Histoire de La Réunion année 1849, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1849.

Histoire de La Réunion année 1849

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1849, l'institution du travail obligatoire par le gouverneur Sarda Garriga avait permis d'abolir l'esclavage dans le calme. Mais elle est vite bafoué. Les propriétaires se plaignent, les affranchis désertent les champs. La faute est dans les deux camps : chez les patrons qui continuent à se faire appeler " mon Maître ", la rudesse des manières ; chez l'affranchis, on rejette une forme de travail assimilée à l'esclavage.

17 février 1849, le gouverneur de La Réunion, Sarda Garriga épouse à la cathédrale de Saint-Denis en seconde noce, Adèle Juteau venue le rejoindre, et fait paraître ce même jour sa Proclamation aux travailleurs.

Sarda Garriga

Le même jour, le 17 février 1849, le commissaire général ayant appris que la discipline se relâchait dans plusieurs ateliers, que les travaux y étaient parfois interrompus, et qu'il existait un grand nombre d'engagements fictifs, se hâta de prendre contre ces abus d'efficaces mesures de répression. Deux arrêtés du 17 février 1849 établirent des peines sévères pour les infractions à la discipline intérieure des ateliers, l'embauchage des travailleurs et les engagements fictifs. En même temps par une proclamation, il fit connaître son mécontentement aux travailleurs.


17 février 1849. Proclamations aux travailleurs de Sarda Garriga.

" Je ne suis pas content de vous. Est-ce ainsi que vous comprenez la liberté ? Je vous l'ai dit : sans le travail, elle ferait votre malheur.

Heureusement que je suis là pour récompenser les travailleurs et aussi pour punir les paresseux. Enfant de la mère patrie, je suis venu vous donner la liberté en son nom : m'inspirant de sa sollicitude pour ce beau pays, en son nom je frapperai ceux qui troubleraient l'ordre en abandonnant le travail.

Mes enfants, croyez-moi bien, le travail c'est l'ordre. Espérez-vous me tromper en me montrant des engagements ? Eh ! que m'importe votre livret, si vous ne satisfaites pas aux conditions qui y sont écrites ?

Les propriétaires du sol vous payent pour le cultiver : cultivez donc le sol qui doit nous enrichir tous, vous, le propriétaire, et la patrie qui vous a faits libres.

Vous n'appartenez plus à un maître, mais vos bras appartiennent au champ qui doit vous nourrir. Le propriétaire vous a dit : " Ce champ est à moi ; féconde-le par ton travail, et je te donnerai un salaire. " Accepter le salaire et ne pas donner votre travail, c'est un vol que la justice commande de punir.

Passer seulement quelques heures à l'atelier, lorsque vous devez n'y pas manquer depuis le matin jusqu'au soir, c'est encore voler une partie du travail pour lequel on vous paye ".

La subsistance publique devait aussi exciter toute la sollicitude du commissaire général. Il fallait assurer la nourriture non-seulement des nouveaux affranchis, mais encore d'un assez grand nombre de familles créoles qui, privées subitement par l'émancipation du revenu que leur procuraient quelques esclaves, s'étaient trouvées complètement ruinées. Sarda Garriga ne craignit pas d'engager sa responsabilité personnelle en prenant de son chef, de sa seule autorité, différentes mesures de salut public. On acheta d'abord, par ses ordres, du riz qu'il fit distribuer aux indigents dans toutes les communes de l'île, par les soins des maires. Il commanda ensuite l'achat dans l'Inde de mille tonneaux de riz, qui reçurent la même destination.

23 février 1849, Sarda Garriga ordonna par arrêté, qu'une somme de 350 000 francs fût distribuée à titre d'avance sur l'indemnité aux familles malheureuses parmi les colons. Il donna des instructions au gouvernement de Pondichéry pour l'inviter à faire sur le million de la rente de l'Inde, affectée par la métropole au budget de La Réunion, des avances, jusqu'à concurrence de 500 000 francs, aux capitaines de navires qui privés de fonds, ne pourraient pas se procurer un chargement de riz pour la Réunion : c'est ainsi que des avances de 10, 20, 30 et 40 000 francs furent faites, sans intérêt, à plusieurs navires de l'Inde. A leur retour, un délai deux mois leur fut accordé pour en opérer le remboursement. Grâce à cette mesure, les riz, dans les moments les plus difficiles, ne subirent pas d'augmentation.

