Henry Habert de Vauboulon Gouverneur. Personnage célèbre de l'île de La Réunion 974

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Henry Habert de Vauboulon.

Gouverneur de La Réunion du 11 décembre 1689 au 26 novembre 1690.

 

Gouverneur précédent :: Jean-Baptiste Drouillard :: Gouverneur suivant :: Michel Firelin

 
     
 

Henry Habert de Vauboulon.

Après une longue période d'indifférence et d'oubli, la France se souviens de Bourbon.

Par Ordre du Roi, Henry Habert de Vauboulon est nommé gouverneur et grand juge à Bourbon.

Le 5 mai 1689, Habert de Vauboulon embarque sur le Saint-Jean Baptiste, il arrive dans l'île le lundi 5 décembre 1689, accompagné de 12 hommes dont un capucin le Père Hyacinthe de Kerguelen, de Quimper, un garde-magasins de la Compagnie, Michel Firelin, 22 ans, des passagers parmi lesquels Elie Le Breton, 19 ans, de Locminé (Morbihan), Pierre Gonneau 25 ans serrurier, de Nevers et Augustin Panon.

Vauboulon amène aussi avec lui des denrées et des outils réclamés précédemment par la population.

Il est solennellement installé le dimanche 11 décembre 1689 comme gouverneur pour sa Majesté et juge en dernier ressort et en toutes matières, de l'isle Bourbon.

Le nouveau gouverneur porte aussi des instructions très précises du Roi :

- assurer l'instruction religieuse de la population, assurer la sécurité des habitants contre, l'ennemi intérieur, les marrons, et l'ennemi extérieur, les forbans, stimuler le commerce, assurer un recensement périodique et inciter les colons, à faire la culture des fruits et denrées dont le débit leur sera le plus avantageux.

De Vauboulon est bien accueilli par la population, rassurée que le roi s’occupe encore de sa lointaine colonie. Aux habitants assemblés, il apporte la réponse du Roi à la pétition de 1678. Son premier acte politique est une amnistie et pardon générale de tous ceux qui avaient pu être responsables de la fuite de Drouillard.

 

Galion de la Compagnie des Indes

Carte de Bourbon au XVIII siècle.

 

 
 

Il procède ensuite aux premières nominations de la nouvelle administration.

Le 24 décembre 1689, Michel Firelin devient procureur du Roi, lettre de nomination écrite par le gouverneur :

Henry Habert Chevalier Seigneur de Vauboulon, Conseiller du Roy en ses Conseils Gouverneur pour Sa Majesté, et Juge en dernier ressort en toutes matières de l'Ile Bourbon, à tous présents et à venir. Nous par le pouvoir que le Roi nous a mis entre les mains de pourvoir qui bon nous semblera de la charge de Procureur du Roy dans cette Ile. Etant pleinement informés des bonnes vies et moeurs, de la religion Catholique Apostolique et Romaine, de la capacité, et fidélité du Sieur Firelin, l'avons commis et commettons pour le temps qu'il nous plaira, pour faire la fonction de la dite charge de Procureur du Roi, suivant les us et coutumes du Royaume de France, et jouir des honneurs, prérogatives, revenus et émoluments appartenant à la dite charge. Donné à St Denis Ile de Bourbon, le vingt quatrième décembre 1689.

Jean-Baptiste Bidon devient greffier du tribunal. Le judiciaire voit le jour pour la première fois dans l'île.

Gilbert-Joseph de Blot de Chauvigny devient secrétaire du gouverneur.

Très vite la personnalité d'Henry Habert de Vauboulon se montre aux habitants de Bourbon, ils considère la population comme ses sujets, il est cupide, autoritaire et libidineux, il est venu aux îles pour faire fortune.. Sa première ordonnance interdit aux habitants de l’île "sur peine de la vie" de s’absenter de leur demeure ordinaire plus de quinze jours sans une permission écrite, de " tuer tous les chiens pour n'en conserver que deux mâles par habitant et cinq femelles pour toute l'île, dont deux à Saint-Paul, et une par quartier pour Saint-Denis, Sainte-Suzanne et Sainte-Marie ".

Pour limiter les mouvements des Noirs, Vauboulon aura recours à l'ordonnance du 18 décembre 1689. Les Noirs, ne pourront s’absenter plus d’un jour sans permission de leur maître ou encourent le fouet et le marquage à la fleur de lys puis la pendaison en cas de récidive.

