Histoire monétaire de l'île de La Réunion

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  Histoire monétaire de La Réunion.
   
   
   
   
  Au milieu du XVIII siècle, il y a peu d'argent liquide à Bourbon. On pratique le troc et les employés de la Compagnie des Indes dans 
  l'île sont payés en partie en nature, vin, eau-de-vie, tissus. L'absence de numéraire métallique est compensée par l'émission de 
  papier-monnaie : billets de caisse ou lettres de change à payer au porteur. Le procédé est risqué. Les rares pièces sont vite enlevées 
  de la circulation par les habitants afin de constituer des bas de laine. Le créole préfère être payé en balles de café ou en esclaves.
   
  Extrait : Récit de Bory de Saint-Vincent en 1801 : Texte complet
  " On dépose ces balles ( de café ) dans des magasins publics, des gardiens en donnent un reçu qu'on nomme bon de dépôt, on trafique de ces bons, et l'on paie avec eux comme avec du numéraire; aussi à Bourbon conclut-on tous les marchés par bons et par balles. Certains propriétaires très riches n'ont pas souvent une piastre sous la main, et offrent du café pour tout ce qu'ils achètent."
   
  Les premières pièces pour les isles de France et de Bourbon ( Maurice, La Réunion )  Double sol
  sont fabriquées en 1723 à Pondichéry dans les Indes française. Elles sont fabriquées à 
  l'instigation de la Compagnie des Indes. Photo à droite : Double sol ou Grand Fanam en 
  cuivre, cette pièce est recouverte d'une patine marron, diamètre 30.5 mm, poids 8,82 g.
   
   
   
  La devise la plus recherchée, c'est la Piastre d'Espagne ; la pièce en argent est  Piastre
  convertible partout dans le monde, sa valeur est stable et s'apprécie même vis-à-vis des 
  autres devises : c'est la monnaie la plus forte du monde. Elle a cours légal dans l'île et on 
  la préfère à la monnaie royale, c'est-à-dire l'écu, la livre tournois, frappée à l'origine à 
  Tours, et ses déclinaisons : sols et deniers. Une libre vaut 20 sols ou 240 deniers et l'écu 
  vaut 3 livres.
   
  La piastre Decaen
   
  L'histoire de la frappe de cette monnaie est particulièrement intéressante, en voici les 
  détails :
   
  Pierre Bouvet, marin né à l'île de Bourbon ( île de la Réunion ), commande en 1809, 
  l'Entreprenant, un brick de guerre de douze canons de 12, et de cent dix hommes 

ILES DE FRANCE ET BONAPARTE

  d'équipage. Croisant près de Manille, Bouvet s'empare, le 20 octobre 1809, de l'Ovidor, de 

Aigle impérial couronné, foudres en griffes

  neuf cents tonneaux, armé de dix-huit canons de 12, et de cent soixante hommes  Piastre de decaen
  d'équipage, appartenant à la Compagnie des Indes Hollandaises. Il trouve à bord de ce 
  navire une riche cargaison de marchandises de Chine et de deux cents trente mille 
  piastres renfermées dans des barils. Cette somme n'est pas composée seulement de 
  numéraire : des lingots d'or et d'argent la complètent. Bouvet expédie sa prise à l'île de 
  France ( île Maurice).
   
  A bout de ressources, le général Decaen, alors gouverneur de l'île de France, profita des 
  matières d'or et d'argent provenant de l'Ovidor pour créer une nouvelle monnaie.
   
  Un arrêté du 8 mars 1810 en donne les caractéristiques :
   
  Pour la monnaie d'argent :
  Le titre sera de dix deniers. DIX / LIVRES deux branches de
  La taille sera de 9 pièces et un septième au marc.  laurier et d'olivier, en bas 1810.
  La valeur monétaire de chaque pièce sera de dix livres argent de la colonie (soit cinq francs).
  Leur diamètre sera de trois centimètres et neuf millimètres et leur épaisseur de deux millimètres.
  Article II. Ces pièces porteront pour empreinte, d'un côté l'aigle impérial couronné, avec le millésime 1810 au-dessous, et ces mots : 
  Isles de France et Bonaparte, pour légende ; de l'autre, ces mots […] 10 livres […] renfermés entre deux palmes de laurier et d'olivier ; 
  […] un cordon sur la tranche.
   
  Lorsque les balanciers monétaires furent prêts, on frappa la monnaie d'argent, qui fut aussitôt mise en circulation. Quand arriva le 
  moment de s'occuper de la monnaie d'or, les graves événements qui se déroulaient alors n'en permirent pas la frappe.
   
  Bourbon ( La Réunion ) utilise également les devises indiennes : la pagode, pièce d'or avec l'image d'un temple, déclinée en fanons, 
  caches et doudous. En 1775, la pagode vaut 1 livre et 5 sols, le fanon 6 sols et 10,5 deniers, le cache 1,25 deniers et le doudou 
  5 deniers.
   
  La compagnie des Indes est réticente à envoyer du numéraire en métal précieux à Bourbon. Elle le fera d'autant moins qu'après le 
  naufrage du Saint-Géran, en 1774, au large de l'isle de France. Le vaisseau coula avec 54 000 piastres d'Espagne destinée à 
  Bourbon, c'est une perte considérable.
   
