Honoré de Crémont, ordonnateur à Bourbon de 1767 à 1784 La Réunion.

Honoré de Crémont.

- Nom : Honoré de Crémont.
- Naissance : 1731.
- Décès : vers 1800.
- Fonction(s) :
- Écrivain du Roi.
- Commissaire de la marine à l'île de France.
- Premier conseiller au sein du conseil supérieur de l'île de France.
- Premier conseiller au sein du conseil supérieur de Bourbon.
- Ordonnateur à Bourbon.
- Commissaire ordonnateur.


Honoré de Crémont est né en 1731.

Honoré de Crémont embarque en mai 1757 avec l'escadre du comte Anne Antoine d'Aché comme écrivain du Roi. L'escadre composée de neufs navires armés de la Compagnie des Indes, doit conduire aux Indes le nouveau gouverneur Lally-Tollendal en compagnie d'un renfort d'environ 4 000 hommes, ceci se passe pendant la guerre de Sept Ans. La flotte arrive à l'île de France (île Maurice) au bout de sept mois.

Honoré de Crémont reste à l'île de France ou il occupe le poste de commissaire de la marine puis premier conseiller au sein du conseil supérieur.

Vue sur Saint-Denis dans les années 1800

Par la suite il est nommé à Bourbon (La Réunion) au poste de premier conseiller au sein du conseil supérieur et en 1764 Ordonnateur.

Le 27 septembre 1766, une ordonnance royale enregistrée à Saint-Denis le 13 novembre suivant, organise la nouvelle administration aux Isles de France et de Bourbon. Les deux îles sont désormais dirigées par un gouverneur général assisté d'un intendant général qui siègent à l'Isle de France et dont la tutelle sur Bourbon est maintenue. A Bourbon l'administrateur principal prend le titre de commandant particulier et son second de commissaire ordonnateur.

Guillaume Léonard de Bellecombe commandant de Bourbon et Honoré de Crémont, commissaire ordonnateur, son second, inaugurent donc une administration nouvelle.

Léonard de Bellecombe et Honoré de Crémont vont sillonner l'île, recherchant le contact direct avec la population. Cette démarche totalement inédite est très appréciée de la population permet aux deux administrateurs de bien prendre la mesure de sa condition de vie et de l'état de totale désorganisation de la colonie. Tout y est à faire, il n'y a point d'hôpital, point de casernes, point de marines, point de fortification, que quelques mauvaises batteries abandonnées. Tous les magasins à refaire ou à réparer.

1767, il institue les fabriques destinées à l'entretien des églises. Jusque là, les desservants ne tenaient qu'un registre curial des baptêmes, mariages et décès ; l'ordonnateur en exigea trois originaux : un pour la cure, un déposé aux archives, et le troisième envoyé au Ministre. Le clergé, administré par un vice-préfet apostolique, fut soumis à la dépendance du Gouverneur et de son intendant.

La même année il fait bâtir à Saint-Pierre un grand magasin en maçonnerie, dernier pur exemple d’une construction coloniale de la première moitié du 18ème siècle, construit par des ingénieurs de marine. Il faut entendre par le terme magasin non seulement un entrepôt où les colons venaient apporter leurs cafés et acheter les produits importés par la Compagnie, mais aussi un bâtiment administratif où étaient logés le Commis de la Compagnie pour le Quartier de la Rivière d’Abord ainsi que les bureaux locaux de la Compagnie. Le bâtiment qui abrite aujourd'hui l'Hôtel de ville de Saint-Pierre est terminé en 1777.

Hôtel de ville de Saint-Pierre

Février 1768, Crémont, impose aux habitants qui ont des chemins de traverse l'obligation de leur donner une largeur de douze pieds, et leur prescrivit d'observer une distance de vingt pieds là où ces chemins étaient bordés de vacoas : Vacoa Pandanus Utilis Bory.

1768, grâce à la constitution de la commune générale crémont peut administrer les fonds provenant d'un impôt de capitation. Cet impôt de 1 à 2 francs par tête d'esclave est destiné à pourvoir aux dépenses locales. Les dépenses communales embrassent le service de détachement, l'entretien des églises, des presbytères et des écoles primaires.

