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Honoré
de Crémont. Né en 1731.
Honoré de Crémont
embarque en mai 1757
avec l'escadre du comte Anne Antoine d'Aché comme écrivain
du Roi. L'escadre composée de neufs navires armés de la
Compagnie des Indes, doit conduire aux Indes le nouveau gouverneur Lally-Tollendal
en compagnie d'un renfort d'environ 4 000 hommes, ceci se passe pendant
la guerre de Sept Ans. La flotte arrive à l'île de France
( île Maurice ) au bout de sept mois.
Honoré de Crémont
reste à l'île de France ou il occupe le poste de commissaire
de la marine puis premier conseiller au sein du conseil supérieur.
Par la suite il est nommé
à Bourbon ( La Réunion ) au poste de premier conseiller
au sein du conseil supérieur et en 1764 Ordonnateur.
Le 27 septembre 1766,
une ordonnance royale enregistrée à Saint-Denis le 13 novembre
suivant, organise la nouvelle administration aux Isles de France et de
Bourbon. Les deux îles sont désormais dirigées par
un gouverneur général assisté d'un intendant général
qui siègent à l'Isle de France et dont la tutelle sur Bourbon
est maintenue. A Bourbon l'administrateur principal prend le titre de
commandant particulier et son second de commissaire ordonnateur.
Guillaume
Léonard de Bellecombe commandant de Bourbon et Honoré de Crémont,
commissaire ordonnateur, son second, inaugurent donc une administration
nouvelle.
Léonard de Bellecombe
et Honoré de Crémont vont sillonner l'île, recherchant
le contact direct avec la population. Cette démarche totalement
inédite est très appréciée de la population
permet aux deux administrateurs de bien prendre la mesure de sa condition
de vie et de l'état de totale désorganisation de la colonie.
Tout y est à faire, il n'y a point d'hôpital, point de casernes,
point de marines, point de fortification, que quelques mauvaises batteries
abandonnées. Tous les magasins à refaire ou à réparer.
1767,
il institue les fabriques destinées à l'entretien des églises.
Jusque là, les desservants ne tenaient qu'un registre curial des
baptêmes, mariages et décès ; l'ordonnateur en exigea
trois originaux : un pour la cure, un déposé aux archives,
et le troisième envoyé au Ministre. Le clergé, administré
par un vice-préfet apostolique, fut soumis à la dépendance
du Gouverneur et de son intendant.
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La
même année il fait bâtir à Saint-Pierre un grand
magasin en maçonnerie, dernier pur exemple d’une construction
coloniale de la première moitié du 18ème siècle,
construit par des ingénieurs de marine. Il faut entendre par le
terme magasin non seulement un entrepôt où les colons venaient
apporter leurs cafés et acheter les produits importés par
la Compagnie, mais aussi un bâtiment administratif où étaient
logés le Commis de la Compagnie pour le Quartier de la Rivière
d’Abord ainsi que les bureaux locaux de la Compagnie. Le bâtiment
qui abrite aujourd'hui l'Hôtel
de ville de Saint-Pierre est terminé en 1777.
Février 1768,
Crémont, impose aux habitants qui ont des chemins de traverse l'obligation
de leur donner une largeur de douze pieds, et leur prescrivit d'observer
une distance de vingt pieds là où ces chemins étaient
bordés de vacoas : Vacoa Pandanus Utilis Bory.
1768,
grâce à la constitution de la commune générale crémont
peut administrer les fonds provenant d'un impôt de capitation. Cet impôt
de 1 à 2 francs par tête d'esclave est destiné à pourvoir aux dépenses
locales. Les dépenses communales embrassent le service de détachement,
l'entretien des églises, des presbytères et des écoles primaires.
C'est au titre de ses hautes
fonctions qu'Honoré de Crémont participe en octobre 1768
à l'expédition sur le piton de la Fournaise au cours de
laquelle est découverte grâce à lui le Pas de Bellecombe,
passage dans le rempart de Bellecombe qui permet de descendre dans la
dernière caldeira formée par ce volcan actif. Au cours de
cette expédition visant à reconnaître le volcan, le
gouverneur Léonard de Bellecombe, accompagné de Honoré
de Crénom, de M. Monfleury de Joseph Hubert, de son frère,
et des esclaves se retrouvèrent bloqués précisément
sur ce rempart où est établi aujourd'hui le point de vue.
Exténué de fatigue, et ne trouvant de chemin pour accéder
à l'enclos situé 400 mètres plus bas, le gouverneur
fit demi tour. Crémon, plus pugnace, continua et promit six pièces
de toile bleue aux noirs qui trouveraient un passage dans le Rempart.
Après bien des recherches, un esclave trouva un passage. Et bien
que le gouverneur ne fut pas présent pour la suite de l' expédition,
on lui légua son nom, le Pas de bellecombe.
Quelques mois plus tard,
Honoré de Crémont participe à la première
équipée véritablement scientifique qui part du Baril,
dans l'actuelle commune de Saint-Philippe.
À la même période,
il est l'hôte de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre écrivain
et botaniste qui reste à l'Isle de France et à Bourbon pendant
3 ans.
En 1769,
il fait construire à Saint-Paul une chaussée, avec un large
fossé, faisant suite au chemin public, le long de l'étang.
Cette chaussée, formée dans le but unique de retenir les
eaux marécageuses de l'étang et d'assainir ainsi le quartier,
devait avoir trente pieds de largeurs. Cette chaussée devient dans
les années suivantes la rue de la Chaussée Royale et de
belles maisons s'établissent sur ses côtés. Plus au
nord, il fait entreprendre le pavage de la voie aujourd'hui appelée
chemin des Anglais, ou chemin Crémont. L'opération est terminée
en 1775.
