Histoire de La Réunion année 1963, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1963.

Histoire de La Réunion année 1963

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21 janvier 1963, le préfet de La Réunion, Jean Perreau-Pradier annonce dans une conférence de presse son rappel en métropole et son remplacement par Alfred Dieffenbacher. Il reste en poste jusqu'au 1 er mars.

30 janvier 1963, Paul Vergès, est en métropole pour défendre son recours administratif suite à l'élection de novembre 1962, Il se voie interdire par la police de l'air de quitter le territoire national pour rejoindre La Réunion. On indique au ministère de l'Intérieur que cette interdiction a été prise à la demande du préfet de La Réunion par mesure de sécurité en vertu de la Loi sur l'état d'urgence.

Paul Vergès

Le journal Témoignages, s'indigne : " Ouvriers, planteurs réunionnais, protestez partout ! Imposez le respect de nos droits et de nos libertés de Créoles contre l'arbitraire colonial. Exigez le retour de Paul Vergès ". Le Progrès, aux termes plus mesurés, dénonce quand à lui l'erreur politique grave que constitue une telle mesure. " La première idée qui vient à l'esprit est simple : on veut l'empêcher de prendre part aux élections législatives partielles ".

En métropole la presse s'empare également du problème. Libération : " On notera qu'en décrétant ici que La Réunion, réputée département d'outre-mer, ne fait pas partie du territoire national, le ministère de l'intérieur se rend coupable d'une atteinte caractérisée à l'intégrité du dit. En même temps que d'une inadmissible entrave à la liberté d'un citoyen contre lequel n'a été relevé aucune charge légale ".

Le secrétaire général du P.C.R. porte plainte contre X pour atteinte à la liberté individuelle, et introduit un recours devant le Tribunal administratif.

Cette mesure permet d'éviter la présence du leader communiste sur le terrain alors que s'organise la campagne en vue des législatives partielles. Le secrétaire général du P.C.R. doit attendre le 22 février 1963 pour voir annuler les poursuites à son encontre, c'est à dire le jour de l'annulation officielle des élections de novembre 1962. Le 25 février le juge Corbeil rend à Paul Vergès son billet pour son retour à La Réunion.

De toute évidence, le gouvernement ne peut se permette de maintenir plus longtemps Paul Vergès en métropole. Il le peut autant moins que les hautes instances de l'Etat étaient au courant de l'éventualité d'une candidature Debré à La Réunion. En effet le 26 février 1963, Georges Repiquet, sénateur de La Réunion est reçu par le Président de La République, il déclare : " voici pour mémoire ce que le Général de Gaulle m'a dit. La Réunion c'est la France. Je n'ignore pas que vous ayez des problèmes et que ces problèmes vous préoccupent en raison de leur importance, mais la France est un grand pays et peut les solutionner. Une chance s'offre à vous pour les résoudre, c'est la présence de M. Debré. Je serai tout disposer à conseiller à Debré de poser sa candidature à La Réunion, à la condition expresse que La Réunion, à l'exception des communistes souhaite sa candidature ".

22 février 1963, le Conseil constitutionnel en raison des trop nombreuses irrégularités ayant entaché le scrutin de novembre 1962 invalide, les résultats de la première circonscription, élu Gabriel Macé et de la deuxième circonscription élu Marcel Vauthier.

1 er mars 1963, le préfet de La Réunion Jean François Pierre Perreau-Pradier quitte l'île.

18 mars 1963, Michel Debré battu aux élections législatives d' Indre-et-Loire de novembre 1962, décide de se présenter à la Réunion. Ce choix surprenant s'explique par sa crainte de voir ce qui reste de l'empire colonial français suivre la voie empruntée par l'Algérie, une indépendance dont il ne se console pas. Le moyen de contrarier le projet d'autonomie de l'île de La Réunion défendue par le leader du parti communiste réunionnais Paul Vergés.

Michel Debré député de La Réunion en 1963

Dans la première circonscription deux candidats sont opposés, Paul Vergès PCR et Michel Debré UNR. Debré est soutenu par les socialistes que l'autonomie rebute.

Dans la deuxième circonscription un affrontement tripartie, Bruny Payet PCR, Marcel Vauthier MRP et Paul Bénard Mouvement pour la communauté.

