Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, courriers.
Abolition
de l'esclavage. Texte de la proclamation du 20 décembre
1848, signé par SARDA-GARRIGA.
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évènement de 1848 Gouverneur
Sarda Garriga
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ 20 DÉCEMBRE 1848.
AUX TRAVAILLEURS.
Mes amis
Les décrets de la République
française sont exécutés : Vous êtes libres. Tous égaux devant la loi,
vous n'avez autour de vous que des frères.
La liberté, vous le savez,
vous impose des obligations. Soyez dignes d'elle, en montrant à la France
et au monde qu'elle est inséparable de l'ordre et du travail.
Jusqu'ici, mes amis, vous
avez suivi mes conseils, je vous en remercie. Vous me prouverez que vous
m'aimez en remplissant les devoirs que la Société impose aux hommes libres.
Ils seront doux et faciles
pour vous. Rendre à Dieu ce qui lui appartient, travailler en bon ouvriers
comme vos frères de France, pour élever vos familles; voila ce que la
République vous demande.
Vous avez tous pris des engagements
dans le travail : commencez-en dès aujourd'hui la loyale exécution.
Un homme libre n'a que sa
parole, et les promesses reçues par les magistrats sont sacrées.
Vous avez vous-même librement
choisi les propriétaires auxquels vous avez loué votre travail : vous
devez donc vous rendre avec joie sur les habitations que vos bras sont
destinés à féconder et où vous recevrez la juste rémunération de vos peines.
Je vous l'ai déjà dit, mes
amis, la Colonie est pauvres beaucoup de propriétaires ne pourront peut-être
payer le salaire convenu qu'après la récolte. Vous attendrez ce moment
avec patience. Vous prouverez ainsi que le sentiment de fraternité recommandé
par la République à ses enfants, est dans vos cœurs.
Je vous ai trouvés bons et
obéissants, je compte sur vous. J'espère donc que vous me donnerez peu
d'occasion d'exercer ma sévérité; car je la réserve aux méchants, aux
paresseux, aux vagabonds et à ceux qui, après avoir entendu mes paroles,
se laisseraient encore égarer par de mauvais conseils.
Mes amis travaillons tous
ensemble à la prospérité de notre Colonie. Le travail de la terre n'est
plus un signe de servitude depuis que vous êtes appelés à prendre votre
part des biens qu'elle prodigue à ceux qui la cultivent.
Propriétaires et travailleurs
ne feront plus désormais qu'une seule famille dont tous les membres doivent
s'entraider. Tous libres, frères et égaux, leur union peut seule faire
leur bonheur.
La République, mes amis,
a voulu faire le votre en vous donnant la liberté. Qu'elle puisse dire
que vous avez compris sa généreuse pensée, en vous rendant dignes des
bienfaits que la liberté procure.
Vous m'appelez votre père;
et je vous aime comme mes enfants; vous écouterez mes conseils : reconnaissance
éternelle à la République française qui vous a fait libres ! et que votre
devise soit toujours Dieu, la France et le Travail.
Vive la République !
Signé SARDA-GARRIGA.
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