Le
plus célèbre de ces chasseurs de marrons fut François Mussard, qui parcoura,
infatigable, de long en large l’île pour y exterminer les esclaves en
fuite et ramener pour preuve à ses commanditaires la main droite de chaque
esclave tué. Toutefois, il est à noter que ses premières expéditions furent
à sa seule initiative.
Dès 1744,
il commencera réellement à être payé pour le faire et organisera avec
plusieurs hommes dont il sera le chef des expéditions punitives.
Entre 1744 et 1753,
soit en une dizaine d’années, il réussit le funèbre exploit de vider les
cirques de tous les camps marrons. Ceux-ci ne peuvent plus s’organiser
en grand campement, et sont réduits à des installations provisoires. La
Compagnie des Indes le récompensa en 1754
d’un magnifique fusil ainsi que de deux pistolets à la crosse en argent.
Le marronnage à Bourbon
: Sur le site : Marronnage
et esclavage à l'île de La Réunion.
- 1719
une amnistie est promise aux marrons qui se rendent.
- 1725
le Conseil Supérieur de Bourbon ordonne de tuer les Noirs qui refuseront
de se rendre.
- 1726
ce même Conseil promet 30 livres pour tout esclave mort ou vif.
- 1729
un règlement est élaboré pour les détachements luttant contre les marrons
: détachements conduits par des chasseurs professionnels et qui aboutiront
à la réduction quasi totale des marrons. A la tête de ces détachements
nous avons de grands chasseurs comme Caron, Mussard, Dugain.
Rechercher les camps de fuyards
existe de nombreux jours de marche puis une approche silencieuse. Les
chasseurs sont censés crier trois fois d’arrêter aux fugitifs. Mais à
cause des armes trop longues à recharger, ils sont le plus souvent abattus
froidement. Les châtiments réservés aux esclaves sont d’une rare barbarie
: oreilles coupées, fleur de lys, le fouet, le jarret coupé et, pour les
grands marrons, la mort par pendaison. On comprend alors que certains
marrons ont préféré se suicider en se jetant dans les précipices. Lorsque
l’esclave est tué, sa main droite ou sa tête sont coupées et servent de
preuve. Elles sont ensuite clouées à la vue de tous afin de servir d’exemple.
François Mussard, infatigable
chasseur, a laissé son nom à bien des endroits de l’île. Il décède à Saint-Paul
à l'âge de 65 ans, le 25 août 1784.
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