15 avril 1963, plus de 3 000 personnes accueillent à Gillot, avec un enthousiasme sans précédent Michel Debré, ancien Premier ministre du Général de Gaulle. L'arrivée de Michel Debré dans l'île entraîne l'afflux d'une horde de journaliste. Dans la foulée de son arrivée à l'aéroport, il se rend à un rassemblement devant l'ancien hôtel de ville de Saint-Denis, organisé par son collaborateur, l'ancien ministre Christian de La Mallène. C'est là que pour la première fois Michel Debré prend la parole en public pour sa campagne. Le Figaro rapporte : " Il insista sur le fait qu'il était le compagnon du Général de Gaulle... Son adversaire réclamant l'autonomie de la Réunion, l'ancien Premier ministre s'attacha à démontrer que cela entraînerait la séparation de la France, l'indépendance et la servitude à Moscou ou à Pékin... ".

1 er mai 1963, point culminant de la campagne de Michel Debré, un imposant rassemblement est organisé par l'A.R.D.F, place Sarda Garriga à Saint-Denis, selon le JIR 15 000 personnes, selon le Monde 10 000 personnes. Ce rassemblement prend l'allure d'un plébiscite en faveur de l'attachement de La Réunion à la France métropolitaine. Après un discours enflammé au cours duquel Michel Debré réaffirme que le seul espoir de développement, de liberté et d'égalité, ne peut se faire que dans l'ensemble français. Le candidat est hissé sur des épaules et porté en triomphe.

5 mai 1963, élections législatives partielles, les résultats :

- Dans la première circonscription. Inscrits - 54 170. Exprimés - 38 273.

Michel Debré est élu député de La Réunion avec 80.75 % des suffrages exprimés, 30 908 voix contre 7 365 pour Paul Vergès soit 15.95 % des suffrages exprimés. Michel Debré devient immédiatement le leader de la droite locale. Il exercera son mandat de député pendant vingt-cinq ans.

- Dans la deuxième circonscription. Inscrits - 53 873. Exprimés - 32 463.

Marcel Vauthier retrouve son siège de député dans la deuxième circonscription de La Réunion avec 60,13 % des suffrages exprimés, 19 519 voix contre 7 936 pour Bruny Payet 24.45 % et 5 008 pour Paul Bénard 15.42 %.

16 mai 1963, Paul Vergès dépose une requête à la préfecture de La Réunion pour faire annuler les élection dans la première circonscription. La requête est rejetée.

En dessous extrait du Journal officiel de 14 juillet 1963.

Journal Officiel 14 juillet 1963

Michel Bassi du Figaro, présent dans l'île, reconnaît le 7 mai 1963, que " les habitudes sont bien difficiles à perdre " mais estime que les irrégularités " ont porté sur cinq, peut-être dix pour cent des voix ", ce qui rend indiscutable la victoire de Michel Debré.

Le Journal Témoignages organe de presse du parti communiste réunionnais dénonce le 6 mai 1963 " un scrutin digne de Perreau-Pradier " Le reste de la presse locale reconnaît une victoire incontestable de Michel Debré.

En métropole la presse traditionnellement hostile à l'ancien premier ministre fait clairement de ce dernier l'élu d'une République Bananière : Michel Debré devient " Bonzoreil ".

Le Canard Enchaîné se montre également virulent : " Clémenceau était allé se faire réélire dans le Var et Léon Blum dans l'Hérault... Pauvre Debré ! A La Réunion ! fallait-il que vous en eussiez envie ! ... votre élection a mis en lumière les pires tares du régime semi-colonial ... Il ne se passe pas une semaine sans que le Canard Enchaîné, ne caricature le " nouveau gouverneur de La Réunion ".

Libération du 7 mai 1963 : " Les gaullistes n'ont pas de quoi pavoiser ".

L'élection de Michel Debré comme député de La Réunion, son long passage dans l'île et le poids qu'il conserve à Paris vont avoir des résultats importants. D'abord, la presse nationale s'intéresse à La Réunion : sous ce regard, il y aura progressivement moins de fraudes et d'abus. Ensuite, Debré lui-même est scandalisé par le retard sanitaire et sociale de l'île : le rattrapage va s'accélérer avec lui dans tous les domaines, car le député ministre n'hésitera pas à aller taper du poing dans les administrations centrales pour faire avancer les dossiers. Enfin, la hantise de l'autonomie, sans cesse exprimée par Michel Debré, servira d'aiguillon dans la marche vers l'égalité, à un point tel qu'un jour, cette revendication sera oubliée par le parti communiste réunionnais.

