Histoire de La Réunion année 1968, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1968.

Histoire de La Réunion année 1968

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L'affaire Ramsamy :

Samedi 27 janvier 1968, au Piton Saint-Leu, Frantz Ramsamy tue d'un coup de fusil le gendarme Marc Billaud qui avait pour mission de l'arrêter. Ramasamy s'enfuit et échappera pendant 7 ans aux force de l'ordre. Le déroulement des faits rapporté par le "Journal de l'île de La Réunion" du 9 avril 1976, le lendemain de second procés de Ramsamy :

Ce samedi 27 janvier 1968 M. Marcel Macé, contremaître à l'usine de Stella se rendait à la gendarmerie du Piton Saint-Leu pour signaler qu'un individu avait bousculé son jeune fils âgé de 9 ans et l'avait giflé tout en proférant des menaces à l'encontre de toute la famille Macé, en faisant allusion aux opinions politiques qu'il paraissait attcher à leur nom (le maire de Saint-Denis Gabriel Macé, est un des plus farouches adversaires du Parti Communiste réunionnais auquel appartient Frantz Ramsamy).

Revenu à son domicile, M. Macé constatait que le même individu se trouvait encore près de son habitation et continuait à proférer des insultes et des menaces. Armé d'un fusil de chasse qu'il braquait en direction de M. Macé, le jeune perturbateur proclamait qu'il allait les tuer tous. Tandis qu'il se réfugiait avec sa famille dans sa cuisine, M. Macé demandait à sa fille Jacqueline de se rendre en voiture au Piton pour y solliciter l'intervention des gendarmes. Aussitôt, le Commandant de brigade désignait les gendarmes Briand et Billaud pour se rendre sur les lieux afin de rétablier l'ordre et, au besoin, d'appréhender l'individu en question. A l'arrivée des gendarmes, Frantz Ramsamy n'était plus là. En compagnie de deux autres jeunes gens, il s'était éloigné en direction de "Portail".

Partis à sa recherche, les gendarmes ne rencontraient d'abord que Roger Ramsamy, frère de Frantz, qui se trouvait avec lui au moment de l'incident avec la famille Macé. Invité à suivre les hommes de la loi, Roger Ramsamy prenait place à l'arrière de la Renault que conduisait le gendarme Briand. Il était environ midi. Roulant en direction de la brigade, les gendarmes apercevaient assis sur une murette qui borde la route et tournant le dos à celle-ci, un individu dont la silhouette semblait correspondre à celle de Frantz Ramsamy. "C'est ton frère ?" - "Mi crois !", répondit Roger.

Aussitôt la voiture arrêtée, Frantz Ramsamy se levait, se retournait brusquement et, passant par la fenêtre avant de la voiture le canon du fusil de chasse qu'il avait dissimulé jusque-là, faisait feu à bout portant sur le gendarme Billaud qui était assis à côté du chauffeur... Marc Billaud s'écroule. Son collègue, gêné par sa position au volant, ne peut dégainer son arme assez viten et Frantz Ramsamy a le temps de s'enfuir. Atteint au côté droit, le foie perforé, Marc Billaud meurt à 14h30 au Centre opératoire de Saint-Pierre. Il sera enterré le 28 janvier à la Rivière des pluies.

Depuis le jour du drame les policiers et gendarmes de toute La Réunion sont à la recherche du meutrier. Un important dispositif est mis en place, mais Frantz Ramsamy échappe à toute investigation. Il reste introuvable pendnant 7 ans, jusqu'au mercredi 13 juin 1975 où les gendarmes l'arrêteront dans une grotte de la forêt où il avait établi son dernier refuge. Entre-temps, la Cour d'assises a condamné, Frantz Ramsamy à mort, par contumace. Comme le veut la loi, il doit maintenant repasser en jugement.