Il régularise l'attribution des terres aux colons en prélevant au passage sa dîme. Tous les textes sont unanimes : avant de Vauboulon, aucun acte n’avait été signé ; il s’agissait surtout d’occupation de fait.

Quatorze pièces sont à ce jour conservées aux Archives départementales de la Réunion.

La première concession date du 16 janvier 1690, à Pierre Hibon. Sur les actes, de Vauboulon précise les redevances en nature pour le paiement de cette concession. Selon Jules Hermann, grand admirateur du gouverneur, il ne s’agissait là "que de contraindre les habitants à l’élevage et à la culture, pour les habituer à ne plus compter sur la nature seule." En fait, il semble bien que le gouverneur ait entrepris, par le biais de ces concessions, de se constituer une fortune personnelle. Ceux qui refusaient de payer étaient promptement jetés au cachot, jusqu’à ce que l’amende soit payée. Il semble également que pendant la détention, il n’était pas rare de voir le gouverneur importuner les femmes de ses victimes.

Le 31 décembre 1689, un violent cyclone s’abat sur l’île. Le Saint-Jean Baptiste est brisé sur le rivage de Saint-Paul. Le capitaine Duboys-Dessablons incrimine directement le gouverneur qui l'aurait empêché de mettre le vaisseau à l'abri. " Monsieur de Vauboulon est la seule cause de ma perte " écrit-il le 19 février 1691. les cadavres charriés par la mer le 1er janvier 1690 constituent un mauvais augure pour les habitants.

9 janvier 1690, le nouveau gouverneur de Bourbon Henry Habert de Vauboulon fait paraître une ordonnance se référant à un accord établi le 15 mars 1687 entre le curé Camenhen et les habitants. Cet accord prévoyait le versement d'une taxe au clergé par les paroissiens : dorénavant, elle allait être collectée par les services de l'État avant d'être reversée. Cette ordonnance, prise dans un souci de centraliser l'administration sera très mal vécue par le père Hyacinthe. Pour l'instant, il reste encore silencieux, mais est à l'écoute de ses paroissiens qui commencent à maugréer.

16 janvier 1690 à Saint-Denis et à Sainte-Suzanne le 20 janvier 1690, sont affichées les ordonnances réglementant la chasse, le massacre du gibier de l'île atteignant des proportions inquiétantes. Une réserve interdite à la chasse est donc instituée à la "Possession" du Roy. Les habitants, "pour réparer le tort qu'ils se sont fait à eux-mêmes", sont autorisés à chasser "une fois la semaine, à la viande ou à la tortue de mer." Les habitants ne pouvaient avoir que deux chiens, et seules cinq chiennes "connues les meilleures" avaient droit de vie dans toute l'île; les autres chiens devaient être tués. Des mesures extrêmement impopulaires, que les ennemis du gouverneur sauront utiliser le jour venu.

Par ordonnance du 27 mars 1690, il exige : Nous, désirant en ce, comme en toute autre chose, obéir aux ordres que nous avons reçu du Roi, et tenir la main a ce que les habitants s'acquittent envers leurs enfants du devoir que la nature et l'honneur exigent d'eux, leur enjoignons, dans six semaines pour tout délai, de prendre des mesures pour l'exécution du contenu de ladite affiche de s'adresser au Père Hyacinthe pour faire instruire leurs enfants de nos principaux mystères et de l'usage des sacrements et de prendre le temps et la méthode qu'il voudra donner pour cet effet, à peine de trente livres d'amende contre les contrevenants ; et afin que la jeunesse se porte d'elle même à apprendre ce qui est nécessaire au salut à ladite jeunesse de l'un et l'autre sexe que nous empêcherons de tout notre pouvoir qu'on ne leur administre le sacrement de mariage qu'auparavant ils ne répondent, pendant huit jours, sur les points principaux de notre foi et que les garçons n'aient appris un métier ou à lire et à écrire et que les filles pareillement ne sachent le devoir chrétien, lire et écrire, travailler et faire ce qui est nécessaire dans leur ménage ".

La révolte gronde. Les accusations gonflent. Le père Hyacinthe l'accuse d'être " un esprit brouillon, malfaisant, maling, fourbe, capricieux, menteur, qu'il se ressentait plus d'un cuistre que d'un homme d'honneur, malhonnête en tout...".

