Histoire de La Réunion année 1936, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1936.

Histoire de La Réunion année 1936

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Janvier 1936, le rapport annuel du directeur du service de l'instruction, Hyppolyte Foucque, note l'excitence pour l'école primaire de quatorze classes de plus de quatre-vingts élèves et de neuf classes de plus de cent élèves. Hyppolyte Foucque estime que " dix mille enfants d'âge scolaire ne reçoivent aucune instruction ". L'enseignement secondaire note une amélioration notable : 523 élèves au Lycée Leconte de Lisle de Saint-Denis auxquels il convient d'ajouter ceux du cours secondaire féminin Juliette Dodu qui vient d'ouvrir dans le chef-lieu et compte 337 élèves, et 142 élèves instituteurs.

16 février 1936, le gouverneur Alphonse Paul Albert Choteau inaugure la nouvelle mairie d'Hell-Bourg, un engagement de construction, qui était au programme du nouvel élu de la commune, le docteur Raymond Vergès.

Alphonse Paul Albert Choteau gouverneur de La Réunion

Février 1936, création du syndicat des haleurs de pioche.

26 avril 1936, les élections législatives, la campagne électorale est tendue, Lucien Gasparin et Auguste Brunet sont candidats à leur succession, leurs adversaires sont respectivement René Payet et Albert Lougnon. La campagne est marquée par de nombreux actes de violence. Une partie du clergé soutient le Parti Ouvrier Paysan organisé par René Payet et de le docteur Paul Arnauld. Alors que les deux politiciens militent en faveur du sursalaire familial, l'Eglise propose un programme plus étoffé, qui prévoit l'organisation d'assurances sociales contre les accidents du travail, la création d'une pouponnière dans chaque sucrerie, la construction d'hôpitaux et d'asiles pour les vieillards.

Le jour des élections les passions se déchaînent et la tragédie est au rendez-vous. Au soir des opérations électorales, entre fraudes et folklore, les armes ont parlé. La colonie compte onze morts et cinquante blessés. Gasparin et Brunet sont réélus, mais cette nouvelle tragédie électorale entraîne de nombreuses réactions où condamnations et écœurement dominent, mais aussi l'engagement de vouloir imposer des pratiques nouvelles portées par des personnalités de tout bord. C'est ainsi qu'est créé le Parti Réunionnais d'Action Démocratique et Sociale où se côtoient notamment Ferdinand Auber, Jean Chatel, Marcel Vauthier, Raymond Vergès ou encore Raphaël Vidot.

Charles Marie Lucien Gasparin élu députés en 1936 Auguste Brunet élu député en 1936

Monseigneur Cléret de Langavant, l'évêque de La Réunion s'indigne lui aussi de la tragédie électorale du 26 avril 1936. Les quatre électeurs qui meurent sous les balles des gendarmes le jour de scrutin dans la première circonscription devant la maire de Sainte-Suzanne amènent l'Église a dénoncer ce recours cynique à la fraude. Comme elle s'est tue jusqu'ici, cette attitude inattendue et audacieuse déplaît.

La présentation des faits dans son journal Dieu et Patrie diffère totalement de celle de l'administration. Alors que celle-ci prétend que les gendarmes ont été obligés de faire usage de leurs armes pour protéger la mairie qui allait être prise d'assaut par des électeurs excités par le candidat René Payet, l' Église affirme d'une part, qu'il s'agit d'électeurs mécontents de ne pas pouvoir voter et d'autre part, que les gendarmes ont tiré sur eux alors qu'ils s'enfuyaient et que ceux qui tentaient de porter secours aux blessés n'ont pas été ménagés non plus. A l'issue de ce scrutin, les relations se refroidissent entre l'évêque qui a fait réciter un De Profondis à la cathédrale pour les victimes de cette journée, le gouverneur et les élus.

