Histoire de La Réunion année 1690, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1690.

Histoire de La Réunion année 1690

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9 janvier 1690, le nouveau gouverneur de Bourbon Henry Habert de Vauboulon fait paraître une ordonnance se référant à un accord établi le 15 mars 1687 entre le curé Camenhen et les habitants. Cet accord prévoyait le versement d'une taxe au clergé par les paroissiens : dorénavant, elle allait être collectée par les services de l'État avant d'être reversée. Cette ordonnance, prise dans un souci de centraliser l'administration sera très mal vécue par le père Hyacinthe. Pour l'instant, il reste encore silencieux, mais est à l'écoute de ses paroissiens qui commencent à maugréer.

Quartier Français à Sainte-Suzanne

16 janvier 1690 à Saint-Denis et à Sainte-Suzanne le 20 janvier 1690, sont affichées les ordonnances réglementant la chasse, le massacre du gibier de l'île atteignant des proportions inquiétantes. Une réserve interdite à la chasse est donc instituée à la "Possession" du Roy. Les habitants, "pour réparer le tort qu'ils se sont fait à eux-mêmes", sont autorisés à chasser "une fois la semaine, à la viande ou à la tortue de mer." Les habitants ne pouvaient avoir que deux chiens, et seules cinq chiennes "connues les meilleures" avaient droit de vie dans toute l'île; les autres chiens devaient être tués. Des mesures extrêmement impopulaires, que les ennemis du gouverneur sauront utiliser le jour venu.

Henry Habert de Vauboulon régularise l'attribution des terres aux colons en prélevant au passage sa dîme. Tous les textes sont unanimes : avant de Vauboulon, aucun acte n’avait été signé ; il s’agissait surtout d’occupation de fait. Quatorze pièces sont à ce jour conservées aux Archives départementales de la Réunion. La première concession date du 16 janvier 1690, à Pierre Hibon. Sur les actes, de Vauboulon précise les redevances en nature pour le paiement de cette concession. Selon Jules Hermann, grand admirateur du gouverneur, il ne s’agissait là "que de contraindre les habitants à l’élevage et à la culture, pour les habituer à ne plus compter sur la nature seule." En fait, il semble bien que le gouverneur ait entrepris, par le biais de ces concessions, de se constituer une fortune personnelle. Ceux qui refusaient de payer étaient promptement jetés au cachot, jusqu’à ce que l’amende soit payée. Il semble également que pendant la détention, il n’était pas rare de voir le gouverneur importuner les femmes de ses victimes.

27 mars 1690, ordonnance du Gouverneur Henry Habert de Vauboulon :

" Nous, désirant en ce, comme en toute autre chose, obéir aux ordres que nous avons reçu du Roi, et tenir la main a ce que les habitants s'acquittent envers leurs enfants du devoir que la nature et l'honneur exigent d'eux, leur enjoignons, dans six semaines pour tout délai, de prendre des mesures pour l'exécution du contenu de ladite affiche de s'adresser au Père Hyacinthe pour faire instruire leurs enfants de nos principaux mystères et de l'usage des sacrements et de prendre le temps et la méthode qu'il voudra donner pour cet effet, à peine de trente livres d'amende contre les contrevenants ; et afin que la jeunesse se porte d'elle même à apprendre ce qui est nécessaire au salut à ladite jeunesse de l'un et l'autre sexe que nous empêcherons de tout notre pouvoir qu'on ne leur administre le sacrement de mariage qu'auparavant ils ne répondent, pendant huit jours, sur les points principaux de notre foi et que les garçons n'aient appris un métier ou à lire et à écrire et que les filles pareillement ne sachent le devoir chrétien, lire et écrire, travailler et faire ce qui est nécessaire dans leur ménage ".

1690. Recensement de Firelin : " Liste des habitants de l'isle Bourbon, enfants et nègres ".

- 46 chefs de famille installés sur autant d'habitations et répartis comme suit :
- Quartier de Saint-Paul : 23 familles, plus un vieil nègre de Saint-Omer.
- Quartier de Saint-Denis : 8 familles, plus 12 nègres du Roy, plus 2 français, petit et Perrot.
- Quartier de Sainte-Marie : 3 familles.
- Quartier de Sainte-Suzanne : 12 familles, plus 6 personnes diverses.

