Histoire de La Réunion année 1948, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1948.

Histoire de La Réunion année 1948

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26, 27 janvier 1948 cyclone sur La Réunion, 165 morts.

26 janvier 1948 et 27 janvier 1948, un cyclone provoque la mort de 165 personnes. Au plus fort de la nuit du 26 - 27 janvier, on estime que les rafales de vents dépassent les 300 kilomètres à l'heure. Le centre du système passera à moins de 50 km de l'ouest de l'île. Le cyclone détruit entièrement les thermes de Cilaos, la ville de Cilaos perd alors son principal intérêt.

Au matin du 27 janvier 1948, La Réunion se réveille paralysée : le téléphone ne fonctionne plus, et on ne peut plus circuler dans tout un secteur de l'île. Seule la côte Est a été en grande partie épargnée. Les premiers bilans sont faits à Saint-Denis. Ils sont désastreux. Les bas de la ville et le Butor ont particulièrement souffert, et on ne compte plus les bâtiments sans toit. Le pont du Barachois, fierté des Dionysiens, avait déjà perdu quelques travées en 1944. Cette fois, il a été complètement coupé du rivage. La mer a remonté la rue de l'Embarcadère, envahissant la ruelle Floricourt, et la rue Juliette Dodu. Le mur Nord du cimetière de l'Est a été bouleversé, des tombes ont été affouillées et on trouve des cercueils et des ossements dispersés dans tout le secteur. A Sainte-Clotilde, toutes les cases du littoral ont disparu. Le vent a arraché une partie du toit de la cathédrale. L'eau a coulé le long des murs, endommageant les peintures du choeur. La préfecture, les bâtiments de la place du Barachois, la station de T.S.F., l'hôtel de ville ont subi de graves dégâts, et sont particulièrement découverts. Certaines rues sont rendues impraticables à cause des maisons écroulées. Au Butor et à Sainte-Clotilde, quartiers les plus touchés, les maisons en bois n'ont pas résisté. Toute une partie de la population, sans abri, a été obligée de se réfugier dans l'église de Sainte-Clotilde.

A la Montagne, on estime que 90% des maisons ont été atteintes. Le laboratoire du Père Raimbault, à la léproserie, a été totalement détruit. Et trois religieuses ont péri, ainsi que deux malades. Les autres écarts de Saint-Denis ont moins souffert. Saint-Denis compte 7 morts, mais la capitale est loin d'être la plus atteinte.

Les routes de la Côte au Vent étant les moins endommagées, on a bientôt des nouvelles de cette région. A Sainte-Marie, la mer a envahi tout le quartier de l'abattoir ; l'usine de Bois-Rouge, à Sainte-Suzanne a été frappée et endommagée par les flots. Les vagues ont également attaqué le littoral de Champ-Borne, coupant la route endommageant l'église, arrachant portes et fenêtres, emportant les bancs, le confessionnal.. Des paillotes du bord de mer, il ne reste rien.

De toutes les communes de l'Est seule Salazie compte des pertes en vies humaines. Sans doute les vents ont-ils tourbillonné dans le cirque. L'action des eaux torrentielles a sa part aussi dans ce bilan de 12 morts. Près de la Mare à Poules d'Eau, un éboulis a coupé orovisoirement le bras des Demoiselles. En lâchant brusquement, le barrage naturel a emporté une case, et toute la famille qui l'occupait. Un seul rescapé a dû la vie à la force de ses poignets, s'accrochant toute la nuit aux branches d'un arbre. Les sept autres personnes sont mortes.

Mais c'est l'Ouest qui a le plus souffert ; la commune de Saint-Paul compte à elle seule 58 morts. Beaucoup ont péri par l'eau : le raz-de-marée d'un côté, le flot du Bernica et de toutes les ravines en crue de l'autre noient toute la basse ville. L'océan déchaîné empêche l'étang de se vider normalement. Il y a quatre mètres de fond devant le palais de justice.

Au Bois de Nèfles, le cyclonne a frappé avec une rare violence ; l'écart compte plus de 15 morts. La net de l'église est partiellement découverte. On n'aura que tardivement des nouvelles de Mafate, mais les pertes y sont estimées à une vingtaine de morts pour tout le cirque.

La pluie abondante sur tous les hauts de l'Ouest a creusé de nouvelles ravines : certains villages resteront isolés pendant plusieurs jours.

Saint-Leu a également été atteint par les inondations. L'église est noyée de boue, comme tout le bas de la ville. On compte 16 morts. 80% des maisons ont été détruites par l'eau, la boue ou les galets.

Il y encore 10 morts aux Avirons, 7 morts à l'Entre-Deux. Les habitants de Dimitile, isolés par la coupure de leur chemin d'accès, ont enterré leurs défunts auprès de leur chapelle en bardeaux, dans la montagne. A Cilaos, on compte plusieurs morts et les thermes sont totalement détruits.