C'est au titre de ses hautes fonctions qu'Honoré de Crémont participe en octobre 1768 à l'expédition sur le piton de la Fournaise au cours de laquelle est découverte grâce à lui le Pas de Bellecombe, passage dans le rempart de Bellecombe qui permet de descendre dans la dernière caldeira formée par ce volcan actif. Au cours de cette expédition visant à reconnaître le volcan, le gouverneur Léonard de Bellecombe, accompagné de Honoré de Crénom, de M. Monfleury de Joseph Hubert, de son frère, et des esclaves se retrouvèrent bloqués précisément sur ce rempart où est établi aujourd'hui le point de vue. Exténué de fatigue, et ne trouvant de chemin pour accéder à l'enclos situé 400 mètres plus bas, le gouverneur fit demi tour. Crémon, plus pugnace, continua et promit six pièces de toile bleue aux noirs qui trouveraient un passage dans le Rempart. Après bien des recherches, un esclave trouva un passage. Et bien que le gouverneur ne fut pas présent pour la suite de l' expédition, on lui légua son nom, le Pas de bellecombe.

Quelques mois plus tard, Honoré de Crémont participe à la première équipée véritablement scientifique qui part du Baril, dans l'actuelle commune de Saint-Philippe.

À la même période, il est l'hôte de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre écrivain et botaniste qui reste à l'Isle de France et à Bourbon pendant 3 ans.

En 1769, il fait construire à Saint-Paul une chaussée, avec un large fossé, faisant suite au chemin public, le long de l'étang. Cette chaussée, formée dans le but unique de retenir les eaux marécageuses de l'étang et d'assainir ainsi le quartier, devait avoir trente pieds de largeurs. Cette chaussée devient dans les années suivantes la rue de la Chaussée Royale et de belles maisons s'établissent sur ses côtés. Plus au nord, il fait entreprendre le pavage de la voie aujourd'hui appelée chemin des Anglais, ou chemin Crémont. L'opération est terminée en 1775.

Janvier 1770, il ordonne que tous les chemins publics de la colonie soient bordés d'une rangée d'arbres des deux côtés, et il assujettit notamment Saint-Denis à cette obligation, afin d'en rendre le séjour et l'aspect moins tristes et plus agréables. Pour atteindre ce but, il fixe la largeur des grandes rues à trente-six pieds, et celle des petites rues à vingt-quatre pieds. Chaque habitant est tenu d'y planter des arbres à quinze pieds de distance les uns des autres, de façon à ne planter dans chaque rue qu'une espèce d'arbres : les tamariniers et les manguiers devaient être prix de préférence à tous autres.

Il est par ailleurs à l'origine du transfert de l'actuel Jardin de l'État du fond de la rivière Saint-Denis au quartier de La Source, un transfert qui s'imposait en raison des conditions climatiques favorables.

Entrée Jardin de l'État

Avril 1771, Crémont, prescrit aux habitants de faire annuellement des plantations de manioc, Manihot esculenta Crantz, en assez grande quantité pour qu'ils puissent en nourrir leurs esclaves. En décembre de la même année, il fait construire, aux frais de la caisse du roi, une fontaine publique au quartier de la Rivière d'Abord (Saint-Pierre) et établir au-dessus de la fontaine deux bassins d'eau, l'un destiné aux esclaves, l'autre aux bestiaux.

Février 1772, il soumet les habitants de la colonie à l'obligation formelle de fournir deux espèces de recensements, appelés le grand et le petit recensement. Le grand, que l'on fournissait tous les quatre ans, avait pour objet de faire connaître la situation de Bourbon sur les progrès de sa population et de ses cultures. Le petit recensement, qui était annuel, devait simplement énoncer le nombre des habitants et celui des esclaves. Le modèle prescrit était conforme à celui suivi jusqu'au jour de l'émancipation générale des noirs.

1 er juillet 1772. Le quartier de Saint-Denis, devenu le chef-lieu de Bourbon, s'agrandit sous le double point de vue de la population et des constructions. Crémont veut lui procurer tout l'embellissement possible. C'est dans cet esprit qu'il défend formellement d'élever aucun mur d'entourage et de bâtir aucune maison, soit en pierres, soit en bois, sans en demander préalablement l'autorisation à l'ingénieur du roi.

