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Le
gouverneur de La Réunion Philippe
Émile Jullien, intervient dans le déroulement de la campagne, en effet
il fait savoir clairement qu’il souhaite l’élection de Lucien Gasparin
et de Georges Boussenot, candidats du ministre, comme il se plaît à les
qualifier dans une lettre envoyée à plusieurs maires.
Le 17 mars 1910, le gouverneur
Jullien dissout le conseil municipal de la Plaine-des-Palmistes, à la
suite d’un long conflit entre ce dernier et l’administration. Il faut
donc le 10 avril procéder à de nouvelles élections municipales qui donneront
lieu à des fraudes manifestes. Certains électeurs de la Plaine-des-Palmistes
protestent et organisent une manifestation contre ces tricheries. Le procureur
de la République, Allard, dévoué au gouverneur, fait arrêter quatorze
habitants, dont un huissier, M. Constant. Ils seront jugés, le 12 avril,
au palais de justice de Saint-Denis. Le 12 avril 1910 beaucoup de gens
se retrouvent à la gare pour attendre l’arrivée du train dans lequel se
trouvent les inculpés. Une manifestation est organisée par M. Lecocq du
Tertre, maire de Saint-Denis et par de nombreux conseillers municipaux
; les employés de la mairie avaient même reçu congé à cet effet. A l’arrivée
du train, la foule composée de cinq cents individus environ se mit à manifester
bruyamment, M. Lecocq se tournant vers la foule s’écria : " Et maintenant,
mes amis, allons protester auprès du chef de la colonie et exiger de lui
la mise en liberté immédiate de Constant ". Dans un rapport qu’il adresse
au ministre des Colonies, le gouverneur Jullien donne sa version des événements
et fait état du traitement que la foule lui a infligé : " ...au milieu
des cris, de la bousculade grandissante et sous l’œil indifférent sinon
approbateur de M. le Maire, j’ai tenu tête à l’orage pendant trois quarts
d’heure environ, nu-tête sous le soleil, des poings brandis vers mon visage.
"Enfin il advint ce qui devait arriver... Violemment entraîné dans les
marches, succombant à la fatigue, à moitié dévêtu, je me suis arraché,
sans savoir comment, aux mains de ceux qui me tenaient et je me suis retrouvé
au haut de l’escalier pour voir M. Dubarry luttant contre cinq ou six
individus qui criaient " A mort " et l’ont grièvement contusionné... "
La sanction tombe le lendemain,
le Conseil municipal de Saint-Denis est dissout. Il n’y aura donc pas
de conseil municipal pour les élections législatives et Saint-Denis sera
administrée jusqu’à cette date par une commission administrative.
Le 24 avril 1910 arrive "
Jamais de mémoire d’homme, on n’aura vu de pareilles élections ", écrit
la presse dès le lendemain. Plusieurs incidents sont venus émailler le
déroulement du scrutin. Élection de Gasparin, dans la première circonscription.
Dans la seconde, Archambaud, candidat de l’opposition, est reconduit à
son siège.
Le scandale des élections
va dépasser les rivages de la colonie et sera porté à Paris. Les conséquences
sont immédiates : le secrétaire général du gouvernement, Albert Antoine
Baptiste Dubarry et le gouverneur Philippe Émile Jullien sont mis en disponibilité
et quittent La Réunion le 2 juillet 1910, par le Natal. élections
législatives de 1910 à La Réunion.
Après cet échec
Georges Boussenot reprend son activité de journaliste politique,
en 1914, Georges Boussenot est directeur du journal, La Presse Coloniale,
fondé en 1906, par son ami réunionnais Paul
Vivien.
26 avril 1914, élections
législatives à La Réunion. Georges Boussenot se présente dans la deuxième
circonscription de La Réunion face à Le Coat de Kerveguen, dans
la première circonscription s'affrontent
Lucien Gasparin, du Parti radical socialiste, maire de Saint-Denis,
qui brigue un nouveau mandat de député, et Charles Brunet Millon. Boussenot
et Gasparin candidats officiels bénéficies de l'appui explicite de l'administration,
elle cautionne les pires méthodes employées par eux pour être victorieux.