Janvier 1770,
il ordonne que tous les chemins publics de la colonie soient bordés
d'une rangée d'arbres des deux côtés, et il assujettit
notamment Saint-Denis à cette obligation, afin d'en rendre le séjour
et l'aspect moins tristes et plus agréables. Pour atteindre ce
but, il fixe la largeur des grandes rues à trente-six pieds, et
celle des petites rues à vingt-quatre pieds. Chaque habitant est
tenu d'y planter des arbres à quinze pieds de distance les uns
des autres, de façon à ne planter dans chaque rue qu'une
espèce d'arbres : les tamariniers et les manguiers devaient être
prix de préférence à tous autres.
Il est par ailleurs à
l'origine du transfert de l'actuel Jardin
de l'État du fond de la rivière Saint-Denis au quartier de
La Source, un transfert qui s'imposait en raison des conditions climatiques
favorables.
Avril 1771,
Crémont, prescrit aux habitants de faire annuellement des plantations
de manioc en assez grande quantité pour qu'ils puissent en nourrir
leurs esclaves. En décembre de la même année, il fait
construire, aux frais de la caisse du roi, une fontaine publique au quartier
de la Rivière d'Abord ( Saint-Pierre ) et établir au-dessus
de la fontaine deux bassins d'eau, l'un destiné aux esclaves, l'autre
aux bestiaux.
Février 1772,
il soumet les habitants de la colonie à l'obligation formelle de
fournir deux espèces de recensements, appelés le grand et
le petit recensement. Le grand, que l'on fournissait tous les quatre ans,
avait pour objet de faire connaître la situation de Bourbon sur
les progrès de sa population et de ses cultures. Le petit recensement,
qui était annuel, devait simplement énoncer le nombre des
habitants et celui des esclaves. Le modèle prescrit était
conforme à celui suivi jusqu'au jour de l'émancipation générale
des noirs.
1 er juillet 1772. Le quartier
de Saint-Denis, devenu le chef-lieu de Bourbon, s'agrandit sous le double
point de vue de la population et des constructions. Crémont veut
lui procurer tout l'embellissement possible. C'est dans cet esprit qu'il
défend formellement d'élever aucun mur d'entourage et de
bâtir aucune maison, soit en pierres, soit en bois, sans en demander
préalablement l'autorisation à l'ingénieur du roi.
15 octobre 1773,
Honoré de Crémont accueille le nouveau gouverneur de Bourbon,
Jean
Guillaume de Steinauer. Le nouveau commandant est d'une personnalité
beaucoup plus discrète, mais soucieux comme de Bellecombe du mieux
être des habitants de Bourbon. Si la colonie compte donc un nouveau gouverneur,
Crémont demeure au poste d'ordonnateur. Crémont poursuit
avec constance et énergie son programme de mesures lancées
sous de Bellecombe, travaux de voirie, d'adduction d'eau et d'assainissement
qu'il initie et accompagne en même temps qu'il soutient le développement
agricole par ailleurs.
Reste que c'est surtout la
réorganisation du schéma urbain de Saint-Denis qui accapare
le plus l'attention d'Honoré de Crémont. Ainsi, il embellit
les rues et tente d'organiser la distribution de l'eau du chef-lieu. Ce
faisant, il se heurte cependant au caractère anarchique du développement
des quartiers populaires à la démographie croissante et
décide donc de fixer de nouvelles limites à la ville. Pour
ce faire, il charge le chevalier Gustave Banks de dresser un plan de la
capitale en 1774. Celui-ci sera validé par le tribunal le 14 mai
1777.
Saint-Denis y est délimitée
:
- Par la rue de l'Embarcadère,
aujourd'hui rue de Nice, au nord.
- Par les terrains des héritiers Pitou à l'est.
- Par le rempart aujourd'hui parcouru par le boulevard Lacaussade à
l'ouest.
- Par la rue Dauphine, désormais appelée rue du Général
de Gaulle, au sud. Elle prend naissance à Champ-fleuri pour se
terminer au sommet des rampes Ozoux.
21 janvier 1776,
Crémont reçoit le nouveau gouverneur de Bourbon, François
de Souillac.
En 1777, Crémont fait
installer en dehors de la ville de Saint-Denis, sur la rive droite de
la rivière Saint-Denis, des moulins pour moudre le blé,
ainsi qu’une boulangerie au pied du rempart. La rivière est
en partie détournée vers un canal, le canal des Moulins,
qui apporte l’eau nécessaire à ce qui sera désormais
le premier quartier industriel de Saint Denis.
Par la suite, il accueille
deux nouveaux gouverneurs de Bourbon, en mai 1779,
Joseph
Murinay Comte de Saint-Maurice et pour finir en août 1781,
Alexandre
François Chalvet, Baron de Souville.
Sous le gouvernement du Baron
de Souville, Honoré de Crémont créa des ateliers
communaux. Cet habile dispositif poursuit plusieurs objectifs. Le premier
est de s'occuper de travaux d'entretien du réseau routier et de
voirie. La colonie connaît une situation routière désastreuse.
Dans une île, aux ravines nombreuses et profondes, au relief tourmenté,
le moindre déplacement est une épreuve. L'essentiel des
communications entre quartiers se fait paradoxalement par la mer alors
que la colonie ne dispose d'aucune facilité portuaire. Le deuxième
objectif des ateliers communaux c'est de mettre un terme aux journées
de corvée réclamées aux populations et qui sont particulièrement
décriées. Le dernier objectif, et pas le moins important,
c'est d'empêcher la réquisition de main d'œuvre au profit
de l'Isle de France, car les personnes affectées à ces ateliers
ne pouvaient être déplacées.
Honoré de Crémont
termine sa carrière d'Ordonnateur de Bourbon en 1784.
Il décède vers
1800.
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