24 juin 1690, le navire Les Jeux de retour de Surate accoste à Bourbon. À peine débarqué, le capitaine Houssaye doit entendre les plaintes des habitants. Aux dires de certains, celui qui représentait l’espoir de tout un peuple est en réalité le diable en personne, cupide et libidineux. la Houssaye reçoit à bord de son navire la visite de plusieurs habitants qui viennent se plaindre de leur gouverneur : le secrétaire personnel de Vauboulon, M. Gilbert de Blot, sieur de Chauvigny ; le garde-magasin, Michel Firelin ; le nouveau curé de l’île, le père Hyacinthe ; le colon Gilles Dugain, et bien d’autres personnes, dont son collègue commandant au long cours Guillaume Dubois des Sablons, qui l’informe sur les conditions dramatiques de la perte du Saint Jean-Baptiste, broyé au cours du cyclone du 31 décembre 1689 dans la baie de Saint-Paul. La Houssaye est consterné ! . Il fait un rapport "pris sur le vif", des pratiques douteuses du gouverneur. La Houssaye prend la décision de rester à Bourbon le temps qu’il faudra, afin de recueillir et de vérifier une à une toutes les plaintes et les informations sur la situation de la colonie, sur ses habitants et en particulier sur son gouverneur. Il restera deux mois et vingt jours.

14 septembre 1690, La Houssaye descend à terre et se rend chez Vauboulon pour faire ses adieux et prendre le courrier officiel. Les deux hommes se parlent longuement et, sur l’insistance de la Houssaye, le gouverneur autorise le départ de tous les officiers du Saint Jean-Baptiste, ainsi que celui de son écuyer et secrétaire, Joseph Gilbert de Blot sieur de Chauvigny, en désaccord avec sa conduite, du père Camenhem et de plusieurs autres personnes, en tout, trente-trois individus.

De son côté, le père Hyacinthe écrit une longue missive adressée à M. Céberet, directeur de la Compagnie des Indes. Après les plaintes, le père Hyacinthe de Kerguelen laisse apparaître ses ambitions : il demande que dorénavant les gouverneurs laissent en paix les religieux, que les biens accaparés par De Vauboulon soient rendus... et s’offre "de gouverner pendant un an ou deux" en attendant qu’un bon gouverneur soit trouvé.

14 octobre 1690, éclate à Saint-Denis le premier des incidents qui mèneront à la destitution de De Vauboulon. Henri Brocus, un Hollandais naturalisé ayant fait commerce avec des esclaves marrons est condamné au carcan, punition exécutée le jour même. La colonie des personnes naturalisées en est indignée.

17 octobre 1690, De Vauboulon se dispute publiquement avec de Firelin à propos de l'ordonnancement du magasin de la Compagnie et le frappe de sa canne. Fou de rage, de Firelin se rend à Sainte-Suzanne pour y rencontrer le père Hyacinthe, qui assure qu'il interviendra quelques jours plus tard, durant la messe; de Firelin profite de ce laps de temps pour soulever un peu plus les habitants contre leur gouverneur.

22 octobre 1690, après la messe, le père Hyacinthe s'entretient avec De Vauboulon. Celui-ci paraît ensuite apaisé, mais une nouvelle dispute éclate avec De Firelin. Le gouverneur augmente encore la tension en envoyant ses hommes recenser les richesses dans les maisons des habitants. Parallèlement, il ordonne qu'une enquête soit faite sur les agissements de de Firelin, enquête dont les conclusions seront envoyées en métropole par le prochain bateau. Firelin prend peur.

21 novembre 1690, fête de la Vierge célébrée par les Capucins, Firelin rassemble la population du Quartier français de Sainte-Suzanne au son des cloches. Le carillonneur était Arzul Guichard. De Vauboulon, conscient des tensions et craignant les rassemblements avait défendu que l'on solennise la fête; il envoie donc prendre Arzul et le mettre en prison. Firelin, à la tête d'une troupe d'habitants le réclame; pour toute réponse, le gouverneur lui lance "que son procès est déjà fait et qu'on le pendra quand il y penserait le moins."

Firelin, Procureur du Roi, propose que l'on se saisisse du gouverneur durant la prochaine messe, un complot s'organise secrètement,les comploteurs : Firelin, le Père Hyacinthe de Kerguelen, Duhal, un certain Jacques Barrière, de Limoges et Julien Robert, poitevin.

26 novembre 1690, à la grand-messe, le père de Hyacinthe Kerguelen en habits sacerdotaux attend le Gouverneur dont le fauteuil est au premier rang. Dès que Vauboulon a pris place, les conjurés se précipitent. Duhal lui crie : " Au nom du Roy, rendez votre épée " s'en empare et le ligote. Le curé et Firelin en tête, un cortège se forme qui va incarcérer le Gouverneur à la prison. Par prudence on neutralise les proches de Vauboulon : son valet, Simon-Louis de La Citerne, et Bidon, le greffier. La suite fut plus grave car une cour martiale nommée par les habitants en 1692 condamna à mort et fit fusiller peu après celui qui était considéré comme l'âme damnée du Gouverneur, un valet nommé " La citerne ".

1690, trois couples décident de s'installer à Sainte-Marie, ils fondent le quartier dont ils sont les seuls habitants.



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