  Sous l'administration du gouverneur Joseph Murinay, Comte de Saint-Maurice, la colonie va être également confronté à une crise
  monétaire majeure, héritage de la Compagnie des Indes. C'est en effet La Bourdonnais qui' en bute aux questions monétaires, met le
  premier en circulation des billets de caisse. Si les premières émissions sont bien acceptées, elles vont être suivies pas de 
  nombreuses autres, plus rapprochées et plus massives. La Compagnie des Indes va se retrouver finalement incapable de garantir les 
  billets en circulation. A la rétrocession de Bourbon au Roi, ce système de papier-monnaie est maintenu, les autorités royales se limitant à l'encadrer. C'est ainsi qu'en décembre 1776, les autorités décident d'émettre pour 510 000 livres tournois de billets, dont 
  250 000 pour Bourbon, destinés à remplacer toutes les émissions précédentes. D'autres émissions vont suivre mais elles s'avèrent 
  insuffisantes. Ont donc cours à Bourbon les billets nouvellement émis, les anciens billets qui auraient dû être détruits, divers bons et 
  autres, ainsi que plusieurs espèces métalliques : sols, fanons, pagodes. Dans cette confusion totale, les piastres, dont la valeur 
  monte très au-dessus du cours, sont très recherchées. Elles sont thésaurisées ou quittent la colonie. L'Édit royal du 28 août 1779 
  tente de mettre de l'ordre dans cette situation qui constitue un très lourd handicap pour Bourbon et sa population. Les autorités 
  décident donc, une fabrication dans la monnaie de Paris, d'une certaine quantité d'espèces de billon qui ne pourra avoir cours que 
  dans les Isle de France et Bourbon. En 1781, deux millions de pièces sont frappées et la suppression de papier monnaie est décidée.
   
  11 juillet 1859, Gabriel Le Coat de Kerveguen, le plus gros propriétaire terrien de l'île, 

Kreutzers Kerveguen

  obtient l'autorisation de l'administration locale d'introduire sur ses domaines, pour payer 
  ses engagés indiens, 227 000 pièces d'argent de 20 kreutzers. 
   
  Pierre Etienne Cuinier gouverneur de La Réunion décide le 5 mai 1879, de promulguer le
  décret du 22 avril 1879 qui étend à La Réunion le régime monétaire de la métropole. 
  Désormais, toutes les monnaies étrangères qui circulent dans La Colonie doivent être
  retirées, circulent dans l’île des piastres espagnoles, des roupies et autres pagodes 
  indiennes. La décision du gouverneur sème le désordre et ouvre une grave crise 
  économique. Refusés par les commerçants qui perdent confiance, les Kreutzers, 
  monnaie autrichienne introduite par Kerveguen en 1859, deviennent sans valeur et leurs
  propriétaires se sentent floués. La police supplie les commerçants de laisser leurs 
  boutiques ouvertes et d’accepter les kerveguens. Ainsi, durant quatre mois d’avril à juillet
  1879, l’économie réunionnaise se voit presque paralysée. Pour désamorcer la crise, 
  Cuinier fait marche arrière et décide que les Kreutzers sont acceptés en l'acquit de l'impôt. Les critiques fusent de toutes parts contre 
  le gouverneur Cuinier, accusé d'avoir agi dans la précipitation. De réunions en sessions extraordinaires, la colonie finit par opérer à 
  ses frais le retrait des pièces. Toutefois, en juillet 1879, le tribunal condamna M. de Kerveguen à rembourser tous les kreutzers qu'il 
  avait introduits.
   
  25 décembre 1945. Par décret qui pris effet le 26 décembre 1945, le Franc CFA devient la monnaie légale de l'île de la Réunion. 
  Ce décret fixe une nouvelle parité entre le Franc et le Franc des Colonies Françaises d'Afrique, ainsi que les francs des Colonies 
  Française du Pacifique. Des unités monétaires d'inégales valeur furent instituées pour chacune des régions. Le CFA eut sa parité 
  fixée à 1.70 Francs (métro). Le 17 octobre 1948, la parité du franc CFA passe à 2 Francs (métro). 
   
  Billet de 500 FRANCS CFA             Billet de 500 FRANCS CFA
   
  Billet de 1000 FRANCS CFA             Billet de 1000 FRANCS CFA
   
  Billet de 5000 FRANCS CFA             Billet de 5000 FRANCS CFA
   
   
  1 er janvier 1975 suppression du franc CFA à l'île de la Réunion. Pour familiariser le public à ce changement, les deux monnaies le 
  Franc CFA et le Franc métropolitain circulent simultanément pendant plusieurs mois. 
   
  1er janvier 1999, la monnaie de la France donc de La Réunion est l'euro. Depuis cette date et jusqu'à la fin de la période dite 
  transitoire, le 31 décembre 2001, le franc subsistait comme " subdivision nationale de l'euro " le 1er janvier 2002, les unités 
  monétaires nationales, donc le franc, ont disparu. Seul subsiste l'euro.
   
   
 

   
 
   
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