Reçu par le gouverneur Choteau pour expliquer l'attitude de quelques prêtes qui ont soutenu René Payet, l'évêque fait observer qu'il ne peut sévir, puisque d'autres ont agi en faveur des candidats vainqueurs, Lucien Gasparin et Auguste Brunet. La discussion devient plus orageuse, mais ils se séparent apparemment en bons termes. L'accueil qui les est réservé quelques jours plus tard à l'hôtel du gouvernement lors de la maladie du gouverneur prouve que ses remarques n'ont pas été appréciées et ont inquiété le gouverneur. Elections législatives de 1936 à La Réunion.

Avril 1936, création du syndicat général du personnel du Chemin de Fer et Port de La Réunion, ( CPR ).

4 mai 1936, des ouvriers agricoles de la régions de Saint-Paul et bon nombre de dockers se mettent en grève. Dans les journaux on tire la sonnette d'alarme. Dès le lendemain, le "Peuple" écrit : "Le fléau de la grève est arrivé à La Réunion. Les "haleurs de pioches", comme on désigne depuis peu les journaliers des champs ont refusé le travail à un propriétaire de la partie Sous-le-Vent. Insuffisabce de salaires, paraît-il ! Nous assistons à un fait de guerre isolé, un acte de guérilla. Mais il n'y a pas de doute possible, on y voit clairement deux influences qui se sont exercées sur le prolétariat isolé de nos campagnes... On sent très bien dans ce refus concerté du travail une audace nouvelle inspirée par les événements de la métropole, la victoire du Front commun, les inspirations socialistes de la politique gouvernementale, et surtout les insolites "grèves sur le tas" dont les conséquences sur l'économie française ne peuvent être encore exactement envisagées... Les récentes lois sociales ont déjà fait monter les prix des objets fabriqués... On sait bien que l'augmentation des salaires produit l'augmentation du prix de revient, donc du prix de vente... Est-ce qu'il ne faut pas voir dans cette grève des travailleurs agricoles un effet de l'agitation politique déterminée par les dernières élections ?" "Le peuple", le plus fervent soutien des élus "de gauche" réunionnais d'avant 1936, a désormais peur de la gauche issue du Front populaire. Les étiquettes politiques ont chnagé de sens !

29 mai 1936, le Gouverneur Choteau est très malade, après deux mois de souffrance, il sombre dans un coma diabétique et décède La colonie lui organise des obsèques imposantes. Le deuil est conduit par le député Auguste Brunet et le secrétaire général Allard. Inhumé provisoirement au cimetière des Volontaires, sa dépouille est embarquée le 26 juin 1936 sur l'Explorateur Grandidier pour la ville de Valenciennes.

Eplorateur Grandidier des messageries maritimes

L'intérim du poste de gouverneur est assuré par les secrétaire général Charles Victor Allard.

18 juin 1936, nomination du nouveau gouverneur de La Réunion Léon Hippolyte Claudius Truitard.

Léon Hippolyte Claudius Truitard. Gouverneur de La Réunion

17 août 1936, Léon Hippolyte Claudius Truitard est à pied d'œuvre, il découvre une colonie en proie à de puissantes tensions politiques et sociales.

31 Août 1936. C’est au Port, ville symbole de modernité et d’industrialisation, par les quais, le Port et par le chemin de fer qui y possède son siège, que commencent les grèves de 1936. En août, des dockers, des matelots, des employés du CPR pour l’obtention de la journée de 8 heures ; en septembre-octobre, avec violentes bagarres, pour obtenir la libération du trésorier du syndicat des dockers arrêté pour ivresse ; en novembre pour réclamer le paiement de 3 journées de grève d’octobre. A chaque fois, le gouverneur Truitard intervient pour apaiser les esprits, concilier les parties, faisant plus que jamais de l’État un médiateur.

3 septembre 1936, le gouverneur décide en Conseil privé d'appliquer au personnel du CPR la journée de huit heures.