Les choses en sont là lorsque accoste, le 24 juin 1690, le navire Les Jeux de retour de Surate. À peine débarqué, le capitaine Houssaye doit entendre les plaintes des habitants. Aux dires de certains, celui qui représentait l’espoir de tout un peuple est en réalité le diable en personne, cupide et libidineux.

La Houssaye reçoit à bord de son navire la visite de plusieurs habitants qui viennent se plaindre de leur gouverneur : le secrétaire personnel de Vauboulon, M. Gilbert de Blot, sieur de Chauvigny ; le garde-magasin, Michel Firelin ; le nouveau curé de l’île, le père Hyacinthe ; le colon Gilles Dugain, et bien d’autres personnes, dont son collègue commandant au long cours Guillaume Dubois des Sablons, qui l’informe sur les conditions dramatiques de la perte du Saint Jean-Baptiste, broyé au cours du cyclone du 31 décembre 1689 dans la baie de Saint-Paul.

La Houssaye est consterné ! . Il fait un rapport "pris sur le vif", des pratiques douteuses du gouverneur. La Houssaye prend la décision de rester à Bourbon le temps qu’il faudra, afin de recueillir et de vérifier une à une toutes les plaintes et les informations sur la situation de la colonie, sur ses habitants et en particulier sur son gouverneur. Il restera deux mois et vingt jours.

Le 14 septembre 1690, il descend à terre et se rend chez Vauboulon pour faire ses adieux et prendre le courrier officiel. Les deux hommes se parlent longuement et, sur l’insistance de la Houssaye, le gouverneur autorise le départ de tous les officiers du Saint Jean-Baptiste, ainsi que celui de son écuyer et secrétaire, Joseph Gilbert de Blot sieur de Chauvigny, en désaccord avec sa conduite, du père Camenhem et de plusieurs autres personnes, en tout, trente-trois individus.

De son côté, le père Hyacinthe écrit une longue missive adressée à M. Céberet, directeur de la Compagnie des Indes. Après les plaintes, le père Hyacinthe laisse apparaître ses ambitions : il demande que dorénavant les gouverneurs laissent en paix les religieux, que les biens accaparés par De Vauboulon soient rendus... et s’offre "de gouverner pendant un an ou deux" en attendant qu’un bon gouverneur soit trouvé.

14 octobre 1690, éclate à Saint-Denis le premier des incidents qui mèneront à la destitution de De Vauboulon. Henri Brocus, un Hollandais naturalisé ayant fait commerce avec des esclaves marrons est condamné au carcan, punition exécutée le jour même. La colonie des personnes naturalisées en est indignée.

17 octobre 1690, De Vauboulon se dispute publiquement avec de Firelin à propos de l'ordonnancement du magasin de la Compagnie et le frappe de sa canne. Fou de rage, de Firelin se rend à Sainte-Suzanne pour y rencontrer le père Hyacinthe, qui assure qu'il interviendra quelques jours plus tard, durant la messe; de Firelin profite de ce laps de temps pour soulever un peu plus les habitants contre leur gouverneur.

22 octobre 1690, après la messe, le père Hyacinthe s'entretient avec De Vauboulon. Celui-ci paraît ensuite apaisé, mais une nouvelle dispute éclate avec De Firelin. Le gouverneur augmente encore la tension en envoyant ses hommes recenser les richesses dans les maisons des habitants. Parallèlement, il ordonne qu'une enquête soit faite sur les agissements de de Firelin, enquête dont les conclusions seront envoyées en métropole par le prochain bateau. Firelin prend peur.

21 novembre 1690, fête de la Vierge célébrée par les Capucins, Firelin rassemble la population du Quartier français de Sainte-Suzanne au son des cloches. Le carillonneur était Arzul Guichard. De Vauboulon, conscient des tensions et craignant les rassemblements avait défendu que l'on solennise la fête; il envoie donc prendre Arzul et le mettre en prison. Firelin, à la tête d'une troupe d'habitants le réclame ; pour toute réponse, le gouverneur lui lance " que son procès est déjà fait et qu'on le pendra quand il y penserait le moins. "

Firelin, Procureur du Roi, propose que l'on se saisisse du gouverneur durant la prochaine messe, un complot s'organise secrètement, les comploteurs : Firelin, le Père Hyacinthe de Kerguelen, Duhal, un certain Jacques Barrière, de Limoges et Julien Robert, poitevin.

