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Jean
Baptiste de Villers.
30 septembre 1700
La Compagnie des Indes nomme gouverneur de l'île Bourbon, Jean-Baptiste
de Villers. Il embarque en mars 1701
sur le navire Le Bourbon pour rejoindre l'île du même nom.
Le Vaisseau arrive en juin
1701, en rade de Saint-Denis, le jeune Gouverneur, il est âgé d'une trentaine
d'années, va rapidement se mettre au travail.
Sous son administration,
le développement vivrier de l'île prend un tournant favorable. Il accorde
de nouvelles concessions, réglemente l'esclavage naissant et encourage
partout la production agricole.
Jean-Baptiste de Villers
fait le tour de l'île avec le garde-magasin, René Pontho
pour évaluer les potentialités et pousse jusqu'à la Plaine des Cafres
où un piton porte son nom, un quartier de la commune du Tampon, porte
le nom du garde-magasin, le Bras Pontho.
Il assouplit la pratique
du commerce interne en autorisant les habitants à faire du commerce entre
eux, normalement, l'achat et la vente de marchandises devaient s'effectuer
exclusivement dans les magasins de la Compagnie des Indes.
Il
maintient l'interdiction d'échanges avec les forbans ou les vaisseaux
de passage, Une interdiction fort peu respectée, Les relations entre les
corsaires et les habitants de Bourbon reprirent sous le gouvernement de
Villers ; elles devinrent tout à fait courantes et même presque officielles.
Les corsaires de l'océan
Indien, français, anglais, hollandais, avaient constitué entre eux de
véritables associations qui avaient leurs quartiers généraux en plusieurs
points de la côte de Madagascar. Mais Bourbon seule, pouvait leur offrir
les rafraîchissements qu'ils ne trouvaient pas dans la Grande Ile : aussi
leurs navires s'y arrêtent-ils six fois en six ans, deux fois en 1702,
puis en 1704, 1705, 1706 et 1707.
Les habitants vendaient leurs
produits fort cher aux corsaires, peut-on lire dans Petite histoire de
l'île Bourbon :
" Et les corsaires,
à qui l'or ne manquait pas payaient tout sans marchander".
Autant de relations régulières
qui amenèrent une nouvelle prospérité. Tellement prospère que lorsqu'en
1707
le gouvernement de Pondichéry lance un emprunt de 150 000 écus, l'île
trouvera en 24 heures cette somme.
En mars 1702
débarque du navire le Maurepas venant de Pondichéry le jeune commis Antoine
Boucher. A la mort de René le Pontho, le 13 mais 1702, il le
remplace comme garde-magasin. Boucher consigne ses impressions dans un
journal attribué à de Villers, journal aujourd'hui conservé à la New York
Library.
Jean-Baptiste de Villers
dresse le cadre de son action dans trois ordonnance :
- Ordonnance du 31 mai
1702 :
Elle interdit le moyen du
feu pour le défrichement des terres : " enjoint de prendre garde
de mettre le feu en aucuns endroits sous peine à ceux qui y seroient surpris,
se c'estoit des Blancs, de six mois de cachot, et si c'estoit des Noirs,
d'avoir le fouet et la fleur de lys, avec promesse de donner quarante
écus au dénonciateur ".
- Ordonnance du 12 septembre
1702 :
Elle règlement la chasse,
notamment la chasse à la tortue, interdiction " d'aller à la tortue
plus d'une fois par semaine et qui plus est, sans chiens ".
- Ordonnance du 22 novembre
1702 :
Elle veut combattre le vol
et le pillage. Pour un délit un Blanc sera " mis pendant un mois,
festes et dimanches, au carcan avec la peau ou la plume de ce qu'il aura
volé pendue au col ". et un Noir sera puni du fouet et de la
fleur de lys. En cas de récidive, le Noir est condamné à mort par pendaison
; le Blanc est expulsé de l'île et ramené en France après avoir purgé
sa peine.
Pendant cette période Jean-Baptiste
de Villers engage les habitants à marquer les troupeaux pour éviter les
vols, il accorde de grandes concessions pour l'élevage des bestiaux. Il
constitue à Sainte-Suzanne, à la Possession, au Gol, des sortes de parcs
domaniaux. |
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Récolte du café La Traite
négrière à Bourbon.

Carte de l'île bourbon 1763
Provenant du cabinet de géographie de Louis XV. Peinture sur soie, d'après
une carte dressée à partir de mémoires rédigés par : Boucher et Feuilley.


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En
1703,
débarque, Charles-Thomas Maillard, Cardinal de Tournon,
légat apostolique dans la Chine et les Indes orientales. Le passage du
cardinal de Tournon à Bourbon va déclencher chez de Villers un zèle religieux.
Tous les habitants devront sous peine d'amende, assister à la messe. Il
va poser solennellement la première pierre de l'église de Saint-Paul.