15 octobre 1773, Honoré de Crémont accueille le nouveau gouverneur de Bourbon, Jean Guillaume de Steinauer. Le nouveau commandant est d'une personnalité beaucoup plus discrète, mais soucieux comme de Bellecombe du mieux être des habitants de Bourbon. Si la colonie compte donc un nouveau gouverneur, Crémont demeure au poste d'ordonnateur. Crémont poursuit avec constance et énergie son programme de mesures lancées sous de Bellecombe, travaux de voirie, d'adduction d'eau et d'assainissement qu'il initie et accompagne en même temps qu'il soutient le développement agricole par ailleurs.

Reste que c'est surtout la réorganisation du schéma urbain de Saint-Denis qui accapare le plus l'attention d'Honoré de Crémont. Ainsi, il embellit les rues et tente d'organiser la distribution de l'eau du chef-lieu. Ce faisant, il se heurte cependant au caractère anarchique du développement des quartiers populaires à la démographie croissante et décide donc de fixer de nouvelles limites à la ville. Pour ce faire, il charge le chevalier Gustave Banks de dresser un plan de la capitale en 1774. Celui-ci sera validé par le tribunal le 14 mai 1777.

Saint-Denis y est délimitée :
- Par la rue de l'Embarcadère, aujourd'hui rue de Nice, au nord.
- Par les terrains des héritiers Pitou à l'est.
- Par le rempart aujourd'hui parcouru par le boulevard Lacaussade à l'ouest.
- Par la rue Dauphine, désormais appelée rue du Général de Gaulle, au sud. Elle prend naissance à Champ-fleuri pour se terminer au sommet des rampes Ozoux.

21 janvier 1776, Crémont reçoit le nouveau gouverneur de Bourbon, François de Souillac.

En 1777, Crémont fait installer en dehors de la ville de Saint-Denis, sur la rive droite de la rivière Saint-Denis, des moulins pour moudre le blé, ainsi qu’une boulangerie au pied du rempart. La rivière est en partie détournée vers un canal, le canal des Moulins, qui apporte l’eau nécessaire à ce qui sera désormais le premier quartier industriel de Saint Denis. Quartier de La Rivière Saint-Denis La Réunion.

Par la suite, il accueille deux nouveaux gouverneurs de Bourbon, en mai 1779, Joseph Murinay Comte de Saint-Maurice et pour finir en août 1781, Alexandre François Chalvet, Baron de Souville.

Sous le gouvernement du Baron de Souville, Honoré de Crémont créa des ateliers communaux. Cet habile dispositif poursuit plusieurs objectifs. Le premier est de s'occuper de travaux d'entretien du réseau routier et de voirie. La colonie connaît une situation routière désastreuse. Dans une île, aux ravines nombreuses et profondes, au relief tourmenté, le moindre déplacement est une épreuve. L'essentiel des communications entre quartiers se fait paradoxalement par la mer alors que la colonie ne dispose d'aucune facilité portuaire. Le deuxième objectif des ateliers communaux c'est de mettre un terme aux journées de corvée réclamées aux populations et qui sont particulièrement décriées. Le dernier objectif, et pas le moins important, c'est d'empêcher la réquisition de main d'œuvre au profit de l'Isle de France, car les personnes affectées à ces ateliers ne pouvaient être déplacées.

Honoré de Crémont termine sa carrière d'Ordonnateur de Bourbon en 1784.

Il décède vers 1800.



Haut de page


Liens commerciaux.


Dernière mise à jour : Vendredi 19 Octobre 2018   Webmaster. Tous droits réservés © 2002 / 2018

Conformément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données à caractère personnel qui vous concernent en nous contactant en cliquant ici

Booking.com




Hotels île Maurice.

Hébergements à Rodrigues.

Annuaire La Réunion

Hotel La Réunion.

Gîte La Réunion.

Location voiture La Réunion.

Immobilier La Réunion.

Musée La Réunion.

Canyoning La Réunion.

Plongée La Réunion.

Loisir activité La Réunion.

Parapente La Réunion.

Commerce La Réunion.

Restaurant La Réunion.