Jean Baptiste
Drouillard.
La mort de Colbert le 6 septembre
1683
fait peser des risques sur l'avenir de la Compagnie des Indes.
A Versailles beaucoup intriguent
pour briguer le poste de gouverneur de Bourbon.
Bernardin
de Quimper gouverneur souffrant, attend un vaisseau pour quitter l'île.
L'occasion se présente lors de l'aiguade du Saint-François d'Assise, le
23 novembre 1686.
Il quitte l'île le 30 novembre
1686 après avoir convaincu un passager, Jean Baptiste Drouillard
pilote de La Compagnie des Indes, qui fait halte à Bourbon pour retrouver
une santé convenable avant de rentrer en France, de prendre temporairement
l'administration de l'île.
Le 23 novembre 1686, jean
Baptiste Drouillard est élu par les habitants. Les habitants qui suivent
le conseil du Père Bernardin et du commandant du Saint-François d'Assise,
Jonchée des Ormas. Voila un étranger non impliqué dans les zizanies et
les inimitiés qui minent la société Bourdonnaise à la tête de l'île. Drouillard
ne m'y qu'une condition, à son élection, celle de pouvoir rentrer en France
quand bon lui semblerait.
Le 15 janvier 1687,
Drouillard réglemente la chasse. La chasse au cabris sauvages n'est permise
que deux jours par semaine, et celle de la tortue un seul jour. Il établit
une réserve de gibier au sud, interdit tout commerce avec les navires
de passage sans sa permission.
" Il est ordonné à tous les
habitants du cartier de Saint-Paul, et autres d'aller deux fois la semaine
à la chasse au cabrit et une fois à la tortue de mer. Deffenses leurs
sont faittes de ne point passer la rivière de Saint-Gilles, sous peine
destre corporellement chastiez. Que tous les dits habitants pourront faire
de laloys ( aloès ) où ils pourront excepté dans les caz ( cases ) qui
ont tousiours esté sy devant reservez pour le roy, sous peine de confiscation,
y estant atrapé, et de vingt escus damande payable dans la huictaine pour
première fois, et, en cas de récidive, seront rigoureusement chastiez,
et serviront le roy six mois sans aucun salaire,et se, pour voulloir anticiper
sur les droits de son prince.
Mais ouy bien pourront les
dits habitants emplanter un chaicun dans leurs habitassions autant qu'il
pourront, pour en recueillier en la saison. Qu'il pourront aussy faire
du miel et de la cire sans destruire les mouches à miel et en aporteront
le huictième au magasin, sous peine de confiscaô, et de dix escus damande
et servir le roy quattre mois sans aucuns sallaire.Que le tabacq quil
feront sera bon en bien conditionné pour le débitter aux vaisseaux qui
abordront( dans lisle soit françois ou estranger, et sera visité pour
voir s'il est bon, et ne lestant pas sera brullé pour celuy aqui il cera
et payera vingt livres damande, et ce, pour ne pont ( point ) desacrediter
lisle comme estant la marchandises de lisle où il en veut sortir le plus
en quantité.
Quils pourront entreux commercer
et negossier de toutes leurs danrée, sans se faire auqun tort les uns
au autres sous peine de cinquante livres damande, et, en cas de residive,
seront corporellement chastiez et serviront le roy trois mois sans aucun
salaire.
Deffances leur sont faitte
absolument de ne point aller d'abord dauquns vaisseau qui abordera lisle,
soit françois ou estranger pour y commercer, sans la permission du chef
ou commandant sous peine de cent livres damande et estre corporellement
chastiez en cas de residive. Donné à nostre hautel, au cartier de Saint-Paul
le 15 janvier 1687, le jour et an que dessus. " |