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Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, courriers.
Récit
de François Martin présent à Mascareigne, Bourbon, La Réunion du 20 juillet
1665 au 8 août 1665.
Page(s) liée(s) : Etienne
Régnault
François martin, le fondateur
de pondichéry. Il visite l'île Mascareigne, " Bourbon, la Réunion,
" du 20 juillet 1665 au 8 août 1665. Extrait de son témoignage des
origines de la colonisation :
" … Nous mîmes pied
à terre à la nuit, et nous y vîmes plusieurs tortues de terre, extrêmement
grosses. J'en fis mettre dans la chaloupe que je renvoyais à bord ...
Le jour parut et nous avançâmes dans l'île où plusieurs cochons et cabris
se présentèrent devant nous; nous en tuâmes autant que nous voulûmes.
Diverses sortes d'oiseaux s'approchèrent de nous, mais si familiers que
quelques-uns venaient même se poser sur nos épaules. Le bas de la rivière
était couvert d'oies et de poules d'eau, et le fond rempli de poissons.
Nous eûmes abondamment de tout et à notre choix, puisqu'une houssine suffisait
pour abattre les perroquets et autres oiseaux, que l'on pouvait arrêter
les cochons et les cabris à la course, et que les oies et les poules d'eau
se laissent aborder presque à les prendre à la main ...
On ne peut nier que l’île
de Mascareigne ne soit un des bons lieux de rafraîchissement qu’il y ait
au monde ; j’ai remarqué ce que l’on trouve. L’air y est bénin, les malades
que l’on met à terre y recouvrent leur santé et leur première vigueur
en peu de temps, et si l’on voulait profiter de la bonté du terrain en
y cultivant les lieux propres pour les plantations et pour les semences,
cette île produirait tout ce que l’on trouve dans les meilleures pays
de l’indes.
L’île de Mascareigne ne produit
rien d’avantageux pour le commerce, que l’aloès dont l’on pourrait faire
quantité. Cette drogue y est très bonne et a été vendue en Europe, mais
particulièrement en Angleterre, sur le pied de l’aloès de Socotora. Je
dis ceci pour en faire connaître la qualité, car, de s’établir dans l’île
seulement pour ramasser de cette drogue, je ne crois pas que l’on y ait
pensé. Les personnes que se sont montrées favorables aux établissements
de Mascareigne ont prétendu que l’on pouvait cultiver du tabac de l’indigo
et y faire du sucre. L’on y a envisagé encore d’autres avantages, mais
qui ne sont pas considérables par rapport au sucre, à l’indigo et au tabac
qui sont marchandises de débit pour le golfe de Perse, particulièrement
les deux premiers.
C’est vues que l’on a eues
pour le service de la Compagnie n’ont pu partir que d’un bon principe,
mais il faut en même temps donner les moyens d’y réussir et considérer
aussi le produit de la vente de ces marchandises pourra fournir aux dépenses
qu’il faudra faire pour les cultiver, ainsi que pour les porter ensuite
dans les lieux où l’on prétend en avoir le débit. …."
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