux deux censeurs.
Art 5. Les bénéfices
annuels seront réunis au capital jusqu'à ce que nous en
ayons autrement ordonné.
Art 6. Les opérations
de la caisse d'escompte consisteront uniquement à escompter des
lettres de change ou des billets à ordre présentant les
conditions exprimées ci-après au titre de l'escompte. Tout
autre genre d'affaires ou de négociations lui est interdit.
Art 7. Les dépenses
de la caisse d'escompte sont à sa charge :
- De l'administration de la caisse d'escompte.
- Du comité d'escompte. - De l'escompte.
- Du directeur.
- Des senceurs.
- Du conseil d'administration.
- Des conseillers d'escompte.
- Des employés.
Donné en l'hôtel
du gouvernement à Saint-Denis, île Bourbon, le 10 novembre
1821.
Le commandant et administrateur
pour le roi. Signé Henri de Freycinet.
Freycinet créé le 14 octobre
1822,
la section du Baril, dans la commune de Saint-Joseph.
Louis Henry de Saulses de
Freycinet met en place la loi du 21 août 1825,
qui réforme le système de gouvernement de l'île :
Le gouverneur est dépositaire
de l'autorité royale. Il a les commandement général de la haute administration
de la colonie.
Quatre chefs d'administration
: un commandant militaire, un commissaire ordonnateur, un directeur de
l'intérieur, un procureur général du Roi, dirigent sous ses ordres les
différentes parties du service.
Un contrôleur colonial veille
à la régularité du service administratif et requiert à cet effet l'exécution
des lois, ordonnances et règlements.
Un conseil privé, placé près
du gouvernement, composé de trois habitants, éclaire ses décisions ou
participe à ses actes dans les cas déterminés.
Un conseil général donne
annuellement son avis sur les budgets et les comptes des recettes et des
dépenses coloniales et communales, et fait connaître les besoins et les
vœux de la colonie.
Le commandant militaire est
chargé du commandement des troupes et des autres parties du service militaire
que le gouverneur lui désigne. Il est en outre membre du conseil de défense
et de la commission des prises.
Le commissaire ordonnateur
est chargé de l'administration de la marine, de la guerre et du trésor,
de la direction des travaux de toute nature ( autres que ceux des ponts
et chaussées et des communes ), et de la comptabilité générale pour tous
les services.
Le directeur de l'intérieur
est chargé de l'administration intérieure de la colonie, de la police
générale et de l'administration du culte et des contributions directes
et indirectes. Le premier qui remplit cette fonction à Bourbon est M.
Betting de Lancastel, qui entre en fonction en 1825.
Le procureur général prépare
et soumet les projets de décrets coloniaux, d'arrêtés, de règlements et
d'instructions sur les matières judiciaires.
Le Conseil privé se compose
du gouverneur, des quatre fonctionnaires désignés plus haut, et de trois
conseillers privés choisis parmi les habitants notables.
L'inspecteur colonial assiste
au conseil. Il a voix représentative dans toutes les discutions.
Un secrétaire archiviste
tient la plume.
Création d'un Conseil général
de 48 membres nommés par le roi Charles
X pour une durée de 5 ans.
Le 8 décembre 1825, il met
à disposition de Saint-Pierre, le magasin du Roi pour y établir la mairie.
La sécurité intérieure demeure
le problème crucial de cette société esclavagiste. Devant la montée de
la criminalité, notamment les incendies volontaires, il crée le 21 août
1823 une cour extraordinaire de justice criminelle.
L'ordonnance du 27 septembre
1825 sur les crimes et délits commis par les esclaves détaille l'arsenal
de répression. Les peines infâmes, prison, ou simples, amendes, ne sont
plus de mise. " toutes les peines ne peuvent être que corporelles,
c'est-à-dire afflictives " : le collier de fer de 16 livres,
pour deux esclaves réunis, la chaîne qui permet à l'esclave de travailler
néanmoins, le fouet, n'excédant par 30 coups, le poteau et la peine de
mort. Cette dernière est prévue en cas " d'attentat contre la
sûreté intérieure, fausse-monnaie, assassinat, incendie, empoisonnement,
viol, castration de libres ". Tous ces esclaves condamnés doivent
porter une calotte jaune.
Louis Henry de Saulses de
Freycinet est nommé gouverneur de la Guyane, il quitte l'île avant l'arrivée
de son successeur Achille Guy Marie de Cheffontaines, qui est installé
gouverneur le 20 octobre 1826.
De saulses de Freycinet est
installé à Cayenne le 15 février 1827.
Devenu baron la même année, il est promu contre amiral le 26 décembre
1828
et nommé gouverneur de la Martinique.
Le 2 mars 1830,
il rentre en France pour des raisons de santé. Il est nommé préfet maritime
à Rochefort.
Louis Henri de Saulses de
Freycinet meurt le 21 mars 1840
à Rochefort.
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