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Joseph
Collet est né à Saint-Denis de La Réunion, le 29
novembre 1768.
Son père, capitaine
de navire de commerce l'embarque dès l'âge de 12 ans sur le
Baptistine et l'envoie dans l'Inde et dans les mers de Chine. Au retour
de cette campagne, son père le prend pour second sur l'Eclair,
puis le jeune Collet à l'âge de 15 ans, obtient le commandement
de bâtiments d'une valeur importante, le Tipis, le Nestor, le Léger,
l'Alcyon et le Beau-Séjour. Mais là n'était pas sa
vocation. La Marine de guerre était toute son ambition.
Lorsque, en 1790, la guerre
parait imminente, sacrifiant la fortune et la gloire, il s'embarque comme
simple volontaire sur la corvette la Bourdonnaise, armée à
Bourbon ( La Réunion ) et parcourt de nouveau les mers de l'Inde.
Nommé Enseigne de
vaisseau en 1793, il passe sur le vaisseau le Duguay-Trouin, croise dans
le détroit de la Sonde, participe à la prise d'un vaisseau
de la Compagnie des Indes, forcé après trois heures de combat
d'amener son pavillon.
En 1795, Joseph Collet s'embarque
sur la Cybèle en qualité d'officier de manoeuvre. Cette
même année une division Anglaise bloque l'île de France
( ïle Maurice ). La colonie dont tous les corsaires sont dehors,
souffre beaucoup de ce blocus. Le Conseil de Gouvernement décide
de faire un effort suprême pour la dégager. Ordre est donc
donné à la Cybèle, à la Prudence et au brick
le Coureur, bien inférieur en équipages et en canons aux
vaisseaux du Commodore Newcome. Qu'importe ! le courage, le patriotisme
ne s'arrêtent pas pour si peu.
Le 22 novembre 1795, les
trois bâtiments français appareillent de bonne heure de la
rade de Port-Louis et se portent hardiment à la rencontre de la
division anglaise. A 3 heures, l'attaque commence, un combat acharné,
les frégates françaises tirent alternativement à
démâter ou à couler bas. Accablée par le feu
supérieure de son adversaire, la Prudence, capitaine Renaud, s'éloigne
et fait signal à la Cybèle de prendre chasse. L'intrépide
Tréhouart, secondé par Collet, son officier de manoeuvre,
ne peut ou ne veut obéir au signal, cependant sa voilure et son
gouvernail sont hachés. Il continue seul le combat. Pendant deux
heures, aidé du brick le coureur qui est venue le rejoindre, la
Cybèle accable les Anglais de son feu, démâte le Cebturion
de ses mâts de hune, démonte son gouvernail et le force à
se mettre hors de portée. Coulant bas d'eau, hachée, mitraillée,
la vaillante frégate, remorquée par la Prudente, rentre
au port, acclamée par une foule enthousiaste. Le but est atteint,
le blocus est levé et les vaisseaux anglais disparaissent. Joseph
Collet a été blessé deux fois pendant l'engagement.
De 1797 à 1801, Collet
est lieurtenant de vaisseau sur le Dugommier, puis sur l'Indomptable.
Il assiste au combat d'Algésiras, à L'expédition
d'Egypte, de Saint-Domingue. Toujours le premier au feu, Joseph Collet
reçoit le grade de capitaine de frégate en 1803.
En 1805, il s'empare d'un
cutter anglais. Peu après, il prend le commandement des canonnières
à rames à Granville. Ce port est bloqué par deux
bricks anglais, mouillés à l'ntrée des passes. Collet
sort une nuit avec sept canonnières, au jour il est à portée
de pistolet des Anglais, les attaque et reçoit leur feu. La marée,
trop forte pour les aborder, le force à attendre que le courant
faiblisse, néanmoins il ne cesse de cribler les deux bricks, le
Teaser de 16 pièces et le Plumper de 16 caronades de 18, de ses
deux de mousqueterie. Le Teaser ne pouvant tenir amène son pavillon.
Le Plumper tente de prendre la fuite, mais le calme et le courant favorisent
Collet. Le Plumper amène à son tour pour éviter un
abordage meutrier. Collet rentre à Granville avec ses deux prises.
Le 14 mai 1806, commandant
la frégate la Minerve, Collet attaque, sur la rade de l'île
d'Aix, la frégate la Pallas, commandée par Lord Thomas Cochrane,
un des plus vaillants hommes de guerre de l'Angleterre, et le force à
prendre à chasse. Collet qui s'est réservé par son
habileté l'avantage du vent, lui coupe la route, revient sur elle,
accroche son ancre dans sa chaîne de haubans. Déjà
les matelots Français arrachent les piques des Anglais, prêts
à repousser le redoutable abordage ; malheureusement les deux navires,
anomés d'une trop grande vitesse, se dépassent et la Minerve
voit sa proie lui échapper. La Pallas démâtée,
criblée de boulets, son gréement haché, peut se mettre
par la fuite à l'abri des coups de son redoutable adversaire, empêché
de la poursuivre par une ancre qui drague et le temps nécessaire
à se débarrasser des débris qui couvrent le pont
et pendant le long de ses flancs. Collet, non seulement avait combattu
vaillamment, mais avait encore manoeuvré dans cette occasion avec
une habileté consommée.