En mai 1704,
un des directeurs, de la Compagnie des Indes, Foucherolle,
s’intéresse à Bourbon et y fait passer à ses frais le lieutenant, cartographe
Jean Feuilley, celui-ci arrive par le navire le Marchand des Indes. Celui-ci,
après un an de séjour, doit lui rendre un rapport sur les possibilités
agricoles de l’île et l’aptitude de ses côtes à la vie maritime. Parallèlement,
il demande à Antoine Boucher, le garde-magasin, un mémoire sur les principaux
habitants. Feuilley pendant son séjour sur l'île, fera sept expéditions
d'exploration pour en dresser cartes et plans. Il est à chaque fois accompagné
par de gouverneur de Villers et Boucher.
Le 8 avril 1706,
l'escadre du baron de Pallières, quatre navires arrive
à Bourbon. Le commandant la Houssaye arrive en rade de Saint-Paul, a bord
de l’Aurore, navire de 44 canons et 210 hommes d’équipage. C’est le quatrième
séjour de la Houssaye à Bourbon. Deux autres navires l’Agréable et la
Mutine mouillent en rade de Saint-Paul, le quatrième le "Saint-Louis"
aborde à Saint-Denis.
Le lendemain, le 9 avril
1706, un cinquième navire aborde à Saint-Paul, un énorme vaisseau de 70
canons et 350 hommes d’équipage ! Un navire pirate. Il a besoin de rafraîchissements.
Le gouverneur de Villers, quitte Saint-Denis pour se rendre à Saint-Paul
en compagnie de Jean de Feuilley et règle très vite les besoins du navire
forban. Il lui fournit tout ce dont il a besoin et reçoit en contrepartie
un paiement plus que substantiel. Presque tous les pirates se trouvent
à terre, et, devant une telle puissance de feu et d’argent, qu’est-ce
que le gouverneur peut leur refuser.
Jean de Feuilley,
présent dans l’île depuis mai 1704, sa mission d’exploration et de cartographie
accomplie, souhaite rentrer en France avec l’escadre de Baron de Pallières.
L’escadre quitte Bourbon le 18 avril 1706. jean de Feuilley prend place
à bord de l’Aurore, commandant Guillaume la Houssaye, qui apporte aussi
le courrier officiel de De Villers.
De nouvelles concessions
souvent fort étendues, sont accordées aux colons, la culture s'intensifie,
mais l'île manque de main-d'œuvre. Jean-Baptiste de Villers lance en grand,
la traite négrière. Il envoie chercher cette main-d'œuvre à l'île Sainte-Marie,
sur la côte de Madagascar. Mais les esclaves, avides de liberté, cherchent
à s'enfuir par tous les moyens, le gouverneur est confronté au marronnage.
Il décide d'y faire face, de façon cruelle.
La pratique pour punir un
esclave capturé après sa fuite est de lui donner le fouet et de le marquer
à la fleur de Lys, à l'aide d'un fer chaud. Le châtiment ne dissuade pas
les esclaves de s'enfuir dans les montagnes, Il propose donc de couper
systématiquement le pied ou la jambe de chaque fugitif, " cela
les empêchait de s'en aller et ils n'en rendent pas moins bon service
à leur maître ".
La révolte gronde chez les
marrons ( esclave en fuite ). Un complot est découvert en 1705. Les esclaves
" avaient fait une ligue afin d'égorger hommes, femmes et enfants
qu'ils auraient trouvés dans leurs demeures, pour après estres armés,
venir assassiner le gouverneur dans sa maison et tous ceux qui s'y seroient
trouvés, pour se rendre Maîtres de l'isles ".
Une dénonciation opportune
évita de justesse la massacre de la famille Texere à La Possession. Les
meneurs furent arrêtés, jugés et condamnés. Le dénommé Sambo sera pendu,
le dénommé Sébastien brûlé vif en place publique dans le quartier de Saint-Paul
et le dénommé Mathieu, condamné par contumace, sera capturé et exécuté
le mois suivant. Un dénommé Sébastien va obtenir pour sauver son âme qu'on
lui tire dix coups de fusil avant que son corps ne soit jeté au bûcher.
Le 26 avril 1708,
arrive par Le Saint-Louis en rade de Saint-Denis, André Herbert,
Chevalier de l'Ordre Royal, hospitalier et militaire de Notre-Dame du
Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, est " envoyé du Roy
aux Indes pour l'exécution des ordres de sa majesté, directeur général
de la Royalle Compagnie des Indes Orientales, et en cette qualité un des
seigneurs de l'isle Bourbon ".
André Hebert reste dans l'île
jusqu'au 18 mai 1708. c'est lui, en tant que directeur de la Compagnie
des Indes et gouverneur de Pondichéry qui autorise le départ de De villers.
C'est encore lui qui nomme le nouveau Gouverneur, Michel-François
des Bordes, et Pierre Deharamboure comme secrétaire de la Compagnie
et procureur fiscal.
De villers quitte l'île le
24 avril 1709,
sur le Saint-Louis. Prennent également place à bord Antoine Boucher et
le Père Pierre Marquer. Mais le bateau prenant l'eau est obligé de revenir
à Saint-Paul le 26 avril pour réparation. Ils resteront encore quelques
mois dans l'île avant de repartir.
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