Mais l'affaire n'est pas encore terminé, et rebondit en coup de théâtre, le 16 février 1976 : Frantz Ramsamy s'évade. Ce jour-là sur sa demande, il avait été conduit chez le dentiste, à Saint-Pierre. Dans la salle, il attendait son tour, sous la garde de deux officiers de paix, maintenu à son fauteuil par une menotte. Brusquement, il avait retiré sa main de la menotte et s'était enfui avant que les deux policiers aient eu le temps de réagir... Cette nouvelle disparition de Ramsamy ne durera pas aussi longtemps que l'autre : dix jours plus tard, Frantz Ramsamy se rend. Le 8 avril 1976,il est traduit en Cours d'assises. Il y sera assisté de maître Folio, du barreau de Saint-Denis, et de maître Pinet, venu de Paris. L'audience permettra de confirmer que le meutrier n'a pu subsister que grâce à de multiples complicitésn dont celles d'amis politiques occupant même des fonctions de responsabilité municipale au moment des faits. Ces personnes ont été poursuivies et condamnés pour recel de malfaiteur, mais en raison de différentes lois d'amnistie, il ne nous est pas permis de faire état de leurs identités ni des peines les ayant frappées. Le substitut au procureur de la République, M. Derrien, ne réclamera pas la peine de mort contre Ramsamy. Il requerra la réclusion perpétuelle. Les défenseurs de Frantz Ramsamy ne parviendront pas à atténuer l'effet de ce réquisitoire et Frants Ramsamy sera condamné à la perpétuité...

Pour "Témoignages', l'affaire ne s'arrêtera pas avec la condamnation de Ramsamy. Le lendemain du procés, le journal communiste écrit : "Le jury a eu un réflexe de haine et de peur. Il a commis un acte de violence. C'est un acte de vengeance de classe..." Ces lignes seront considérées comme un outrage à magistrat et une insulte envers une juridiction. Le directeur de "Témoignages" sera condamné à un mois de prison et 15 000 francs d'amende.


Inauguration de la centrale hydroélectrique de Takamaka :

9 mars 1968, inauguration de la centrale hydroélectrique de Takamaka par Michel Debré et Olivier Guichard ministre de l'Industrie. Quatre ans de travaux pour un coût de 62 millions de francs, 7 ouvriers ont trouvé la mort dans des accidents de chantier. Suite à l'accident aérien du même jour l'inauguration est reportée au 17 mars 1968.

Dès le 18 octobre 1963, la presse annonce la mise en chantier de la centrale hydroélectrique de Takamaka. Le projet consiste, dans cette région de l'île dont la pluviosité est l'une des plus importantes au monde, de 7 à 14 mètres d'eau par an, à détourner les eaux de la rivière des Marsouins sur une longueur d'un kilomètre, entre un point amont à l'altitude 515 et un point aval à l'altitude 240. La production annuelle d'électricité passe ainsi de 16 millions de kilowatts par heure en 1961 à 104 millions en 1971.

Turbines de l'usine hydro électrique de Takamaka

Usine hydro électricque de Takamaka :

- Un Barrage voûte à crête déversante qui forme une retenue de 25 500 m3. Hauteur 10 mètres, crête de 40 mètres de long.

- Une prise d'eau située sur la rive gauche permettant la vidange complète du barrage.

- Une galerie d'amenée en forme de fer à cheval, de 2 mètres de haut, est entièrement bétonnée. Elle reçoit, au cours de ses 1 240 mètres de longueur, l''eau d'une cascade voisine, cascade du Bras Patiente.

- Le puits de chute vertical amène l'eau aux turbines depuis la galerie d'amenée, après une chute de 270 mètres. Entièrement bétonné, il se divise en deux à sa base, chaque branche alimentant une turbine.

- L'usine entièrement souterraine, 54 m de long, 15 m de haut et 9 m de large.

- La galerie de fuite, longue de 400 mètres, elle restitue les eaux turbinées à la rivière.

- La galerie de secours, de 400 m de longueur, donne accès à l'extérieur depuis la salle des machines.

- La centrale qui abrite deux goupes d'une puissance de 8 750 KW chacun et devant produire 78 000 000 de kwh par an. Chaque groupe est composé d'une turbine " type Françis " tournant à 1 000 tours minutes et entraînant un alternateur de 10 900 kilo-volts-ampères.

Inauguration Usine de Takamaka par Michel Debré

L'usine de Takamaka est officiellement inaugurée le 17 mars 1968 par M. Michel Debré, alors ministre de l'Economie et des Finances, et Olivier Guichard, ministre de l'Industrie.