Quelques mois plus tard,
toujours avec la minerve et avec la Gloire, frégate de 36, il soutient
contre deux vaisseaux anglais, le Monarch et le Centaure, l'un de 74,
l'autre à 3 ponts, un combat acharné. Pris deux fois d'enfilade
par la Minerve canonné à demi-portée de pistolet,
le Monach abandonne le champ de bataille. Collet se jette alors sur le
Centaure aux prises avec la Gloire, crible le vaisseau de ses feux et
dégage la Gloire. Le Monarch a eu le temps de réparer son
gréement, il vient au secours du Centaure et tous deux recommencent
la lutte. Collet fait route au S.-E. ; le trois-ponts anglais le chasse.
Deux fois la Minerve lui envoie toute sa bordée en enfilade et
lui fait un mal affreux. Collet invulnérable encourage son équipage
; pour lui la victoire est sûre, lorsqu'un troisième vaisseau
le Revenge, de 64, vient au secours du trois-ponts. Sans mâts de
hune, le gréement haché, les voiles en lambeau, ayant 131
hommes hors de combat, 5 pièces démontées, coulant
bas d'eau, l'héroïque Collet lutte encore contre ses trois
vaisseaux adversaires. Cependant le terme de la lutte est arrivé,
Collet amène. Il passe cinq ans dans les prisons d'Angleterre.
Joseph Collet rentre en France
en 1811, où il apprend qu'il est captitaine de vaisseau depuis
1808, il prend le commandement du vaisseau l'Auguste, puis s'illustre,
jusqu'en 1814.
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Pendant
les Cent Jours, Collet commande la Melpomène. Dans la baie de Naples,
rencontré par le Vaisseau anglais le Rivoli, de 74, il est sommé
de rendre sa frégate à S.M. Louis XVIII. Collet répond
à cette sommation en envoyant sa bordée à l'Anglais
et, pendant trois heures, il lutte corps à corps avec son puissant
adversaire. Aux trois quarts démolie, coulant bas, la Melpomène
amène son pavillon et son commandant va expier de nouveau, en Angleterre,
un acte plus patriotique que politique.
Il rentre en France siox
moi après, les Bourbons le laisse inactif jusqu'en 1819. Il commande
ensuite la Galathée, le Trident, fait la campagne d'Espagne en
1823.
Collet épuisé
par une vie si active, prend un repos momentané.
Nommé Major-général
à Toulon, il déploie dans ces fonctions sédentaires
une féconde activité, mais l'inaction lui pèse ;
il veut reprendre la mer, la vie active du marin. En 1827 il écrit
cette lettre au ministre de la marine, le vice-amiral Halgan :
" Mon général,
on prépare à Toulon une division de vaisseaux et de frégates,
je vous prie de ne pas m'oublier. Je serais bien peiné s'il se
tirait des coups de canon, sans que je me trouvasse de la partie. "
La Restauration voulait châtier
le Dey d'Alger dont les insolences réitérées devaient
amener trois ans plus tard la conquête de l'Algérie. En attendant,
Collet reçut le commandement d'une division chargée de bloquer
Alger. Il contient les barbaresques et force, après un vif engagement,
leur flotte à se sauver dans le port d'Alger. Pendant 18 mois,
il croisa sur cette côte inhospitalière, sans repos, ni relâche.
Le 2 mai 1828, le Roi nomme
Joseph Collet contre-amiral.
Tant de travaux, tant de
fatigues, tant d'énergie dépensée avait épuisé
Collet. Il veut se faire illusion et persiste à garder son poste.
Mais vaincu par la maladie, il est forcé de revenir à Toulon.
Son état fut bientôt désespéré. Sentant
sa fin approcher, l'amiral Collet se fit apporter du jardin botanique
de Toulon une branche d'un abrisseau commun de Bourbon, ( branche de piment
), lui rappelant son île natale ; il rendit le dernier soupir le
20 octobre 1828, la tenant à la main.
Voici en quels termes le
Préfet maritime annonça sa mort au ministre de la marine
:
" Le contre-amiral Collet
est mort cette nuit. Cet officier général était un
des plus ontrépides et des meilleurs marins qu'ai eus la France.
Am Jacob, préfet maritime. "
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