L'île de La Réunion n'est pas un paradis
pour les collectionneurs, les gros papillons ne sont pas très nombreux.
L'éloignement de l'île a certainement été un obstacle à la colonisation
de l'île par les lépidoptères. Il existe tout de même quelques beaux
papillons endémiques à La Réunion. 35% des papillons de La Réunion sont
endémiques. En comparaison on en dénombre à peine 1% en France métropolitaine
et 15% à Madagascar.
Papilio
phorbanta. Endémique de La Réunion.
Ce papillon est remarquable
par son grand dimorphisme sexuel : le mâle est noir avec des tâches bleues,
la femelle, plus grande, est marron avec des tâches blanchâtres. C'est
un des papillons les plus beau de la Réunion. Les chenilles vivent sur
les citronniers et d'autres plantes de la famille des Rutacées.
Papilio phorbanta devient
malheureusement de plus en plus rare. Il est protégé par un arrêté du
22 juillet 1993.
C’est
le mâle qui est le plus souvent observable, car il fréquente les jardins
créoles en un vol rapide et soutenu, à la recherche de nourriture et de
partenaires sexuels.
La femelle est rarement visible,
car très souvent cachée dans les fourrés. Elle n’en sort que pour se nourrir
et pondre, surtout le matin. La chenille, d'un bleu noir à la sortie de
l’œuf, devient verte avec de nombreuses petites taches d'un jaune vif
fluorescent.
Antanartia
borbonica. Endémique de La Réunion.
Ce papillon, Antanartia borbonica,
ne se rencontre qu'à partir de 300 à 400 mètres d'altitude.
La chenille vit sur Boehmeria
stipularis et B. platyphilla qu'on appelle, Bois de source. Cet arbuste
est lui aussi endémique de l'île.
Ce papillon rare est protégée
par un arrêté du 22 juillet 1993. Deux facteurs augmentent sa raréfaction
: une virose qui tue chenilles et chrysalides et une parasitose par une
mouche.
Salamis
augustina. Endémique de La Réunion.
Salamis augustina, papillon
devenu très rare. La chenille se nourrit uniquement sur une urticacée
Obeitia ficifolia, elle même en voie de disparition, appelé communément
Bois d'ortie. Les plantes hôtes, surtout les jeunes pousses, dévorées
avec prédilection par les gros escargots introduits Achatina sp., tendent
à disparaître.
Ce papillon est donc localisé
aux stations où existent encore des Obetia. Mâle et femelle présentent
peu de dimorphisme sexuel. Leurs ailes antérieures, de couleur brun sombre
éclairé de taches beiges, sont pointues et falquées.
Au
repos, l'adulte ressemble à une feuille morte, ce qui lui permet de se
confondre dans la végétation et d’échapper plus facilement à ses prédateurs.
Le Conservatoire botanique de Mascarin, qui élève de nombreux plants d'Obetia
ficifolia pour en assurer la sauvegarde, est devenu par voie de conséquence
un sanctuaire où Salamis augustina vient se reproduire en grand nombre
pendant l'hiver austral. Ce papillon rare est protégée par un arrêté du
22 juillet 1993.
Euploea
goudotii. Endémique de La Réunion.
Euploea goudotti est une
espèce endémique très commune à La Réunion.
L'espèce est répartie sur
toute l'île, en basse, moyenne et haute altitude.
En basse altitude, il n'est
pas rare de trouver les oeufs et les chenilles sur l'Apocynacée Nerium
oleander, le Laurier rose.