16 avril 1849. Par arrêté de Sarda Garriga, une société anonyme dite “Comptoir d’escompte et de prêts” est créée à Saint-Denis. Ce comptoir devait suppléer les banques coloniales annoncées par la métropole, et qu'une loi devait établir, une somme de 150 000 francs fut mise à la disposition du comptoir d'escompte.

19 mai 1849, la Saint-Andréenne Aimée Pignolet de Fresnes, devenue Mère Marie Magdeleine de la Croix et première supérieure générale, créée avec le père Frédéric Levavasseur à la Rivière-des-Pluies, la congrégation des filles de Marie.

Aimée Pignolet de Fresnes est née le 02 juin 1810 sur la propriété de ses parents « Le Désert » à Saint-André de la Réunion. Très jeune, elle manifeste une grande bonté envers ceux qui souffrent, particulièrement les esclaves. Elle est révoltée par les traitements que certains maîtres infligent à leurs esclaves. Aussi se met-elle à les instruire, à les soigner et à changer, selon ses moyens, là où elle vit, la condition de ces pauvres gens. Critiquée par les puissants de son temps, menacée par Sarda Garriga, elle ne recule pas et fonde une congrégation religieuse destinée à accueillir des filles des pays de l'océan Indien, de toutes conditions sociales, indépendamment de leur race et de leur ancien statut pour venir en aide à tous les abandonnés des sociétés de cet espace géographique. Le 19 mai 1849, est le jour de la cérémonie pour la prise d'habit, par 14 jeunes filles de La Réunion. Malgré une situation juridique précaire, la congrégation n'a pas d'autorisation légale, malgré un grand dénuement matériel, malgré les suspicions que provoque l'acceptation des filles noires ou mulâtres, la jeune congrégation, protégée par les pères du Saint Cœur de Marie, ne tarde pas à démontrer son utilité.


30 septembre 1849, élection législative..

Les premières élections au suffrage universel. La grande craintes des colons est de voir les affranchis user de leur citoyenneté, l'opportunité apparaît donc en 1849, où il faut élire deux députés pour l'assemblée nationale. Cette élection soulève un beau tollé, car voici que les affranchis disposent d'une voix qui pèse autant que celle des grands messieurs.

Trente-sept mille électeurs étaient inscrits. Les instructions ministérielles portaient formellement que les nouveaux affranchis devaient voter. Ils se disposaient à le faire. L'Administration était maîtresse de l'ordre ; elle dominait la position, et cette population, douce et laborieuse, sympathique, n'avait à elle aucun candidat.

Malgré cette heureuse situation, des réclamations furent publiquement apportées au Commissaire général, afin qu'il eût à empêcher les affranchis de voter. C'était une démarche imprudente, irritante et inutile, que sollicitait une presse d'agitation, les ennemis des Noirs affranchis. La réponse officielle fut que la loi serait exécutée.

M. Sarda, toujours inquiet sur sa position provisoire, souvent irrité, se décida, peu avant le 30 septembre, à tenter une nouvelle politique. Il fit une tournée dans les campagnes, appela à lui de nombreux affranchis, les invita à ne pas voter. " Consultez vos anciens maîtres, et si vous n'avez pas confiance en eux, si vous ne comprenez pas le droit électoral que vous êtes appelés a exercer, ABSTENEZ-VOUS ". C'était un premier pas vers ses ennemis et en opposition avec ses paroles officielles et les ordres ministériels. Cette manœuvre eut un plein succès, car sur vingt-cinq à vingt-six mille électeurs affranchis, quelques centaines seulement allèrent déposer leur bulletin.