1 er juin 1963, ouverture du la route du littoral, elle relie Saint-Denis à La Possession. Elle complète un tour de l'île désormais entièrement bitumé. Cette liaison marque la victoire définitive de la route sur le rail, le dernier tronçon qui reste en activité Saint-Denis La Possession devient inutile. On maintiendra cependant quelques autorails en fonctionnement, car il apparaît très vite, que l'ouvrage est menacé par des chutes de pierre à la moindre pluie. Il faudra sans cesse se protéger contre les chutes de pierre et même remplacer la trop dangereuse chaussée par une nouvelle route, moins de dix ans après son inauguration.

7 juin 1963, publication au Journal officiel de la République française des statuts du Bumidom, Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer. Créé par Michel Debré le Bumidom a pour objet de contribuer à la solution des problèmes démographiques intéressant les départements d'outre-mer. Espoir pour les chômeurs de La Réunion dont le nombre s'accroît, présentée comme une panacée par les politiques, de nombreux réunionnais partent en métropole. Ils sont dispersés dans tout l'hexagone pour y effectuer le travail d'agent des PTT. Réputés dociles, ils deviennent aussi ouvriers spécialisés sur les lignes de montage de Renault ou Simca. Ils changent de postes régulièrement et sont mobiles à l'intérieur du pays. Le programme mis en place par Michel Debré pour contribuer au repeuplement de la Creuse par l'immigration d'enfants réunionnais a été porté par le Bumidom. Cette affaire est connue sous le nom des enfants de la Creuse. De 1963 à 1982, 1 630 enfants réunionnais ont été " arrachés " à leur île natale et envoyés, pour la plupart, dans la Creuse et en Lozère. Le scandale éclate le 30 janvier 2002, lorsque Jean-Jacques Martial, un Réunionnais exilé en 1966, dépose plainte pour enlèvement et séquestration de mineur, rafle et déportation ".

Le placement d'enfants de la DDASS insulaire dans l'hexagone a d'abord pour cadre général les flux migratoires qui ont pour objectif de réguler, l'accroissement démographique des DOM en état de sous-développement économique et social. Le directeur de la DDASS de La Réunion, Jean Barthe, organise rapidement le placement en métropole d'enfants sous la responsabilité des services sociaux de l'État. En effet dans un département qui passe de 275 000 habitants en 1954 à 350 000 en 1961, le nombre d'enfants confiés à la DDASS réunionnaise s'accrois parallèlement de façon considérable sans que les structures d'accueil locales soient en mesure de les recevoir. Trois objectifs :

- donner à des enfants ( le plus souvent pupilles ou orphelins ) une chance de réussir leur vie ailleurs qu'à La Réunion où leur avenir est plus que fortement compromis par les conditions économiques et sociales.

- Ensuite contribuer à la régulation démographique.

- Enfin, c'est aussi le moyen d'apporter à des départements métropolitains victimes de l'exode rural une population jeune.

9 juin 1963, la première Dodo sort des fûts des Brasseries de Bourbon, son créateur est le maître brasseur Anvazini . Elle est mise sur le marché en bouteille de 75cl sous le nom de Dodo-Pils. Sur l’étiquette, les deux dodos font référence au passé réunionnais alors que le terme " pils " apporte la caution allemande, gage de qualité pour une bière.

4 juillet 1963, la cour d'appel de Saint-Denis rend son verdict sur trois affaires de diffamation concernant Paul Vergès, suite à des articles publiés en 1961 dans Témoignages. Le premier jugement a été rendu par le tribunal correctionnel de Saint-Denis le 28 septembre 1962. Le secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais étant relaxé pour deux d'entre-elles mais condamné avec sursis pour la troisième. Après appel Paul Vergès se retrouve condamné pour les trois affaires à trois mois de prison. Il porte alors l'affaire devant la cour de cassation, mais le gouvernement resserre encore l'étreinte judiciaire. Le secrétaire général du PCR est attaqué pour atteinte à l'intégrité du territoire, devant la Cour de Sûreté de l'État. Les poursuites sont basées sur une quarantaine d'articles de presse s'échelonnant sur plus de quatre ans, de mai 1959 à juillet 1963. A la poursuite de la Cour de Sûreté de l'État s'ajoute celle engagée par le ministre des Armées, Pierre Mesmer. Novembre 1963, le tribunal correctionnel de Saint-Denis rend son jugement sur l'affaire et condamne Paul Vergés à trois moi de prison. En même temps, il condamne encore Paul Vergès à 10 000 F CFA d'amende.

