Le
29 septembre 1941 Isnelle Baret épouse Raoul Amelin, inspecteur de police,
et militant communiste. Avec lui elle s’initie au droit et se met au courant
de la législation sociale.
En 1944 elle accède à un
poste de responsabilité à la banque de la Réunion en devenant chef de
service du portefeuille à Saint-Denis.
Isnelle Amelin fait la connaissance
de
Raymond Vergès à la banque. Elle est séduite par sa sensibilité et
son comportement face à la misère humaine. Le docteur Vergès lui propose
de s’engager à ses côtés, dans sa lutte pour sauver les jeunes enfants,
et pour améliorer le sort des personnes âgées isolées, les hospices décents
sont rarissimes. Isnelle Amelin accepte avec enthousiasme.
Elle s’engage sans parti
pris auprès de tous ceux qui, quelque soit leur opinion, défendent la
dignité et le respect de la personne humaine. Elle adhère aux comités
de solidarité et aux mouvements mondiaux pour la paix.
Isnelle Hamelin et Raymond
Vergès créent un corps d’assistantes sociales dont le rôle est à la fois
de faire prendre conscience à la population des avantages d’une meilleure
hygiène, mais aussi de mettre les vaccins à la portée de tous pour la
prévention des épidémies.
En 1945 elle s’engage aussi
dans la lutte syndicale. Elle occupe les fonctions de secrétaire générale
du syndicat des employés de commerce et de banque jusqu’en 1955. Elle
fait adopter la première convention collective des banques et des comités
d’entreprise.
Isnelle Amelin adhère également
au C.R.A.D.S., Comité Républicain d’Action Démocratique et Social, mouvement
fondé par Raymond Vergès. Le C.R.A.D.S. remporte les élections municipales
de 1945 dans 14 communes de l’île. Isnelle Amelin figure sur la liste
de Raymond Vergès, elle siège, en tant qu’élue au conseil municipal de
Saint-Denis de 1945 à 1958.
Isnelle Amelin est élue au
conseil général où elle siège de 1958 à 1964.
Isnelle Amelin devient la
première présidente d’une association féminine, section locale de l’Union
des Femmes Françaises, créée en 1946.
2 janvier 1956, Insnelle
Amelin est la troisième sur la Liste d'union pour la défense
des ouvriers et des planteurs, liste du Parti Communiste pour les élections
législatives, la tête de liste est le fils de Raymond Vergès,
Paul
Vergès, le second Raymond
Mondon. La liste communiste remporte deux des trois sièges
à pourvoir. Paul Vergés et Raymond Mondon sont élus
députés. Les
élections législatibes de janvier 1956 à La Réunion.
En 1958 le mouvement devient
l’Union des Femmes de la Réunion, avec pour présidente jusqu’en 1978,
Isnelle Amelin. L’U.F.R. a des ramifications dans toutes les communes
de l’île. Isnelle Amelin peut mener sa propre action sur le plan local,
parallèlement à celle de Raymond Vergès. Au niveau local, elle revendique
les mêmes droits pour les Réunionnaises et les françaises vivant en métropole.
Administratrice de la Sécurité
Sociale de 1952 à 1984 elle oeuvre pour une extension des diverses prestations,
elle crée la première crèche de la sécurité sociale à Saint-Denis, rue
Sainte-Marie en faveur des enfants des employés de maison.
Elle cherche également
à mettre en place une caisse de chômage, des
colonies de vacances, des écoles professionnelles. Son combat n’est pas
seulement insulaire, elle regarde aussi par delà l’océan.
En 1987, à 80 ans, elle s’engage
dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, en 1992, à 85 ans
elle participe à une action humanitaire à Madagascar, apportant elle-même
dans la Grande Île les vêtements et les médicaments collectés à la Réunion.
Le 8 mars 1992, Isnelle Amelin
reçoit la légion d’honneur pour ses innombrables actions en faveur des
autres.
Elle meurt deux ans plus
tard, le 4 février 1994, à Saint-Denis, à l’âge de 87 ans.
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