Histoire de La Réunion année 1959, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1959.

Histoire de La Réunion année 1959

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Commencement des travaux de la route du littorale.

7 février 1959, l'ingénieur en chef des Travaux publics Gaudel signe avec M. Beretta, représentant la Compagnie française d'entreprise et la Société malgache des Grands travaux de l'Est, le marché de la plate-forme de 12 395 mètres de la route du littorale. Ce marché s'élève à 1,212 milliard CFA. Les travaux seront dirigés par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Zelbin. Ils doivent durer 3 ans, et la future chaussée se trouvera entre 12 et 15 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est également prévu de creuser 1 518 mètres de tunnels. Le 28 octobre 1959 le préfet de La Réunion, Perreau-Pradier tire le premier coup de mine du premier de ces tunnels, qui doit percer le cap Bernard. Les 800 mètres de plate-forme séparant le pont de la rivière Saint-Denis du cap Bernard sont déjà terminé.

La société malgache des Grands travaux de l'Est, la Compagnie française d'entreprises et la Société nationale de travaux publics se sont partagé le travail : la première attaque depuis la Possession, la seconde depuis Saint-Denis, et la troisième s'occupe plus particulièrement des tunnels.


12 février 1959, le gouvernement démet de ses fonctions le Conseil municipal de Saint-Paul et nomme une délégation spéciale.

Article du Journal réunionnais témoignages du samedi 14 février 1959 : "... Sur le rapport du préfet Jean Perreau-Pradier, le conseil des ministres a décidé la dissolution de la municipalité de Saint-Paul à trois semaines du scrutin du 8 mars ! ... La nouvelle que chacun attendait a été diffusé par la radio hier matin : le conseil des ministres, réuni jeudi sous la présidence du Général de Gaulle, Président de la République a décidé, sur rapport du ministre de l'intérieur, la dissolution du conseil municipal de Saint-Paul. Ainsi par la pression, la corruption ou l'abus de confiance, des démissions ont été obtenues ou extorquées depuis plusieurs semaines à Saint-Paul. Malgré les plaintes et protestations des intéressés, le préfet, n'ordonnant aucune enquête, considérait les démissions comme définitives. Mais il n'en restait pas moins que quinze conseillers de la majorité sur dix-neuf. C'est à dire 80 % avaient manifesté, il y a quelques jours, au Président de la République et au ministre de l'Intérieur leur volonté de conserver leur mandat. Et ils étaient 15 conseillers sur un Conseil Municipale de 27 membres soit 55 %. C'est à dire plus que la moitié du Conseil, minimum exigé par la loi pour le maintient en place d'une municipalité...".

Jean Perreau-Pradier Préfet de La Réunion

8 Mars 1959 et 15 mars 1959, Les élections municipales de mars 1959 se déroulent d’ailleurs dans un climat de violence généralisée.

Aux municipales de 1959 quatorze communes sur vingt-trois jouissent du régime de la liste unique. Les communistes passent de 131 conseillers municipaux avant 1959, à 27 après les élections de mars. En même temps, les élus de R.P.F., devenu U.N.R., passent de 15 à 212, tandis que le M.R.P., passent de 4 à 262 élus.

Lors de ce scrutin, c’est le socialiste Serveaux qui est désigné nouveau maire de Saint-Paul.

Pour la mairie de Saint-Denis s'affronte Paul Vergès et Gabriel Macé, le jour des élections le 15 mars 1959 le jeune militant communiste de 17 ans, Eliard Laude est tué, et Antoine Baïkom reçoit un coup de fusil dans la poitrine. Paul Vergés tête de liste de l’Union est violemment frappé lors d'affrontements par les forces de l'ordre. Gabriel Macé est élu, il est le nouveau maire de Saint-Denis.

Gabriel Macé maire de Saint-Denis en 1959

23 avril 1959, annulation par décision du Conseil constitutionnel de l'élection lors des législatives de novembre 1958 de Valère Clément.

26 avril 1959. Aux élections sénatoriales du 26 avril 1959, Georges Repiquet est réélu dès le premier tour sur une liste sans étiquette avec son colistier Paul-Alfred Isautier.

18 mai 1959, la fédération réunionnaise du partie communiste français est dissoute. Paul Vergès crée le Parti communiste réunionnais, le PCR. C'est en présence de Léon Feix représentant du comité central, lors de 6e conférence fédérale des 17 et 18 mai 1959 que se déroule la transformation de la fédération en PCR. Le comité directeur du PCR : Paul Vergès, Bruny Payet, Alice Peverelly et Evenor Lucas. A ces quatre responsables s'ajoutent, pour former le bureau : Pierre Rossolin, Isnelle Amelin.

