Dans
l'excercie de sa fonction, il doit contrôler en détail tous
les aspects de la vie des esclaves à La Réunion et en faire
un rapport d'inspection. Extrait d'un des rapports de patronage de Joseph
Alexandre Massot du 6 janvier 1847 :
" ... La prenant, il
y a six mois, la direction du Parquet du Tribunal de première instance
de Saint-Denis, mon attention se porta tout d'abord sur la partie la plus
importante et la plus difficile de mon service : je veux parler du patronage
des esclaves.
Arrivé dans la colonie
à un âge où les idées de l'homme sont à
peu près arrêtées sur toutes choses, j'ai eu la satisfaction
de n'avoir à revenir sur aucune des convictions que j'avais apportées
d'Europe en matière d'esclavage : la pratique des hommes et des
choses, l'année que j'ai passée dans les fonctions de juge
d'instruction m'ont initié à beaucoup de détails
que j'ignorais et dans lesquels il est indispensable de pénétrer
pour se faire une juste idée de l'esclavage...
... Le spectacle d'un ordre
de chose nouveau pour moi, l'initiation des faits que l'aspect général
du pays ne laisserait pas deviner à l'observateur superficiel ont
fortifié une conviction déjà ancienne dans mon esprit,
à savoir que quelque mitigé que l'esclavage puisse être
à Bourbon et sans doute ailleurs pour l'adoucissement progressif
des moeurs et aussi pour l'intérêt du Maître, les améliorations
n'existent guère qu'à la surface, qu'en un mot l'esclavage
est toujours l'esclavage...
... La durée du travail,
la distribution, la répartition suivant les forces de chacun constituent
un des points les plus importants du patronage ; c'est là que doit
se diriger principalement notre surveillance de tous les jours...
... J'ai trouvé le
régime disciplinaire dans l'état constaté par les
dernières tournées de patronage : le fouet, abandonné
sur quelques habitations, est, quoiqu'on puisse en dire, d'un usage général
; les propriétaires en font le fondement de leur discipline et
proclament hautement que c'est le seul et unique moyen d'obtenir du travail.
Les fers étaient aussi
d'un usage général... Depuis la promulgation de l'ordonnance
du 4 juin 1846, je les ai fait enlever partout où j'en ai rencontrés.
Ils ont maintenant disparu...
... Les faits de maîtres
à esclaves se passent presque tous dans l'intérieur de la
famille de l'habitation hors la vue de tous témoins de condition
libre ; les esclaves seuls pouvaient éclaircir la justice. Or l'article
322 du code d'instruction criminelle autorise seulement l'audition des
esclaves à titre de renseignement pour ou contre leur maître
dans les matières de grand criminel. Pourquoi ne pas étendre
cette disposition aux matières de simple police et de police correctionnelle
alors qu'il s'agit devant ces juridictions de peines beaucoup moins sévères
que celles qui sont dans le domaine des Cours d'Assises...
... Nous sommes à
une époque de transformation et de rénovation progressive
: les moyens d'actions que nous sommes chargé de mettre en oeuvre
contrarient des habitudes acquises et intéressées, froissent
des intérêts importants, et l'autorité des chefs de
Parquet de l'instance n'est pas de trop pour réprimer la mauvaise
volonté, stimuler l'indifférence, et assurer à l'esclave
la somme de protection et de bien être à laquelle il a droit
comme homme et comme travailleur.
23 janvier 1848, il est nommé
premier substitut du Procureur Général.
18 février 1848, il est fait Procureur
Général par intérim.
2 avril 1848, il fait est Procureur Général.
19 octobre 1948, Joseph Alexandre
Massot Procureur Général de la République préside
avec le Commissaire général de la République Joseph
Sarda Garriga, la séance officielle d’enregistrement
du décret d'abolition de l'esclavage en France adopté et
signé sous l'impulsion de Victor Schoelcher, le 27 avril 1848.
A la Réunion, Le 20 décembre 1848, 62 000 esclaves deviennent
libres.
Le Procureur Général de La
Réunion, Joseph Alexandre Massot meurt à Saint-Denis le
4 avril 1851.
Jules
Geslin est alors nommé en intérim, procureur général
par le Gouverneur Louis
Isaac Pierre Hilaire Doret.
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