Le dimanche 26 novembre 1690, à la grand-messe, le père de Kerguelen en habits sacerdotaux attend le Gouverneur dont le fauteuil est au premier rang. Dès que Vauboulon a pris place, les conjurés se précipitent. Duhal lui crie : " Au nom du Roy, rendez votre épée " s'en empare et le ligote. Le curé et Firelin en tête, un cortège se forme qui va incarcérer le Gouverneur à la prison. Par prudence on neutralise les proches de Vauboulon : son valet, Simon-Louis de La Citerne, Bidon, et le greffier.

La suite fut plus grave car une cour martiale nommée par les habitants condamna à mort le 6 mai 1692 et fit fusiller peu après celui qui était considéré comme l'âme damnée du Gouverneur, son valet nommé " La citerne ". La sentence du 6 mai 1692 :

Nous, habitants de l'Ile Bourbon soussignés à tous ceux qui ces présentes lettres verront, vues les dépositions faites contre Simon Louis de La Citerne suivant l'assassinat qui se devait par lui commettre tant à la personne dudit Sr Firelin, Commandant de ladite Isle, que au Révérend Père Hyacinthe, capucin et missionnaire apostolique en ladite Ile et au frère Anthoine de Lannion son compagnon, vu aussi l'interrogatoire subi par ledit La Citerne, les témoins devant lui confrontés, comme aussi ledit assassinat par lui avoué et signé, le tout considéré, Nous avons condamné ledit Simon Louis de La Citerne à être arquebusé jusqu'à ce que mort s'ensuive, Nous avons condamné Paul Désiré d'accompagner ledit Simon Louis de La Citerne au lieu du supplice pour avoir celé ledit assassinat et de retourner après l'exécution faire chez Julien Robert, habitant de Sainte-Suzanne comme il y était ci-devant, lui faisant défense à l'avenir de découcher de chez son hôte ni d'avoir aucune correspondance avec ceux qui sont accusés pour complices à peine de subir le même châtiment dudit La Citerne, Nous avons aussi condamné Jacques Fontaine, habitant de St-Paul de n'avoir aucune correspondance avec ceux qui sont accusés pour complices, lui faisant défense à l'avenir et à ses enfants de passer la Rivière du Galet et de ne se mêler d'aucunes affaires sans l'ordre dudit Sr Firelin, Commandant, à peine de subir le même châtiment dudit La Citerne, et ordonnons que la présente soit exécutée selon la forme et teneur, donné au Fort St-Denis Ile Bourbon ce sixième jour de mai mil six cent nonante et deux.

Les affaires courantes sont expédiées par le duo Hyacinthe, Firelin. Le Père Hyacinthe refuse la proposition d'assurer la charge de gouverneur et propose Firelin. Firelin est donc élu le 4 mars 1691. Il a 24 ans.

Henry Habert de Vauboulon meurt le 18 août 1692 dans sa cellule. Le lendemain, les derniers sacrements sont rendus à l’ancien gouverneur ; mais très rapidement, le bruit court qu’il a été empoisonné. L'acte de décès établi par le Père Hyacinthe est ainsi rédigé :

" Le 18 d'août 1692, Henry Habert, sieur de Vauboulon, gouverneur de la part du Roy en cette isle de Bourbon, fut trouvé mort d'une maladie de deux mois, en la prison de Saint-Denis, où il était depuis le 26 novembre 1690, pour les mauvais traitements et les vexations exorbitantes qu'il faisait au peuple, ayant le même jour appris cette triste nouvelle, j'assemblay incontinent tous les habitants de ce quartier de l'isle où je me trouvais alors pour leur en faire part, et le lendemain ... je luy fis un service avec messe, où l'on fit cinq coups de mousqueterie ... ". Une autopsie est pratiqué qui ne confirme pas l'empoisonnement.

Tout ceci se passe dans une île totalement abandonnée par la France. Car suite au naufrage, le 31 décembre 1689, de son vaisseau, le Saint-Jean Baptiste, au large de l'île, la Compagnie des Indes avait décidé de ne plus desservir Bourbon.

 

 

 
 
   
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