Octobre 1936, les fêtes du tricentenaire du rattachement de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion sont l’occasion pour MM. Lagrosillière, Gratien Candoce, Monnerville et Satineau de déposer un projet de loi portant sur la départementalisation de ces quatre colonies : " Les quatre colonies relèveront du ministère de l’Intérieur, avec toutefois les dispositions législatives et réglementaires particulières que nécessitent, à cause de leur éloignement de la métropole et de leurs besoins spéciaux, une décentralisation relative des services publics, le maintien de leur autonomie financière et la sauvegarde des prérogatives de leurs conseils généraux ". Mais parmi les signataires de cette proposition il n’y a aucun représentant réunionnais et la campagne favorable à la départementalisation menée par Le Progrès ne rencontre aucun écho. En effet il semble que ceux qui sont au pouvoir à La Réunion craignent de voir appliquer la fiscalité dans le cas éventuel où la colonie deviendrait département. Faut-il rappeler qu’à cette époque les impôts directs n’existent pas dans l’île et personne ne veut de " la fiscalité odieuse de l’impôt sur le revenu ". La question de la départementalisation est donc mise entre parenthèses, encore une fois.

La Ligue des droits de l'homme réunionnaise souhaite que La Réunion devienne un département Français :

" Considérant que, depuis son arrivée à La Réunion, M. le gouverneur Truitard s'est attaché à solutionner équitablement les différents conflits d'ordre social dont il a eu à connaître ; persuadés que, le passé garantissant l'avenir, il continuera à étudier avec bienveillance toutes les questions concernant les classes laborieuses ; l'assurons, au cas où les forces réactionnaires du pays l'attaqueraient, de tout le dévouement de la Ligue des droits de l'homme et du Citoyen. Considérant que la situation de La Réunion comme colonie est de nature à toujours soulever des points de droit particuliers, la Ligue toute entière réclame que notre île soit faite département français, avec tous droits et prérogatives y afférents. "

5 septembre 1936, la section locale du Syndicat National des Instituteurs est créé, le secrétaire général est Eugène Dutremblay Agenor.

11 novembre 1936, pour la première fois, grâce à l’appui du gouverneur Truitard, un rassemblement syndical de grande ampleur se tient à Saint-Denis, réunissant plus de 2 000 travailleurs, dont beaucoup venus du Port par train spécial.

17 décembre 1936, paraît au journal officiel de la République Française un décret étendant aux colonies les lois sociales de la France métropolitaine. C'est un télégramme, émanant de l'Agence Économique des Colonies Autonomes et des Territoires Africains sous mandat, qui apporte la bonne nouvelle dans le pays :
"Monsieur le gouverneur de l'île de La Réunion, Saint-Denis.
Pour répondre au désir que vous avez bien voulu exprimer, j'ai l'honneur de vous faire parvenir sous ce pli la partie de l'exemplaire du Journal Officiel de la République Française en date du 17 décembre 1936 où se trouvent publiés les textes des trois décrets étendant à La Réunion l'application des dispositions législatives du 20 juin concernant les congés payés, la semaine de quarante heures et les conventions collectives du travail"
. La Réunion respire et les travailleurs sont heureux.

1936, la Mission adventiste de la Réunion est créée, Paul Girard, alors pasteur autorisé, s’installe avec son épouse et sa fille au Port de la Pointe des Galets et commence à prêcher. Les premières personnes manifestant de l’intérêt pour le message adventiste font l’objet d’une grave répression de la part des autorités religieuses.

Population de La Réunion en 1936 : 208 258 personnes.


Naissance en 1936 :

5 juin 1936, naissance à Limoges, Haute-Vienne, de Jacques Dewatre préfet de La Réunion du 18 juillet 1981 à décembre 1992. Formé à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, affecté en Algérie où il fut blessé en opérations, M. Dewatre quitta l’armée après 15 ans de services en ayant effectué des séjours en corps de troupe, dans des états majors et comme instructeur dans des écoles d’officiers. Après des études de droit, il entra dans le corps préfectoral où il servit en métropole, Polynésie française, Guyane, Réunion et dans les Yvelines. Devenu en juin 1993 directeur général de la sécurité extérieure (DGSE, services secrets français), fonction qu’il exerça jusqu’en avril 2000. M Jacques Dewarte a été élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d'Honneur. Fin avril 2000 Ambassadeur de France en Éthiopie, poste qu'il quitte le 9 juillet 2001, ayant atteint la limite d'âge.



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