La campagne électorale se déroule dans un climat malsain de violence,
14 morts et 300 blessés. Les gens sont terrorisés et personne ne se déplace
pour aller voter, mais le gouverneur Pierre
Louis Alfred Duprat lâche ce mot, resté célèbre : " Messieurs
Boussenot et Gasparin n'ont pas besoin d'électeurs pour être élus ".
Les deux candidats du Parti radical socialiste sont élus. Georges Boussenot
est élu député de la Réunion, au premier tour
de scrutin, par 13.111 voix contre 5.286 à M. de Kervéguen.
Il s'inscrit au groupe radical-socialiste et entreà la Commission
de la marine, à celle des affaires extérieures des protectorats
et des colonies, et à celle du ravitaillement. Il prend la parole
sur les sujets les plus divers et notamment sur : le fonds national de
chômage, l'introduction en France de bétail étranger
sur pied, l'appel sous les drapeaux de la classe 1917 (1915); les réquisitions
de bâtiments prélevés sur la marine de commerce, se
préoccupant tout spécialement du sort des militaires originaires
des colonies. élections
législatives de 1914 à La Réunion
Juste élu député
de La Réunion, Georges Boussenot est mobilisé dès
le mois d'août 1914 comme médecin-capitaine, il est affecté
à une ambulance du 2e corps d'armée colonial, engagé
dans la bataille de Champagne, il suit son unité en Belgique et
fait retraite sur la Marne. Se dépensant sans compter, il procéde
à l'évacuation de nombreux blessés après leur
avoir prodigué les premiers soins. Sa brillante conduite lui vaut
la Croix de guerre et une élogieuse citation à l'ordre de
l'armée.
Il est rappelé à
Paris en janvier 1915 pour accomplir son mandat de député
de La Réunion, il n'abandonne pas pour autant son ambulance du
2e corps d'armée colonial, y effectuant de nombreux séjours,
notamment à Hans-le-Château, près de Sainte-Menehould.
1916, georges Boussenot publie
un ouvrage : La France d'outre-mer participe à la guerre.
6 avril 1918, il est nommé
commissaire chargé de l'application des lois sur la mobilisation,
l'affectation et l'emploi des effectifs dans la marine,
30 novembre 1919, Georges
Boussenot se représente pour la députation avec Lucien Gasparin toujours
sous la bannière radical-socialiste, le mode de scrutin adopté est celui
de liste départementale. Chacun des candidats retrouve son siège, ils
obtiennent 26 863 voix, le nombre des électeurs est de 27 546. il appartient
à la Commission de l'Algérie, des colonies et des protectorats,
dont il devient le vice-président, à celle de la marine
militaire et à celle de la marine marchande. Son activité
est intense, il intervient dans la défense maritime des colonies,
leurs liaisons maritimes avec la France, les chemins de fer coloniaux,
les ports, les chemins de fer et le port de la Réunion, les points
d'appui de la flotte, les pensions civiles et militaires.
1921, Georges Boussenot prend
l'initiative d'une proposition de loi tendant à conférer
à titre posthume, la dignité de maréchal de France
au général Gallieni.
1924, pour la quatrième fois
Boussenot se représente, pour la treizième législature deux listes se
trouvent en présence. Le tandem Gasparin, Boussenot et celle de Palant,
Archambaud.
Le mode de scrutin de liste est toujours en vigueur. En pleine campagne,
Auguste Brunet pose sa candidature à la députation, cette candidature
fait éclater le tandem Gasparin, Boussenot. Boussenot fait alliance avec
le docteur Paul Isautier pour une liste démocratique et sociale de tous
les Français. Gasparin et Brunet composent une liste d’union républicaine
démocratique et de solidarité créole. Le duo Palant, Archambaud se retire.
