Le
géranium rosat est une plante à parfum, Originaire
d'Afrique du Sud, le
géranium fut introduit à La Réunion
vers
1870. A cette époque les habitants prennent
peu à peu
conscience
de l'opportunité de la culture de cette plante
dans
le développement de l'île.
Les
premiers essais de distillation réalisés en 1872
à
La
Plaine des Palmistes sont encourageants.
Boisjoly Potier est considéré comme le
précurseur de la culture du géranium à La Réunion : il est le
premier à le cultiver
et le distiller à grande échelle à la
Plaine des Cafres, faisant alors la richesse du Tampon. Dès 1887,
suivant son
exemple, les planteurs mettent en
application de nouveaux procédés d'exploitation, ce qui accélère la
mise en place
d'une canalisation, le géranium etant un
gros consommateur d'eau.
Les conséquences de ces aménagements sont
profondes : destruction de la forêt, usure des sols, habitude d'une
culture
de routine et moindre effort. Mais le
géranium rosat permet malgré tout aux petits blancs de l'époque de
retrouver travail
et santé, contribue à la résolution de
la crise sucrière et façonne un genre de vie et un paysage particulier :
celui des
hauts.
C'est surtout dans les hauts de l'Ouest, et
plus précisément à la Petite France, que la culture du géranium prit
une grande importance, ce qui lui valut d'être considérée comme la
capitale du géranium.
Dans les années 60, tout le monde sur le
Maïdo possédait des plants de géranium et amenait la récolte dans une
grande distillerie, sorte de coopérative appartenant aux sucrerie de
Bourbon. Parallèlement, tous les petits colons avaient aussi leur propre
alambic et faisaient eux-mêmes leur cuite.
Le géranium
rosat est une plante aromatique aux longues feuilles vertes aux
nervures rougeâtres, pétiolées, divisées à 3 lobes, très découpées,
échancrées, duveteuses et poilues.
Ses feuilles
froissées exhalent un fort parfum de rose, restant aux doigts.
Les bourgeons
sont rougeâtres.
Les fleurs
petites blanches et pourprées, ont 5 pétales, dont 2 différents, striés
de rouge.
Dans les années 1900 de nombreux alambic sont installés. Ils
sont généralement situés au milieu des champs, non loin d'une ravine
pour l'eau.
Toutes
les parties verdoyantes de la plante et en particulier les feuilles sont
distillées.
Avant la
floraison , les feuilles et les tiges sont cueillies, foulées et cuites
dans la cuve, appelée marmite ou chaudron.
Le couvercle en forme d'entonnoir est
alors vissé sur la cuve d'où sort le tuyau menant les vapeurs au
serpentin de cuivre disposé pour la réfrigération dans l'alambic.
C'est
cette vapeur qui va véhiculer l'huile contenue dans le géranium. En
effet, cette chaleur soudaine provoque l'extraction de l'huile contenue
dans les tiges et les feuilles. La vapeur revenue à l'état liquide, il
sera alors facile par décantation de séparer l'huile de l'eau.
400kg
de feuilles et tiges vont donner un demi litre ou un litre d'huile.
La
production du géranium "Rosat" prospère jadis, ne cesse de
diminuer. la qualité de l'huile produite à la Réunion dépasse
de loin tout ce qui se produit dans le monde. L'huile essentielle de
géranium Rosat est recherchée et appréciée par les plus grands
parfumeurs : Fabergé, Chanel, Hermès ou encore Yves Saint-Laurent.
Utilisation
en aromathérapie, où le géranium Rosat est indiqué pour régler les
problèmes de nervosité, de stress, ou de peau.