Au rang des personnalités locales se trouvent, entre autres : le Préfet Vaudeville, les députés Cerneau, Sers, et Peyret-Forcade, les sénateurs Repiquet et Isautier, le docteur Lagourgue, président du Conseil général, le sous-préfet Rousseau et le secrétaire général de préfecture Kessler.

La production d'électricité de L'île est assurée par deux sociétés propres à La Réunion. La société d'économie mixte Energie Electrique de la Réunion, EER, qui est concessionnaire de la production et de la distribution haute tension, sauf à Saint-Denis où la société privée Bourbon Lumière rachète l'énergie électrique à l'EER et la distribue en basse tension dans la capitale. L'EER n'est qu'en partie filiale d'EDF. Les tarifs pratiquées par les deux sociétés sont bien plus élevés qu'en métropole. La baisse des tarifs ne peut se faire que dans le cadre d'une nationalisation de la produxtion. C'est ce que Michel Debré et les parlementaires finissent par obtenir avec la loi sur la nationalisation de l'électricité dans les DOM du 11 juillet 1975.


Catastrophe aérienne à La Réunion :

9 mars 1968, la plus grave catastrophe aérienne de La Réunion. 19 morts et une victime célèbre le chef d'état-major des armées, le Général Ailleret. Le général avec son état major est de retour d'une inspection des troupes française à Madagascar. L'avion du GLAM, un DC6, se pose à l'aéroport de Gillot Sainte-Marie, il est rejoint par un autre vol celui d'Air France qui amène Michel Debré, lequel vient inaugurer l'usine de Takamaka.

Général Ailleret

L'avion militaire ne reste seulement que quelques heures, un cyclone approche et le commandant veut l'éviter. Le plein fait, l'avion décolle à 23h15, sous la pluie. L'avion transporte, le général et madame Ailleret et leur fille, le général Carles chef d'état-major, le capitaine Commerçon, aide de camp du général ailleret, le médecin-commandant Philipon, le colonel Fehner. L'equipage comprend treize membres : commandant Pradier, capitaine Caëtan, lieutenants Pezet et Dombek, sous-lieutenants Troulet et Brando, adjudant-chef Ferdonnet, adjudants Bouzerot et Berriet, sergent-chefs Guiho, Burugo et Rouzeau et mademoiselle Renard, infirmière-convoyeuse. C'est un équipage renforcé en raison du programme inhabituel de vol où figure une étape longue, 11h40 de vol, Réunion - Djibouti. L'appareil emporte 18 000 litres de carburant représentant une autonomie de vol de 15 heures.

Le temps bouché ne pose cependant aucun problème, la procédure au départ de Gillot est simple, il suffit d'appuyer à gauche, vers l'Océan dès qu'on a quitté le sol. Mais c'est vers la droite que tourne le commandant du DC-6, et il persiste, malgré les appels de la tour de contrôle. Une minute après le décollage, il s'écrase sur les basses pentes de l'île, à Flacourt, commune de Sainte-Marie. Il n'y a qu'une seule survivante, l'infirmière du général.

Conformément aux règlements officiels, l'appareil accidenté étant militaire, c'est donc une commission militaire qui effectue l'enquête. Une commission composée du général Guazano, du colonel Bertin, du capitaine Humbert, du capitaine Muller, et de trois ingénieurs civils de la compagnie UTA. MM Arbouville, Muffang et Cunnan. La commission est acheminée immédiatement sur la Réunion, l'avion qui la transporte est un quadriréacteur KC 135n version militaire du B 707 qui effectue sans escale le trajet Le Bourget - Gillot en 11h50 minutes de vol. Ce sera le premier vol direct réalisé entre la France et La Réunion. L'avion se pose à Gillot le 10 mars 1968.

DC6 du Général Ailleret

Les cérémonies funèbres ont lieu à Saint-Denis, auxquelles assistent toutes les personnalités de l'île. Le mercredi 13 mars 1968, un Transal de l'armée française dépose à l'aéroport du Bourget les cercueils renfermant les corps des 19 victimes. Une chapelle ardente est dressée dans la cour des Invalides où se déroulent les obsèques, en présence du Général De Gaulle.