Se retrouve donc en présence,
une liste de deux hommes du sol réunionnais, Gasparin et Brunet, et une
liste dont le leader est le métropolitain Georges Boussenot. Un contentieux
entre créoles et métropolitains se retrouve donc sur la scène politique,
Boussenot qui, dans son journal traite certains de ses adversaires politiques
" d'hommes de couleur ", le Progrès répond par ce slogan: "
la peau, c'est notre drapeau ! ".
Georges Boussenot est accusé
d'être anticréole, parce qu'il cumule les fonctions de député
de La Réunion et de représentant de la côte ouest
de Madagascar, fonctions jugées à juste titre incompatibles,
les intérêts des deux îles étant parfois opposés.
Mais Boussenot doit faire face à une autre accusation d'anticréolisme
qui va prendre des proportions gigantesques dans l'opinion publique réunionnaise.
Connu sous le nom d'affaire Ollivier, cet événement fait
basculer la campagne électorale.
L'affaire Ollivier : la mise
en retraite anticipée du gouverneur général de Madagascar
Garbit laisse supposer que le poste va revenir au gouverneur par intérim,
le Réunionnais Auguste Brunet. Or le ministre Albert Sarraut nomme
Ollivier, filleul de Gaston Doumergue, président en exercice au
sénat. L'affaire fait grand bruit et l'opinion réunionnaise
crie au scandale car Auguste Brunet étant plus gradé qu'Ollivier,
première classe contre deuxième classe, le poste aurait
dû normalement lui être attribué. L'opinion réunionnaise
insinue que c'est parce qu'il n'est pas créole que Georges Boussenot
n'a pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher
le passe-droit.
Malgré l'appui de l'administration,
mais avec le soutien actif de la plupart des municipalités de l'île ,
la liste Brunet-Gasparin l'emporte. Georpes Boussenot perd son mandat
de député de La Réunion. Les
élections législatives de 1924 à La Réunion.
Il est mobilisé en
1939, comme médecin lieutenant-colonel, et désigné
pour diriger les formations hospitalières militaires de Blois.
Radié des cadres après avoir atteint la limite d'âge
des officiers de son grade, il rentre à Paris, pour être
nommé en 1940 par M. Georges Mandel, alors Ministre des Colonies,
membre du comité permanent du conseil économique et social.
Georges Boussenot poursuit
ensuite sa carrière dans d'autres colonies, notamment à Madagascar et
aux Comores. Il est Délégué de Madagascar au Conseil supérieur des colonies
jusqu'en 1945.
Il se présente à Madagascar
aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante. Elu au
second tour, le 18 novembre 1945, dans la deuxième circonscription au
titre du Collège des citoyens, il s'inscrit au groupe radical-socialiste.
Membre de la Commission des territoires d'outremer, il consacre l'essentiel
de son activité parlementaire à ce domaine. Auteur d'une proposition de
loi tendant à modifier le régime des municipalités à Madagascar, il prend
part à la discussion du projet de Constitution et intervient dans les
débats relatifs aux assemblées locales d'outremer et de Madagascar.
Il vote les nationalisations
de l'électricité et du gaz le 28 mars 1946 et des sociétés d'assurance
le 24 avril. Enfin le 19 avril 1946, il vote contre le projet de Constitution
qui sera rejeté par le référendum du 5 mai 1946.
Georges Boussenot ne se représente
pas aux élections du 2 juin 1946, mais est élu Conseiller de l'Union française
par les Comores, le 12 octobre 1947. Siégeant au début de son mandat,
aux Commissions des affaires politiques et administratives de 1949 à 1951,
des affaires économiques de 1949 à 1951, d'instruction en 1949, Georges
Boussenot dépose et rapporte de nombreuses propositions relatives à l'Union
française, à Madagascar et aux Comores et intervient fréquemment en séance.
Ayant réduit son activité
depuis 1952, il ne sollicite pas le renouvellement de son mandat quand,
fin 1953, celui-ci arrive à expiration. Il se retire alors à Nice.
Georges Boussenot Décède
le 9 mai 1974 à Nice.
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