Paul Vergès est convaincu que la départementalisation est un échec et qu'il faut imaginer une nouvelle organisation administrative. La solution l'autonomie seul moyen selon lui de débarrasser définitivement La Réunion de ses oripeaux coloniaux. Ce nouveau discours sonne juste à l'oreille des militants, convaincus par leur parti qu'ils ne toucheront jamais les dividendes de la départementalisation.

Paul Vergès se heurte cependant à une vive opposition de vieux militants comme Léon de Lépervanche ou Raymond Mondon qui se sont battus pour obtenir l'assimilation par la départementalisation et la création de Fédération communiste locale, et qui se prononcent clairement contre le projet de thèse du nouveau parti.

14 juin 1959, lors d'élection législative partielle Valère Clément est réélu député.

Le général de Gaulle à La Réunion :

9 juillet 1959, Pour la première fois un chef d’État français le général de Gaulle se rend à La Réunion. La visite est courte 18 heures mais dense. Le Général est accompagné de son Premier ministre, Michel Debré et de Jacques Soustelle ministre délégué au près de ce dernier, ainsi que d’une cohorte de photographes et de journalistes de la presse nationale. Dans l'océan Indien l’escorteur “ Le Bourdonnais ” et le porte-avions “ Arromanches ” accompagnent cette visite.

1959 visite du Général de Gaulle à La Réunion

Jeudi 9 juillet 1959, 21h20 l'avion un Super-Starliner d'Air-France se pose à Gillot, à 21h30 Charles De Gaulle apparaît, en uniforme de général de brigade. Il salue, et descend l'escalier. Ovations, flashes des photographes. En bas, devant la Compagnie de Bourbon qui présente les armes, un petit groupe de personnalités : le préfet Perreau-Pradier, son secrétaire général et son directeur de cabinet ; les trois députés, Marcel Cerneau, Marcel de Villeneuve et Valère Clément ; les deux sénateurs, Georges Repiquet, et Fred Isautier ; le président du Conseil général Roger Payet ; le procureur général ; les commandants de la subdivision militaire et de la gendarmerie ; les maires de Saint-Denis et Sainte-Marie, Gabriel Macé et Louis Lagourgue ; et trois membres du Conseil général, Adrien Cadet, Dominique Sauger et Joseph Lacaille. Le président de la République sere quelques mains, embarque avec le préfet et son aide de camp dans l'ID noire de la préfecture, frappée du fanion présidentiel. Le convoi comprend une vingtaine de voitures. A mesure qu'il approche de la ville, la foule se fait plus dense. Des cris, "Vice De Gaulle ! Vive la France ! jaillissent. Les D.S. noires passent rapidement, suivent le bord de mer, s'arrêtent devant la préfecture. C'est la qu'attend la masse. Comment l'estimer ? La place est trop sombre pour qu'on puisse dénombrer combien de personnes sont là, venues souhaiter la première bienvenue au chef de l'État. L'ovation qui salue Charles De Gaulle, quand il apparaît, bras écartés, au balcon de la préfecture, est magnifique. Mais ce n'est rien à côté de ce que réserve le lendemain.

Le général commence, tôt sa journée du 10 juillet. Dès 8 heures, il quitte la préfecture suivi du préfet, de Michel Debré, de Jacques Soustelle. Sur la place, la compagnie de Bourbon présente son drapeau, entre un détachement de gendarmes et les marins de "l'Arromanches" venu à toutes machines de Diégo, et ancré face à la ville. Sitôt après le convoi automobile se reforme et conduit le président et sa suite au monument aux morts, rue de la Victoire. La cérémonie traditionnelle est suivie d'un de ces "bains de foule" dont le général De Gaulle est en train d'instituer la tradition. Le chef de l'État serre les mains des anciens combattants, des médaillés militaires, puis des dizaines de mains dans la foule, qui déborde le service d'ordre, se presse, rugit son enthousiasme. La rue de la Victoire est trop étroite pour tout ce monde qui se bouscule, qui s'écrase contre les devantures des magasins, qui se hausse sur la pointe des pieds pour apercevoir le képi qui navique au-dessus de la marée humaine. Cette nuée suit le général, jusqu'au square La Bourdonnais, le raccompagne jusqu'à la préfecture. On ne s'entend plus, ce n'est qu'un seul cri.

Le point d’orgue de ce séjour se déroule au stade de la Redoute, à 11 heures, devant un rassemblement colossal de 30 à 35000 personnes massées sur la pelouse du stade. " Vous êtes Français, vous êtes Français par excellence, vous êtes Français passionnément " Lance le Général. Diverses personnalités se succèdent à la tribune. D’abord Roger Payet, président du conseil général, puis Michel Debré, Premier ministre.

