A
son retour, Bouvet écrivit une lettre à la Compagnie :
" messieurs, j'ai le
chagrin de vous dire que les Terres Australes... sont aussi de beaucoup
trop reculées vers le Pôle pour servir de relâche aux vaisseaux des Indes.
"
Dans cette même année où
Bouvet rentrait de son voyage, 1739, le cartographe Philippe Buache publia
une carte qui incorporait les découvertes de Bouvet. Grâce à cette expédition,
il fut le premier à décrire les gigantesques icebergs tabulaires, que
l’on ne trouve que dans les latitudes sud extrêmes, des densités de baleines
inconnues jusque-là et un drôle d’animal : le manchot !
Aujourd'hui une toute petite
île de 48 km2, dans l'Atlantique Sud, porte le nom de Bouvet. Une calotte
glaciaire recouvre presque entièrement son sol volcanique. Longtemps possession
française (1739-1927), elle est maintenant norvégienne.
Bouvet retourne dans l'Océan
Indien en 1746 et participe à l'aventure française aux Indes. Il va secourir
Dupleix assiégé à Pondichéry ; il est fait chevalier de Saint-Louis avant
de rentrer en France à la paix de 1749.
Le 21 mars 1750,
Jean Baptiste Bouvet de Lozier prête serment comme gouverneur de l'île
Bourbon, devant le chancelier d'Aguesseau à Paris.
A bourbon il sillonne l'île
dans tous les sens et va saisir les autorités royales de nombreux mémoires
sur l'état de la colonie.
Dans l'un de ses premiers
mémoires, il demande de séparer le gouvernement des îles de France et
de Bourbon. A ses yeux, le développement de Bourbon passe par un gouvernement
autonome.
C'est sous son gouvernement
qu'est intensifiée la guerre aux Marrons. A toute personne qui capture
vivant un Marron ou qui ramène la main gauche d'un Marron abattu, Bouvet
de Lozier donne un esclave. Une telle mesure réactive le zèle d'une partie
de la population et permet à François Mussard de donner la pleine mesure
de ses capacités. De nombreux chefs marrons : Mafate, Sarcemate, Laverdure
sont abattus lors des expéditions de François
Mussard ce qui lui vaut comme récompense de Louis XV un fusil portant
en lettres d'or l'inscription : Donné par le Roy.
Le Gouverneur va se préoccuper
de la question d'un port à Bourbon. Après avoir fait le tour de l'île,
il va arrêter son choix sur Saint-Pierre. Il étudie lui-même les abords
du bassin Saint-Pierrois et fait construire des jetées pour l'abriter.
Il développe également les communications dans l'île, en faisant construire
la route de la Plaine et en prolongeant celle de Saint-Benoît à Sainte-
Rose.
Bouvet de Lozier se préoccupe
également de l'éducation, l'instruction à Bourbon n'existe pas. Le gouverneur
y remédie en favorisant l'établissement d'un collège. Le collège Saint-Cyprien
de Saint-Denis ouvre ses portes en 1759,
il accueille les jeunes créoles des îles de France et de Bourbon.
Jean-Baptiste Bouvet de Lozier
sera gouverneur particulier de Bourbon en trois périodes distinctes,
ses compétences l'amènent à faire l'intérim
au gouvernorat générale des îles de France et de Bourbon.
Il se maria deux fois. La première avec Pauline de David, le 14
mars 1750, elle meurt à Saint-Denis le 11 décembre 1757,
puis la seconde fois avec Marie-Hyacinthe-Madeleine de Léaumont,
dont il aura un enfant le 20 juillet 1770, Athanase
Hyacinthe Bouvet de Lozier, qui sera gouverneur de Bourbon du 6 avril
1815 jusqu'au 30 juin 1817.
Après son séjour aux îles,
Jean Baptiste Charles Bouvet de Lozier se retire à Vauréal, dans le Val-d'Oise.
Il est anobli en janvier 1774,
il y meurt vers 1788.
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