31 juillet 1963, loi de la parité globale, elle propose une formule dont l'objectif est d'accorder aux salariés des DOM des avantages familiaux comparables à ceux de la métropole dans leur volume. Mais le niveau des prestations individuelles est fixé de manière à ne pas aggraver l'expansion démographique, à partir du quatrième enfant le régime est dégressif. Les sommes ainsi prélevées sont alors reversées à un Fond d'action sanitaire et sociale obligatoire, le FASO qui a un triple objectif : Le premier est de financer des cantines pour permettre la distribution d'un repas par jour aux enfants d'âge scolaire des écoles primaires et maternelle. Le deuxième objectif concerne la mise en place de services départementaux de travailleuses familiales, encadrées par des assistantes sociales, chargées d'éduquer les mères de familles. Le troisième objectif concerne enfin la participation à l'organisation et au financement de la formation professionnelle. Cette réforme contribue à porter le budget des allocations familiales des DOM de 50 millions à 160 millions entre 1962 et 1966.

1963, Création du F.A.S.O. Fonds d'action sanitaire obligatoire. Alimenté par un prélèvement sur les allocations familiales. Il sert d'abord à faire fonctionner des cantines scolaires gratuites, puis ses actions sont étendues, il sert notamment à subventionner des associations à but social et sanitaire.

1963, inauguration de l'église de Saint-André, détruite en 1948 par un cyclone, les travaux débute en 1959, ne gardant des établissements précédents que la pierre frontale gravée de l'année 1819.

1963, le mausolée des Anglais, construit en 1810 dans la plaine de La Redoute est déplacé pour faire face à son homologue Français dans un jardin aménagé en haut d'un mamelon, sur la rive gauche de la rivière Saint-Denis. Cette esplanade fut autrefois le site d'une batterie de défense de la Rade de Saint-Denis. Sur le site : Mausolées de La Redoute.

Dès 1963, Michel Debré, alors député de La Réunion se préoccupe de la protection du patrimoine réunionnais, il écrit : " Parmi les graves et urgents problèmes de La Réunion, il en est un qui ne paraît pas des plus importants et qui mérite cependant d'être pris en considération par les pouvoirs publics, par les hommes de l'art, et aussi par chaque Réunionnais : je veux parler du classement des sites, des quartiers de villes, des monuments qui méritent d'être protégés pour leur beauté, leur intérêt artistique ou historique. Jusqu'à présent, le problème a été laissé de côté, mais la modernisation de l'île, son expansion démographique, les multiples transformations que l'on constate et celles que l'on imagine imposent un examen. Encore une fois, il ne s'agit pas, tant s'en faut, du premier de nos problèmes, mais il existe. Ce serait une erreur que de ne pas l'examiner, pire encore de le mépriser.

La Réunion est fière de son passé et le sentiment populaire est tissé d'une longue tradition. Il est dommage que la grotte où habitaient les premiers débarqués soit laissée à l'abandon. Il n'est pas indifférent que demeurent ou soient détruits les bâtiments de la Compagnie des Indes, l'ancien collège des Lazaristes ou le vieux portail du lycée Leconte de Lisle. Toutes les générations se retrouvent, ou se recherchent dans leur passé. Des prêts à bas taux d'intérêt pourraient être consentis aux propriétaires de vieilles maisons créoles pour les aider à les restaurer : c'est, en faveur du tourisme, une dépense qui en vaut bien d'autres. Le tourisme peut être un utile appoint. Mais si l'on laisse se gâcher le site de Cilaos, si la plage à la mode perd son charme, si les maisons créoles disparaissent, si le style nouveau est dépourvu de tout caractère, pourquoi venir à La Réunion ? Il faut protéger sites, monuments, maisons et rues typiques. Une action en ce sens, modérée dans son extension mais rigoureuse dans son application, doit prendre place désormais dans les préoccupations des autorités publiques. Tout urbanisme rénovateur doit laisser sa place à la sauvegarde d'un passé qui est à la fois l'expression d'une âme et la source d'une richesse. "

1963, Jean Albany publie Miel Vert.


Naissance en 1963 :

- 6 septembre 1963, naissance de Patrick Lebreton, Député de La Réunion.



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