Le Sud est moins gravement atteint, mais il y a encore 6 morts à Saint-Louis et au Tampon, 3 à Saint-Pierre et 1 à Saint-Joseph.

Avec les jours, les bilans vont se préciser. Les chiffres officiels s'arrêteront à 165 morts. Dans les 11 communes plus atteintes, les pertes en bâtiments sont estimées à 70%. On compte plus de 4 600 sinistrés, plus de 21 000 personnes ont perdu tous leurs vêtements. Les cultures vivrières ont été anéanties, le géranium a été détruit de 70 à 90%, le cheptel bovin de 50 à 60% selon les régions. Seule la canne à sucre a assez bien résisté, la perte n'est que de 20%.

Avec près de 3 000 maisons détruites, plus de 15 000 sans-abri, la situation au lendemain du cyclone est désastreuse. Les secors s'organisent, mais les moyens de l'époque sont encore fort réduits. De Madagascar, de Maurice partent des bateaux chargés de vivres et de médicaments. Le paquebot "Eridan" arrivera le 7 février 1948 de la grande île avec des secours, précédé du "Carabo" et du "Cancalais" venant de Maurice. Mais auparavant, il faudra sauver de la famine les habitants des zones isolées, par une opération jusque-là jamais tentée dans l'île : le parachutage de vivres et médicaments, effectué à Ciloas, Trois-Bassins, Saint-Gilles-les-Hauts, et Saint-Leu. Le 'Jjunker" et les parachutistes envoyés de Madagascar sauveront ainsi plus d'une vie humaine. Le 6 février, un "Halifax" venu spécialement de métropole déchargera à Gillot 5 tonnes de médicaments et produits pharmaceutiques. A Mafate, par contre le relief empêche tout parachutage efficace. Or, trois mille personnes sont isolées dans le cirque, dénuées de tout. Elles seront sauvées par une caravane de 32 soldats et plus de 150 porteurs bénévoles, qui apporteront 7 tonnes et demie de médicaments, vivres, couvertures, lait...

A Paris, le conseil des ministres du 12 avril 1948, puis l’Assemblée nationale évoquent la situation dramatique de La Réunion. Une subvention de 200 millions de francs métropolitains est votée à l’Assemblée nationale afin de venir en aide aux sinistrés.

18 mai 1948, grève des fonctionnaires réunionnais. Article du journal Le Peuple : " C’est la première grève de cette importance à La Réunion... la cause des fonctionnaires est juste...". De son côté, le ministre des Finances de l’époque, Robert Schumann, justifie les mesures prises par le gouvernement pour refuser l’égalité entre les fonctionnaires réunionnais et métropolitains : " Une amélioration trop sensible pouvant résulter pour le personnel d’Outre-mer d’une extension pure et simple du régime métropolitain exercerait sur les salaires locaux du secteur privé une répercussion néfaste ".

1948, la Caisse Générale de Sécurité Sociale s'installe, rue Sainte-Marie à Saint-Denis, Jean Hinglo est le premier président du conseil d'administration de la Caisse Générale de Sécurité Sociale le 16 septembre 1948, poste qui conserve jusqu'au 8 septembre 1952.

2 décembre 1948, Émile Hugot s'investit dans l'activité sucrière et, à force d'opiniâtreté, suscite la création des sucrerie de Bourbon. La nouvelle entité est issue de la fusion des sociétés de La Convenance, Adam de Villiers, l'Eperon et Grand-Bois. Il en est le premier administrateur général et président du conseil d'administration.

émile Hugot administrateur des sucreries de Bourbon

1948, le service forestier réunionnais se transforme en Conservation des Eaux et forêts.

1948, la radio connaît un développement important. Créé en 1936 par Réné Demarne, Radio Saint-Denis, d'abord rattaché au PTT, avant la guerre, passe en 1948 sous le contrôle de la Radio Diffusion Française.

1948, le réunionnais Auguste Brunet, député de La Réunion de 1924 à 1942, est fait commandeur de la Légion d’honneur.


Naissance en 1948 :

1948, naissance de Hubert Fournier, préfet de La Réunion du 2 décembre 1992 au 2 janvier 1995.

25 mars 1948, naissance de Camille Sudre, Président du Conseil Régional : 27 mars 1992 au 25 juin 1993. Camille Sudre fonde avec son épouse Margie Sudre, le 14 juillet 1981 Radio Freedom.


Décès en 1948 :

27 avril 1948, décès, du maire de Saint-Denis Jean Chatel dans son bureau à l'hôtel de ville de Saint-Denis.

8 avril 1948, décès de Charles Marie Lucien Gasparin, homme politique.

13 octobre 1948, décès de Joseph Urbain Court. Gouverneur de La Réunion du 15 décembre 1938 au 29 décembre 1939.



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