Faune île de La Réunion :
Tortue terrestre - Cylindraspis Borbonica ou Cylindraspis indica éteinte vers 1750
Tortue
terrestre - Cylindraspis borbonica ou Cylindraspis indica
Cylindraspis
borbonica ou Cylindraspis indica, tortue de la famille de
Testudinidae
était endémique de La Réunion. Les tortues de terres ont
disparu
de
l'île vers le milieu du 18e siècle.
Elles
vivaient dans la région ouest depuis le littoral jusque dans les
montagnes. Reculant
sans cesse devant les hommes, les dernières survivantes
semblent avoir
existé à l'îlet à Cordes. En dépit de son abondance
considérable,
effectif estimée au million d'individus, les derniers spécimens
s'éteignirent vers 1770, à l'exception d'une petite population isolée à Cilaos.
Celle-ci survécut jusqu'aux environs de 1840. Malgré cette
exubérance et une protection tardive par décret, aucune tortue n'a été
préservée.
Tous
les navigateurs ont été frappés par l'abondance des tortues
terrestres, à La
Réunion. Elles ont été vite massacrées par les
hommes. Chaque bateau
qui relâchait
à Saint-Paul repartait avec une cargaison de tortues terrestres.
Elles avaient
en effet le triste privilège de pouvoir rester plusieurs semaines sans
manger, ce qui était un avantage à une époque où les
voiliers
ne disposaient pas de réfrigérateurs pour conserver les victuailles.
Outre les témoignages des contemporains, nous ne disposons, pour connaître cette espèce, que de vestiges exhumés des grottes de
La Réunion depuis 1974, et surtout de ceux extraits du marécage de l'Hermitage depuis 1990.
Les scientifiques estiment que la tortue
devait mesurer au moins 1 m de long. Herbivore, son espérance de vie était d'une centaine d'années.
La récolte de nombreux os
exhumés a permis d'avoir une idée précise de la forme et des proportions de la tortue, puis la réalisation d'une
" vraie fausse tortue
naturalisée
".
Extrait.
Dubois sous le signe de la tortue.
"
Toute l'île est remplie de tortues de terre qui sont une des bonnes
mannes d'icelle. Elles ont le cou long et la tête faite comme les tortues
d'Europe : une grosse queue et quatre pieds. Elles ont deux à trois
pieds de long, un pied et demi de large ou environ et plus d'un pied
d'épaisseur.
Une de
ces tortues porte un homme facilement sur son dos, et c'est tout ce
qu'un homme peut faire que d'en porter une. La chair de cette tortue est
comme celle du bœuf et les tripes ont mêmes goût. Le foie de ces
tortues est très gros ; c'est un des plus délicats morceaux que l'on
puisse manger. Qui en aurait de même en France en ferait bonne chère
les jours maigres. Il y a à manger pour quatre personnes en un de ces
foies. A côté des flancs de ces tortues il y a des pannes que
l'on prend pour dondre, dont on fait de l'huile qui ne fige jamais.
Cette
huile est aussi bonne pour toutes choses que le bon beurre : c'est le
beurre de cette île. Ces pannes rendent ordinairement deux pots
d'huile, plus ou moins si la saison permet de trouver de ces tortues
grasses car elles ne le sont pas toujours. Cette huile est merveilleuse
pour frotter les membres affligés ; je m'en suis servi dans ma
paralysie et m'en suis bien trouvé ".
Extrait
: Récit de Carpeau du Saussay de sa vite à Mascarin, La Réunion en
1666.
La
tortue est un animal fort laid, cependant en fort bon manger, entre
autres le foie en est excellent, l’huile en est aussi admirable à
fricasser toute sorte de choses ; elle a outre cela de
merveilleuses propriétés pour les douleurs, nos chirurgiens en ont
fait souvent des épreuves très heureuses.
Extrait
: Ordonnance de Jacob de La Haye, 1er décembre 1674. La première constitution
de l'île Bourbon.
ART. 16. Que personne ne tuera ni ne prendra tortue de terre, soit pour sa nourriture ou de ses porcs, ou pour
quelqu'autre raison que ce soit, sans permission par écrit du gouverneur, de la quantité qu'il permettra, et les prendront en présence de monde.