Une rumeur va s'enfler, a-t-on saboté l'avion ou bien plus banalement, les pilotes avaient-ils trop arrosé a soirée ? On ne saura jamais, le secret défense a entouré toute l'enquête.

Mars 1968, début de la construction de théâtre de plein air de Saint-Gilles.

12 mars 1968, l'île sœur, l'île Maurice devient indépendante.

Mai 1968, les grèves de la métropole, n'ont très peu d'échos dans l'île.

Juin 1968, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République, le général de Gaulle, les électeurs réunionnais doivent retourner aux urnes. La campagne électorale est très courte, elle se passe sans incident. Résultats des élections législatives du 23 juin et 30 juin 1968, sont élus députés à La Réunion pour la IVe législature de la Ve République du 11 juillet 1968 au 1er avril 1973.

- Dans la première circonscription : Michel Debré député sortant est élu au premier tour avec 33 282 voix soit 80.94 % des suffrages exprimés, il devance :
- Jean-Baptiste Ponama, P.C.R. 5 523 voix 13.43 %.
- Goulbard, Modéré 1 244 voix 3.02 %.
- Mahé, Droite modéré 1 071 voix 2.61 %.

Michel Debré reste en poste jusqu'à sa nomination comme ministre au gouvernement le 12 août 1968, il est remplacé par son suppléant Henry Sers.

- Dans le deuxième circonscription : Jean Fontaine étiquette UDR, Union des Démocrates pour la République, est en ballottage difficile contre Paul Vergès, il est élu au second tour avec 26 622 voix contre 22 252 à Paul Vergès. Le député sortant Joseph Peyret-Forcade est battu dès le premier tour.

- Dans la troisième circonscription : Marcel Cerneau député sortant est élu au premier tour.

Michel debré en campagne électorale

27 juillet 1968, suite aux événements de mai 1968 et aux législatives de juin, naissance d'un nouveau courant, le Rassemblement Gaulliste Réunionnais, RGR. En présence du sénateur Georges Repiquet et d'Auguste Legros, alors premier adjoint au maire de Saint-Denis, Gilbert Gonot et Jean Maillot, tous deux employés de la Sécurité Sociale, lancent ce mouvement, parti qu'ils présentent comme un mouvement de jeunes au service du gaullisme.

14 et 15 décembre 1968, Michel Herson, conseiller politique de Michel Debré et secrétaire adjoint de l'UDR sur le plan national, officialise la création de la section réunionnaise de l'Union des Jeunes pour le Progrès UJP à Saint-Denis. La structure, alors présente dans 80 départements, est destinée à créer un vivier de jeunes voués à devenir les cadres de l'UDR.

Décembre 1968, tournage à La Réunion du film de François Truffaut, La sirène de Mississippi. Une scène pittoresque le mariage de Catherine Deneuve avec Jean-Paul Belmondo dans l'église de Sainte-Anne, le réunionnais Albert Ramassamy incarne le curé.

Décembre 1968, Michel Debré intervient pour que l'ORTF insère dans les bulletins météorologiques proposés en métropole les cartes des Dom, considérant la télévision comme un outil au service de la promotion de La Réunion en métropole. Cette idée est venue de la rencontre de Michel Debré et de Jean Magnan, président du syndicat national des agences de voyages. Après leur première séance de travail, Jean Magnan suggère au ministre des affaires étrangères, dans une lettre de 2 décembre 1968 : " Il s'agirait, à chaque bulletin météorologique diffusé par l'ORTF, de faire figurer les trois groupes de départements d'outre-mer en y indiquant le temps et la température. Il y a là un rappel permanent de l'ensoleillement de ces territoires qui ne pourrait que s'imposer à tous les Français et serait donc une excellente promotion ". Immédiatement Michel Debré transmet la proposition à Jean-Jacques de Bresson, directeur national de l'ORTF.

1968, Saint-Benoît devient sous-préfecture.


Décès en 1968 :

12 février 1968, décès de Gabriel Macé, député de La Réunion, maire de Saint-denis en 1959.

19 juin 1968, décès du Père René Favron.



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