Pierre
Guillaume Léonard Sarrazin de Bellecombe est né le 22 février
1728
au lieu-dit de Bellecombe, paroisse de Pernilhe-en-Agnenais, fils de Pierre
Léonard, marchand protestant et d'Anne de Marabal, il a cinq frères et
sœurs.
Il épouse en 1776
à Bordeaux Angélique de Gallaup, fille de Louis et de Marguerite Baratet,
dont il n'a pas eu d'enfants.
Guillaume Léonard de Bellecombe
s’engage en 1748
dans le régiment de Royal-Roussillon en tant que volontaire.
Il accède rapidement au grade
de caporal le 19 mars 1748, au grade de lieutenant, le 31 juillet suivant,
aide-major le 30 mars 1755
et capitaine le 1 er septembre suivant.
En 1756
son régiment accompagne Louis-Joseph de Montcalm en Nouvelle-France.
Le 13 septembre 1759,
Bellecombe est blessé et fait prisonnier lors de la bataille des Plaines
d’Abraham à Québec. Bataille qui se déroule durant la guerre de
Sept Ans, et qui oppose les Français défendant la ville
assiégée à l’armée britannique attaquante
et qui se solde par la victoire de cette dernière et la mort des
deux généraux commandant la bataille, le Français
Louis-Joseph de Montcalm et l'Anglais James Wolfe. Elle marque le début
de la conquête britannique et la fin du régime français
en Nouvelle-France.
Une fois rétabli, il est
impliqué dans les tractations des belligérants en vu d’effectuer un échange
de prisonniers. Il est finalement expulsé du Canada en mai 1760
et peut rendre compte à Versailles de l’état de la colonie.
Nommé chevalier de l’ordre
de Saint-Louis en 1760, Bellecombe accède au grade de lieutenant-colonel
l’année suivante.
Pendant l’été 1762,
il est envoyé à Terre-Neuve pour combattre les Britanniques, sous les
ordres de Joseph-Louis de Cléron, comte d'Haussonville et de Charles-Henri-Louis
d'Arsac, chevalier de Ternay. Le Chevalier de Ternay devint le 16 août
1771
gouverneur général de l'île de France et Bourbon.
Blessé lors des combats de
la bataille de Signal Hill, il est rapatrié en France avec le reste du
corps expéditionnaire.
Guillaume Léonard de Bellecombe
accède alors au grade de colonel en 1763.
Colonel depuis peu, il est
envoyé en Martinique en qualité d'aide-major général.
Rappelé en France en 1765,
il est chargé quelques mois plus tard, le 30 octobre 1766 de reprendre
possession de l'île Bourbon au nom du roi Louis XV.
Le 23 septembre 1767,
Léonard de Bellecombe arrive au Port-Louis, Isle de France, à bord de
l'Outarde, le 1 er novembre 1767 il est à Bourbon.
C'est l'ordonnance royale
du 27 septembre 1766,
enregistrée à Saint-Denis le 13 novembre suivant, qui organise la nouvelle
administration aux Isles de France et de Bourbon. Les deux îles sont désormais
dirigées par un gouverneur général assisté d'un intendant général qui
siègent à l'Isle de France et dont la tutelle sur Bourbon est maintenue.
A Bourbon l'administrateur principal prend le titre de commandant particulier
et son second de commissaire ordonnateur.
Léonard de Bellecombe et
Honoré
de Crémont, son second, inaugurent donc une administration nouvelle
dans une colonie moribonde.
Léonard de Bellecombe et
de Crémont vont sillonner l'île, recherchant le contact direct avec la
population. Cette démarche totalement inédite est très appréciée de la
population et permet aux administrateurs de bien prendre la mesure de
sa condition de vie et de l'état de totale désorganisation de la colonie.
Tout y est à faire, il n'y a point d'hôpital, point de casernes, point
de marines, point de fortification, que quelques mauvaises batteries abandonnées.
Tous les magasins à refaire ou à réparer.
Au cours de l' expédition
de 1768
visant à reconnaître le volcan, le gouverneur Léonard de Bellecombe, accompagné
de l'ordonnateur Honoré de Crénom, de M. Monfleury de Joseph Hubert, de
son frère, et des esclaves se retrouvèrent bloqués précisément sur ce
rempart où est établi aujourd'hui le point de vue. Exténué de fatigue,
et ne trouvant de chemin pour accéder à l'enclos situé 400 mètres plus
bas, le gouverneur fit demi tour. M. Crémon, plus pugnace, continua et
promit six pièces de toile bleue aux noirs qui trouveraient un passage
dans le Rempart. Après bien des recherches, un esclave trouva un passage.
Et bien que le gouverneur ne fut pas présent pour la suite de l' expédition,
on lui légua son nom, le Pas de bellecombe.
1768, Jacques-Henri Bernardin
de Saint-Pierre arrive dans les Mascareignes, cet écrivain et botaniste
né le 19 janvier 1737,
reste dans à l'Isle de France et à Bourbon pendant 3 ans. En 1773
il publie le récit de son " Voyage à l’Île de France, à l’Île
Bourbon, au cap de Bonne-Espérance "Les traitements odieux infligés
aux esclaves sont dénoncés par Bernardin de Saint-Pierre :
" Au point du jour trois
coups de fouet sont le signal qui les appelle à l'ouvrage. Chacun se rend
avec sa pioche dans les plantations où ils travaillent presque nus, à
l'ardeur du soleil. On leur donne pour nourriture du maïs broyé cuit à
l'eau, ou des pains de manioc ; pour habit, un morceau de toile. A la
moindre négligence, on les attache par les pieds et par les mains, sur
une échelle ; le commandeur, armé d'un fouet de poste, leur donne sur
leur derrière nu cinquante, cent, et jusqu'à deux cents coups. Chaque
coup enlève une portion de la peau. Ensuite on détache le misérable tout
sanglant ; on lui met au cou un collier de fer à trois pointes, et on
le ramène au travail. "
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