Fêtes religieuses malbar et tamoul à La Réunion.


Fêtes religieuses malbar et tamoul à La Réunion.

Les réunionnais d'origine sud-indienne ont conservé les pratiques religieuses de leurs ancêtres. Les hindous pratiquent librement leur religion, les grandes fêtes traditionnelles sont très suivies.


La marche sur le feu :

Ce rituel d'expiation, fondé sur une marche sur des chardons ardents, attire les foules. Dans la mythologie hindoue, la marche sur le feu est un témoignage de pureté et de vérité. A travers ce défi, le pénitent assouvit un engagement personnel et honore les dieux.


Pongol :

Pongol est l'un des points culminants de la vie religieuse hindouiste réunionnaise. C'est une fête populaire. Le mot dérive du Tamoul pongal qui signifie ébullition. On parle encore de congé Pongol en référence aux deux ou trois jours de liberté que les propriétaires des usines sucrières laissaient à leurs engagés indiens à la fin de la campagne sucrière. C'est depuis 1973 que la date de Pongol a été fixé au 14 janvier, comme en Inde. La fête a pris localement une dimension religieuse et culturelle. Elle se déroule principalement dans les temples où ont lieu des cérémonies et où sont interprétés des spectacles de récits mythologiques.


Durga Puja :

Durga Puja est une fête célébrée au temple et en famille. Les femmes y jouent le premier rôle. Durga, c'est l'une des formes les plus terribles de la déesse mère Maha Dévi, la déesse d'or, première shakti de Siva. Les textes sacrés de son culte font le récit de ses combats contres les démons les plus redoutables. La déesse Durga est montrée avec un collier de serpents autour du cou. Sa monture un tigre. Elle peut avoir jusqu'à dix bras tenant chacun une des armes mythiques des dieux. En Inde la fête de Durga Puja donne lieu dans les temples à d'immenses rassemblements durant lesquels les femmes font vœu de fertilité.


Cavadee :

Le cavadee pour Mourouga. Impressionnantes processions de pénitents se plantant des aiguilles et des crochets d'argent dans le corps et la langue, les cavadee pour le dieu Mourouga ont lieu à différentes époques de l'année selon les koylou (temple). Il a lieu à la dernière pleine lune d'avril et de mai à Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Benoit, à la dernière pleine lune de janvier à Saint-André et Saint-Louis. Il s'agit d'un rituel fondé sur une épreuve personnelle aboutissant à une victoire sur soi-même. Le rituel consiste en une démarche de purification du corps et de l'esprit qui débute par un carême et culmine par un défilé des pénitents.


Le jour de l'An tamoul, Tamij varoucha pirappou :

Le premier jour de l'année correspond au 14 avril du calendrier chrétien. Le temps du monde physique compte quatre ères appelées yugam ou yougan. Kreta-yugam ou l'âge d'or, qui voit l'apparition de l'homme sur la terre, a duré 1 728 000 années. Tréta-yugam ou l'âge d'argent, pendant lequel l'homme voit éclore son intelligence, a duré 1 296 000 années. Douvapara-yugam, l'âge de cuivre, période d'apprentissage des premières techniques, a duré 864 000 ans. Nous vivons dans le quatrième âge, Kali-yugam, qui est l'ère du rayonnement de l'homme et s'étale sur 432 000 ans. Le jour de l'An tamoul marque une période de renouveau de la nature. Chacun célèbre d'abord le nouvel an chez lui avant de se rendre au temple pour prier et écouter les prévisions annuelles du prêtes, extraites du Pandjagom (le calendrier tamoul). Le jour de l'An tamoul donne lieu dans l'île à de nombreuses festivités publiques, auxquelles tous les Réunionnais sont invités à participer. L'année Tamoule est basée sur un système astral, c'est exactement au nomment précis où Souryen, le soleil entre dans le signe du Médam, bélier que commence l'année nouvelle.


Nargoulan :

Une main tendue vers le ciel à l'extrémité d'un mât : c'est le symbole de Nargoulan, appelé aussi Bondié laskar. Nargouland est la divinité de l'hindouisme des plantations de canne à sucre à La Réunion. On peut le considérer comme un dieu local. Le mât de Nargoulan est présent dans la plupart des temples malbar, les temples créés par les descendants des engagés indiens travaillant sur les exploitations sucrières. L'originalité de cette représentation est qu'elle est le produit d'une rencontre entre islam et hindouisme. La main ouverte est en effet en premier un symbole musulman. Elle signifie les cinq piliers de l'islam : kalmas, la déclaration solennelle de la foi en Allah, swalaat, la prière, saumi, le jeûne, zakaat, la charité, hadj , le pèlerinage à La Mecque. Le culte de Nargoulan est important à La Réunion. Lors des cérémonies, il reçoit des offrandes juste après Ganesh. C'est un symbole protecteur dont l'origine reste mal connue. Son culte est sous-entendu par la tradition orale. Il viendrait d'immigrants indiens, persuadés que le navire qui les transportait jusqu'à La Réunion depuis l'Inde allait sombrer dans une violente tempête. Ils attribuèrent leur sauvetage aux prières d'un musulman, Laskar, qui les accompagnait. Ils intégrèrent le symbole de la main d'Allah à leur panthéon en lui donnant une place privilégiée, qui ne s'est jamais démentie depuis.


Petiay, Kartéli, le rite de la poule noire :

Mystérieux, familial, à la frontière du religieux et de la magie, le rituel de la déesse Petiay est principalement destiné à protéger les enfants des maladies et du mauvais sort. Les mamans jouent un rôle fondamental dans son invocation pratiquée une fois par an, généralement le jour de la fête des mères. Ce sont elles qui lui offrent ce jour-là une poule noire et un gâteau de riz sucré. Ce rite, hérité de l'Inde du Sud, s'appuie sur un épisode mythologique mettant en scène une forme de Parvâti. Se promenant en forêt, celle-ci fut moquée et insultée par des paysans. Pour les punir, elle jeta sa malédiction sur eux et leurs descendances. D'où la nécessité d'une offrande annuelle pour apaiser sa colère. Tout manquement est réputé entraîner des conséquences graves pour les enfants. Petiay reçoit également des oeufs de poule, en nombre toujours impair et un gâteau lui est préparé. Les représentation de Petiay révèlent une femme vêtue de noir, tenant en enfant.


Fête kali ou karly :

Kali la noire est une déesse destructive de démons. Le corps noir, les mains griffues, son aspect est effrayant. Pour elle, on sacrifie coqs et cabris.


Dipavali, fête de la Lumière :

Fêtée en famille, Dipavali fête de la Lumière, a pris une dimension publique à La réunion à partir de 1990, à l'initiative d'associations culturelles soucieuses de mieux affirmer l'identité tamoule dans la société réunionnaise. D'abord à Saint-Paul, puis dans toutes les principales agglomération, Saint-André, Saint-Leu, Saint-Pierre etc. Dipavali est l'occasion de défilés nocturnes à la bougie réunissant adultes et enfants vêtus de costumes indiens traditionnels. La fête s'accompagne de nombreuses animations, spectacles de danse, conférences, etc. destinées à faire connaître et promouvoir les traditions culturelles de l'Inde. Dipavali est célébré la nuit la plus sombre de l'année, dans la quatorzième phase de la lune descendante au mois d'Ashvina du calendrier hindouiste.



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