En
avril 1811,
Keating reprend ses fonctions de lieutenant gouverneur et de commandants
des troupes, c'est Farquhar le nouveau gouverneur de Bourbon. La colonie
change de statut, elle est désormais annexée aux territoires de la Couronne,
dés lors dépendante du gouvernement de sa Majesté britannique et non plus
de celui de la Compagnie anglaise des Indes Orientales.
Farquhar retrouve alors le
gouvernement général, des Mascareignes et dépendances, et Keating le 10
juillet 1811, celui de gouverneur de Bourbon.
Le 20 octobre 1811, Keating
s'embarque pour l'Angleterre. L'administration de la colonie est alors
confiée à un nouvel intérimaire, le major général John Picton.
Major général John Picton.
Le 20 octobre 1811, c'est
donc le major général John Picton qui est gouverneur de Bourbon par intérim.
C'est pendant son administration qu'éclate à Saint-Leu la plus grande
révolte d'esclaves des Mascareignes.
Un complot se trama entre
les esclaves du Gol et ceux de Saint-Leu, avec pour but de rallier tous
les esclaves du Sud contre les Blancs. Les esclaves avaient un atout majeur,
leur supériorité numérique. En effet, dans cette région de grande culture,
très riche, ils étaient à peu près dix fois plus nombreux que les Blancs.
La localité compte alors 363 Blancs, 131 Libres de couleur et 5 050 esclaves.
Ce complot qui prit naissance
dans le fond de la Ravine du Trou, fut éventé par Figaro esclave de la
veuve Legrand qui alla avertir les autorités, en l'occurrence Monsieur
de La Gironde. On arrêta le chef des conjurés, Jean. Les propiétaires
incrédules quand à la possibilité d'une révolte ne prirent par de précautions.
Mais les esclaves étaient prêts et deux jours après l'arrestation de Jean,
sous la direction d'Elie et de Prudent tous les deux appartenant à la
famille Hibon, ils attaquèrent la maison de Jean Macé, et tuèrent ce dernier.
La troupe se sépara en deux groupes l'un se dirigeant sans succès chez
Hibon et l'autre Chez Armel Macé. Celui-ci se défendit mais fut tué à
son tour. Son jeune esclave Paulin, réussit à s'enfuir et courut prévenir
son propriétaire Dennemont. Ce dernier alerta les voisins et tout le monde
se réunit autour de la mairie de Saint-Leu. Vingt quatre volontaires se
proposèrent pour combattre l'insurrection et se mirent sous la direction
de Fougeroux, ancien militaire. les insurgés furent surpris par Fougeroux
et ses amis et durent capituler.
21
novembre 1811. Informé des événements qui agitent la colonie,
le gouverneur général Farquhar qui se trouve à Maurice embarque immédiatement
pour bourbon. A son arrivée en rade de Saint-Denis, le 21 novembre 1811
l'ordre est rétabli, et les insurgés en prison dans l'attente d'un jugement.
22
novembre 1811, le gouverneur général Farquhar fit la proclamation
suivante :
" Son Excellence ayant appris,
le 17 du courant, la nouvelle qu'une révolte d'esclaves avait éclaté au
quartier Saint-Leu, s'est déterminé à se rendre à Bourbon avec la plus
grande diligence. En conséquence elle s'est embarqué le 19 sur la corvette
le Mercure, et est arrivé le 21 en rade de Saint-Denis. S.E. le gouverneur
a eu la satisfaction d'apprendre, en débarquant, que par les mesures fermes
et sages qu'avait prises le colonel Picton, surintendant civil et commandant
des forces à l'île Bourbon, la tranquillité publique y était entièrement
rétablie.
Il ne lui reste plus qu'à
rassurer l'esprit des habitants de ces colonies et à dissiper à jamais
l'ombre même de l'espérance qu'auraient pu follement concevoir les esclaves
de se révolter impunément ou de s'affranchir de l'obéissance qu'ils doivent
à leurs maîtres. Il suffirait peut-être à S.E. le gouverneur, dans cette
circonstance, de renvoyer les habitants à ses précédentes proclamations,
et de leur rappeler avec quelle promptitude le gouvernement, dans cette
dernière occasion, est venu à leur secours pour leur donner les preuves
les plus convaincantes que les promesses du gouvernement britannique à
tous ceux qui ont le bonheur de vivre sous sa protection sont sacrées.
Il veut plus, il veut s'entretenir avec les habitants sur un sujet qui
touche d'aussi près leurs intérêts, à l'effet de calmer leurs ardeurs
et anxiétés, lors même qu'elles ne seraient pas fondées. Il veut encore
une fois leur annoncer la ferme résolution dans laquelle il est de protéger
et de maintenir, à l'aide des forces de Sa Majesté, les propriétés des
habitants de ces colonies, telles qu'il les a trouvées lors de leur reddition.
