Eugène Dayot
est né le 8 août 1810
à Saint-Paul, île de La Réunion.
Son père, Benoît
Joachim Dayot, né à Marseille, officier de la marine marchande
est arrivé à Bourbon ( La Réunion ) vers 1807. Il
se marie à Jeanne-Marie Paulin une Saint-Pierroise dont la famille
est originaire de la Gironde.
Le jeune Eugène Dayot fait
d'excellentes études, il est doué pour les mathématiques. Après ses études
il rentre dans les ponts et chaussées.
C'est au retour d'un voyage
à Madagascar, à 20 ans, que se déclare la terrible maladie, la lèpre,
dont il portait sans doute en lui les germes depuis l'enfance où il avait
été confié à une nourrice dont la santé laissait à désirer.
Eugène Dayot se relève affaibli,
meurtri. Il dira toutes ses souffrances dans le poème, Le
Mutilé. Mais il Réagit de façon remarquable.
Le Mutilé. Extrait.
Vingt ans et mutilé !... voilà
quelle est ma part;
Vingt ans... c'est l'âge où Dieu nous fait un cœur de
flamme ;
C'est l'âge où notre ciel s'embellit d'un regard,
L'âge où mourir n'est rien pour un baiser de femme.
Et le sort m'a tout pris !... excepté
mon cœur !
Mon cœur... à quoi sert-il ? ironique faveur !
C'est le feu qui révèle au nautonier qui sombre,
Le gouffre inévitable au sein de la
nuit sombre ;
C'est la froide raison rendue à l'insensé :
Heureux s'il n'eût jamais pensé !
Mais ton amour est là, mon ange tutélaire,
Et mon cœur souffre moins, lorsque je dis : ma mère !
A ce large festin des élus d'ici-bas,
Qui me dira pourquoi je ne suis qu'un Lazare !
La vie est une fête où je ne m'assieds pas,
Et pourtant j'ai rêvé sa joyeuse fanfare !
La douleur m'a fait boire à sa coupe de fer ;
Jeune vieillard, j'ai bu tout ce qu'elle a d'amer.
O vous qui demandez si l'âme est immortelle,
Et ma part de bonheur,... dites!... où donc est-elle ?
Quoi ! Dieu nous mentirait, quand sa sainte équité
Nous promet l'immortalité ! ......
En 1839,
Dayot fonde son journal, Le Créole, et devient feuilletoniste dans Le
Courrier de Saint-Paul en y publiant Bourbon Pittoresque. L'histoire fait
revivre au lecteur les combats qui se sont déroulés à l'île de la Réunion
au XVIIIe siècle et qui opposaient les Blancs de la côte notamment Mussard
et Touchard aux Noirs marrons Diampare, Pyram, Cimendef et Mafate. Ses
descriptions des aspects de l'île sont détaillés et ses portraits touchants.
Eugène Dayot est de tous
les combats humanitaires. Il lutte en particulier pour l'émancipation
des esclaves, ce qui ne lui vaudra pas la sympathie de ses concitoyens.
En 1834,
à Salazie, il rencontre Jean-Baptiste Renoyal de Lescouble, aussi engagé
que lui.
La Poésie d'Eugène Dayot
est forcément marquée par la maladie qui le voue à la solitude. On a souvent
critiqué la forme conventionnelle de ses poèmes mais la souffrance profonde
et réelle, les accents simples et sincères des sentiments donnent finalement
une poésie où chacun peut se retrouver, où le poète chante aussi à sa
façon les beautés de l'île.
Eugène Dayot est le seul
poète de cette période qui a vécu entièrement dans l'île. Il reprochera
lui-même à ses concitoyens de se tourner trop vite vers la métropole.
Eugène Dayot meurt le 19
décembre 1852.
Sa tombe se trouve au cimetière marin de Saint-Paul.
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