Sur le site : Discours du Général de Gaulle Président de la République à la Redoute La Réunion le vendredi 10 juillet 1959.

Roger Payet dénonce quelques problèmes : " ... Notre île ne pourra plus, bientôt, nourrir ses enfants. Déjà le spectre du chômage, non plus seulement saisonnier, comme dans tous les pays agricoles, risque d'anéantir dans un climat social dégradé tout ce qui a pu être entrepris à ce jour. Notre ardente jeunesse, toujours croissante, ne trouve déjà plus l'emploi auquel elle se destinait et risque de tomber dans l'amertume et le désespoir.. ".

Les cris de la foule roulent encore sur le stade lonftemps après que le président ait quitté la tribune. Il est vite rentré à la préfecture où l'attendent, dans les grands salons du premier étage, près de 900 personnes. Il retrouve là Mme De Gaulle, qui a consacré sa matinée à la visite du Museum d'histoire naturelle, de l'lhospice de Saint-François d'Assises, et du Centre hospitalier Félix Guyon, elle a inauguré le nouvel hôpital d'enfants. La suite est très rapide. Le général abandonne la réception officielle pour un déjeuner intime. Vers 14h30, le convoi présidentiel quitte la préfecture pour Gillot. Mais avant de partir, le président de la République dépose une gerbe au monument des Forces françaises libres. Il est un peu plus de 15 heures quand le Super-Starliner décolle, emportant Charles De Gaulle vers Tananarive et Paris. Il n'a passé que 18 heures à La Réunion. Mais le moins qu'on puisse dire est qu'elles ont été bien remplies.

Jacques Soustelle quitte La Réunion par le Super-Constellation de 9h30, le 12 juillet 1959. Mais la fête n'est pas finie pour autant, à La Réunion. Le porte-avion "Arromanches" et l'escorteur "La Bourdonnais" sont restés. Le "La Bourdonnais" est flambant neuf. Construit à Brest, il navigue depuis 1958. Jaugeant 3 000 tonnes et est armé de fusées anti-sous-marins, de 6 canons de 127 et de 6 canons de 57. Les 300 hommes du bord sont particulièrement fêtés à La Réunion : l'île va devenir marraine du navire !

Le dimanche 12 juillet 1959 le "La Bourdonnais" devient filleul de La Réunion : grand-messe à la cathédrale de Saint-Denis, cérémonie de parrainage devant la statue de Mahé de La Bourdonnais, discours d'Albert Lougnon, proviseur des lycées de La Réunion qui retrace la vie de Mahé de la Bourdonnais, dont l'escorteur flambant neuf est le troisième à porter le nom. A l'hôtel de ville, une exposition consacrée au grand administrateur et marin reçoit un nombreux public.

Le lendemain dès 7h30 "l'Arromanches", appareille de la Pointe-des-Galets. A 9 heures, il est devant Saint-Denis. Sur le Barachois, 120 de ses marins défilent, à côté des détachements traditionnels du groupe de gendarmerie et de la compagnie de Bourbon. Sur le pont d'envol, de "l'Arromanches" les "Corsair" ont déplié leurs ailes, s'alignent pour le décollage. En formation ils survolent Saint-Denis et forment une croix de Lorraine ; puis ils foncent sur le porte-avions, stimulent une attaque dans le vacarme des moteurs lancés à plein régime, avant d'attérir impeccablement. Le dernier geste officiel de la Fête nationale sera la pose par le préfet et le maire de Saint-Denis de la première pierre de la "Résidence du Barachois", le long de la rue de Nice.

Le premier ministre Michel Debré suite à son voyage à La Réunion est touché par la malnutrition qui règne dans l'île. Il décide de faire envoyer du lait par l'intermédiaire de la croix rouge. Ces envois, effectués à partir des excédents de production, sont faits sous forme de lait déshydraté, ils sont distribués dans les écoles. Ce complément d'alimentation est vite baptisé " Lait Debré ".

3 novembre 1959, intervention à l'assemblée du député gaulliste Valère Clément qui réclame au premier ministre l'application des lois sociales pour La Réunion : " Monsieur le ministre, il faudra bien qu'un jour prochain le Gouvernement se décide à rechercher des solutions de hardiesse. Je souhaite que les départements d'outre-mer soient le plus tôt possible intégrés dans l'économie nationale, afin que leurs populations puissent bénéficier des avantages dont jouissent les travailleurs de la métropole. Outre une manifestation d'entraide et de solidarité, ce sera un symbole : quand tous les Français défendent le même drapeau, il importe que ce drapeau les enveloppe dans ses plis ".


Décès en 1959 :

- 6 décembre 1959, décès de Alcide Baret, Poète.



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