Il ne peut assez fortement
exprimer l'indignation que lui a inspiré l'atrocité des esclaves de Saint-Leu,
en assassinant leurs maîtres et en s'élevant contre leur autorité légitime,
ni manifester assez ouvertement sa volonté que les auteurs et instigateurs
de cette conspiration soient punis de la manière exemplaire que commande
la justice. Tant que l'humanité et la raison formeront le caractère dominant
de la nation anglaise, Son Excellence pense que c'est entrer dans l'essence
de ces principes, que de déclarer aux esclaves qu'ils doivent être bien
convaincus que l'on emploiera toute la rigueur des lois contre les projets
qu'ils auraient de se soulever ou de troubler l'ordre et la tranquillité.
Il est de sa justice de ne pas leur laisser ignorer que de tels complots
doivent, conformément à la loi, être punis de mort.
Son excellence pourrait
avoir à regretter que la punition des esclaves insurgés n'ait pas aussi
promptement frappé le crime que la nature et l'exemple, seul vrai but
de justice, auraient pu l'autoriser, si, d'un autre côté, elle n'était
convaincue que son exécution, quoique différée, n'aura pas moins son effet...
En considération de la conduite
infiniment louable de l'esclave Figaro, qui a dévoilé la dernière conspiration
éclatée à Saint-Leu, il a plu à S.E. le gouverneur de lui donner la liberté,
en récompense de ses fidèles services; de lui faire au nom du gouvernement
britannique, sa vie durant, une pension de 250 piastres par an, payable
chaque mois, et de lui assurer la propriété d'un morceau de terre dans
les réserves de Saint-Joseph, pour son entretien et celui de sa famille.
Afin de pourvoir plus efficacement
à la police intérieure de ces colonies, Son Excellence, en vertu de l'autorité
dont elle a été revêtue par S.A.R. le prince régent, et du pouvoir spécial
à elle donné par son seing et sous le grand sceau du Royaume Uni, a résolu
de lever et armer une milice locale dans chaque quartier des îles Maurice
et Bourbon. Cette mesure doit autant assurer la tranquillité des habitants
contre leurs esclaves, que contribuer à resserrer les liens de fidélité
et d'affection qui les attachent au gouvernement britannique. S'ils sont
pénétrés de ces sentiments, ils y trouverons l'exécution d'un devoir dicté
par l'honneur, la tranquillité permanente et la prospérité publique, et
ils seront raffermis contre les intrigues et les agitations des alarmistes.
Vive le roi ! "
Henry Sheehy Keating.
Le 23 décembre 1811, le colonel
Keating est de retour à Bourbon. Farquhar est rentré à l'île Maurice où
le rejoint le major général Picton, son intérim est à la tête de Bourbon
est terminé.
Henry Sheehy Keating reprend
l'administration de la colonie qui s'affaire au procès de ce que l'historiographie
coloniale dénomme, Le complot de Saint-Leu. Il a lieu en février 1812.
Le 12, le verdict tombe et se veut exemplaire, trente furent condamnés
à mort, les autres mis aux fers à perpétuité.
Figaro reçut en récompense
la liberté, une pension viagère inscrite au budget de la Colonie, ainsi
que la première concession du cirque de Cilaos, l'îlet à Cordes, qui lui
appartint jusqu'à sa mort.
10
avril 1812, deux des condamnés, Géréon et Jasmin,
du complot de Saint-Leu ont la tête tranchée sur un échafaud construit
au delà du Butor à Saint-Denis.
Onze vont être conduits
en chaloupe dans diverses communes pour y subir le même sort, et deux
sont conduits à Saint-Benoît.
15
avril 1812, cinq esclaves
sont exécutés à Saint-Leu, quatre à Saint-Paul
et deux à Saint-Pierre.
24
avril 1812, les deux esclaves,
Prudent et Denis sont exécutés à Saint-Benoît.
Les autres condamnés sont-ils
morts en prison, cette hypothèse est étayée par le constat de conditions
désastreuses d'internement.
Quand l'Angleterre
décide de rendre Bourbon à la France, c'est Keating, qui assure
la rétrocession, Athanase Hyacinthe Bouvet de ozier est nommé gouverneur
de Bourbon par ordonnance royale du 27 juillet 1814.
La première tâche de Bouvet est de négocier avec Farquhar le retour de
l'île Bourbon à la Couronne de France. Officiellement l'île est restituée
le 2 avril 1815;
c'est ce qui ressort du tête-à-tête entre les deux hommes, le 30 mars
1815. Le 6 avril 1815 Bouvet va proclamer Bourbon terre française.
Le gouverneur Keating va
poursuivre sa carrière sous d'autres cieux, mais incontestablement Bourbon
lui manquera puisqu'il revient s'y fixer. De par son influence, l'ancien
gouverneur qui s'est installé à Saint-Benoît comme usinier, va amener
ses voisins à préférer la culture de la canne et à détruire leurs champs
de girofle.
En 1828,
le général Keating va défrayer la chronique. Il est au centre d'un scandale.
Il est accusé d'avoir sabré un jeune Bénédictin, son rival, pour les beaux
yeux de sa protégée. Compte tenu de la personnalité de l'accusé, et de
sa nationalité, cette affaire fait beaucoup de bruit.
Le 16 juin 1829,
après de nombreux reports, l'affaire Keating est portée devant la
chambre d'instruction. Le général Keating est acquitté.
Henry Sheehy Keating meurt
à Cheltenham station thermale du comté anglais de Gloucestershire,
le 12 septembre 1847.
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