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avril 1847, le Conseil colonial envoie une requête au Roi réclamant
la représentation des colonies à la chambre des députés.
Le 5 août 1847, sont élus pour représenter la colonie,
Marc Dejean de La Batie et le marquis Henri de Castellane.
De retour à paris, Dejean de La
Batie prend ses distances avec le pouvoir républicain, il critique
les mesures prises par le gouvernement provisoire, il rédige en
1847 " Deux notes sur les pétitions présentées
à la chambres des députés pour l'abolition de l'esclavages
" Il critique les pétitionnaires en faveur d'une émancipation
immédiate. Il se fait le porte parole des colons de La Réunion
pour observer que le concours des colons a manqué au gouvernement...
et que les colons s'opposent à l'instruction religieuse des esclaves.
ce comportement déplait aux jeunes créoles résidant
à Paris.
Il perd son mandat de député
aux élections législatives du 30 septembre 1849 et du 21
octobre 1849. Elections
législatives de 1849 à La Réunion.
Il se présente aux
nouvelles élections législatives du 29 et 30 décembre
1851 ( premier tour ) et du 18 et 20 janvier 1852 ( deuxième tour
) .
Le samedi 6 décembre
1851, la profession de foi de Degean de La Batie paraît dans le
journal ' le Moniteur de l'île de La Réunion " :
Monsieur le rédacteur,
Je n'ignore pas qu'il y a
toujours une sorte de témérité à solliciter
l'honneur de représenter son pays ; il en est surtout ainsi quand
les circonstances sont graves, et qu'une grande variété
d'intérêts et de voeux vient compliquer, au milieu des ardeurs
populaires qui accompagnent les révolutions, les difficultés
ordinaires de la politique. Mais c'est aussi dans de telles circonstances
que la noble tâche d'influer sur les destinées de son pays
doit se présenter comme un devoir à ceux que la confiance
du public attache en quelque sorte à son service, par l'espérance
qu'il met en eux, ou par la reconnaissance qu'ils lui doivent.
Pour moi, je ne puis oublier
combien d'obligations envers cette colonie m'a créés l'honneur
que j'ai eu de la représenter pendant sept ans dans le Conseil
Colonial et pendant huit ans comme délégué ; et c'est
avec tous les sentiments qu'une si honorable confiance a enracinés
dans mon coeur que je viens aujourd'hui offrir à mes compatriotes
et mettre à leur disposition tous les moyens de leur être
utile, que l'étude et la pratique des affaires coloniales ont pu
me donner, tout ce qui me reste de vie et de facultés.
Mes principes sont connus.
Mes concitoyens savent que si, à toutes les époques et sous
tous les régimes, j'ai voulu et défendu toutes les libertés
publiques si chères aux Français ; à aucune époque
et sous aucun régime, je n'ai pactisé avec l'anarchie, ni
reculé devant le devoir de réclamer les garanties de la
liberté, des droits et du bonheur de toutes les classes de citoyens.
Dejean de La Batie "
Au deuxième tour des
élections législatives du 18 et 20 janvier 1852, Marc-Antoine
Jules Dejean de La Batie est battu, il obtient 5 062 voix sur 11 799 votants
soit 42.90 %, les deux nouveaux députés de La Réunion
sont Sully
Brunet, 5 748 voix et Adrien Bellier 5 475 voix, ils ne seront pas
admis à l'assemblée nationale, car leur élection
ne sera pas validée. Le coup d'État du 2 décembre
1851 de Louis Napoléon Bonaparte sera suivi du décret-loi
du 2 février 1852 qui supprime la représentation coloniale.
Elections
législatives de 1851 à La Réunion.
Marc-Antoine Jules Dejean
de La Batie décède à Sainte-Suzanne
en 1870.
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