Le vote du 30 septembre fut insuffisant pour valider l'élection, personne n'ayant atteint le huitième des voix des électeurs inscrits. Des violences avaient été exercées pour écarter les affranchis de l'urne ; elles ne furent point poursuivies. Le Directeur de l'intérieur M. Brunet, dans l'intérêt de la liberté du vote, et comme protestation contre ces violences impunies, fit une lettre le 8 octobre au commissaire central de police.

Lettre du Directeur de l'intérieur au Commissaire central de police, du 8 octobre 1849.

" Monsieur le Commissaire central, les élections qui viennent d'avoir lieu n'ont pas abouti ; elle devrons recommencer le 21 de ce mois.

L'expérience nous a révélé qu'il y avait quelques précautions à prendre, il faut s'y préparer.

Des propos criminels jetés au sein de la population ont éloigné du vote la plus grande masse d'électeurs. L'autorité et ses agents doivent, par tous les moyens légitimes et possibles, faire comprendre à tous les électeurs qu'ils doivent voter, que c'est un devoir impérieux pour eux.

Je vous invite donc à donner à vos subordonnés des instructions formelles dans ce sens....".

M. Sarda, qui explicitement, ne pouvait désapprouver cet acte de probité et d'obéissance à la métropole, put en être contrarié, puisqu'il avait un sens et une portée contraires à sa nouvelle marche politique et à cette intervention qu'il avait exercée en personne peu de jours avant l'élection.

De là, cette péripétie qui va expliquer la disgrâce de M. Brunet.

Le 10 cotobre Sarda demande la démission de M. Brunet, le 12 octobre, au soir il lui ordonne de partir immédiatement pour la France, afin d'y rendre compte de sa conduite. Le 13, M. Brunet accepte, le 15, il était embarqué sur le seul navire en partance.

21 octobre 1849, de nouvelle élection. Le taux de participation électorale n'est que de 18 %. 34 810 inscrits 9 186 votants. Sont élus au premier tour :

- Charles Ogé Barbaroux avec 5 398 voix.

- Jean-Baptiste Pierre Prosper de Greslan avec 5 297 voix.

29 août 1849, le Père Joffard, est expulsé de la colonie par le gouverneur.

L'abbé Joffard, curé de Saint-Leu, incite les affranchis à prendre conscience de leur citoyenneté. Les colons l'accusent d'incitation à l'émeute, le gouverneur le fait déplacer à l'Entre-Deux, où il recommence, puis le rapproche à Saint-Denis, de l'œil des autorités, ce qui ne le calme pas. Joffard s'implique dans la campagne des élections législatives de 1849, il ose même se présenter comme candidat libéral, il obtient 7 % des voix. Ne reste plus que la solution suprême, le dérangeant abbé est expulsé de la colonie, en même temps que l'écrivain Timagène Houat, déporté en France pour libéralisme excessif qui avait lui décroché 12 % des voix.

1849, création de la Société des courses, la piste de l'hippodrome de La Redoute est améliorée et porté à 913 mètres.

10 novembre 1849, Sarda Garriga est révoqué, il est informé de cette mesure par courrier que le 22 janvier 1850. Trop révolutionnaire, issu d'une famille pauvre Sarda Garriga n'avait plus le profil pour plaire à un gouvernement conservateur. Le ministre Romain-Desfossés ne donne pas de raison à cet acte dans sa lettre et félicite même le Commissaire Général : "Le gouvernement a jugé que le moment étaot venu de mettre un terme à la mission dont vous avez été chargé à l'île de La Réunion, mission dont la situation de la colonie atteste d'ailleurs que vous vous êtes acquitté avec un dévouement et un succés que je me plais à reconnaître. Par décret du 7 novembre, M. le président de la République a, sur ma proposition nommé gouverneur de l'île de La Réunion, M. Doret, capitaine de vaisseau en retraite, qui partira prochainement pour sa destination...
Je vous invite à revenir en France sur le premier bâtiment de commerce qui fera voile pour la France après la réception de la présente dépêche, et à remettre par intérim le gouvernement de la colonie à M. le commandant militaire...".


Naissance en 1849 :

31 mars 1849, naissance de Henri Charles Roberdeau, Gouverneur de La Réunion du 21 juin 1895 au 18 mai 1896.( intérim ).



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