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Le
2 mai 1779,
François de Souillac prête serment en qualité de gouverneur des Isles
de France et de Bourbon. Il nomme Joseph Murinay, comte de Saint-Maurice
pour lui succéder à Bourbon.
Joseph Murinay, colonel au
Régiment de l'île de France, prend son poste à Bourbon
le 25 mai 1779.
Révolte d'esclaves
pentecôte 1779.
C'est avec la dénonciation
d'un complot d'esclaves que démarre l'administration de Saint-Maurice.
Le jour de sa prise en fonction on signale le regroupement dans l'Est
de la colonie, de près d'une soixantaine d'esclaves des quartiers de Sainte-Suzanne
et de Saint-André.
La rumeur prête alors à ces
esclaves, l'abominable projet de massacrer tout les blancs des environs,.
Ce projet, qui doit être mis en exécution le jour de la pentecôte pendant
que les maîtres seraient à l'église, est pris très au sérieux par les
administrateurs. D'importantes mesures de sécurité sont alors arrêtées.
La milice est mobilisée, des patrouilles sont organisées et des renforts
du régiment de l'Isle de France sont sollicités. Le complot éventé, une
vague d'arrestation est déclenchée, les administrateurs de Bourbon veulent
donner un exemple et installer durablement la peur dans l'esprit des esclaves.
Parmi les personnes impliquées
dans le complot, il y avait un certain Bernard, esclave d’un propriétaire
du nom de Moreau. Il s’agissait d’un esclave créole, donc né à Bourbon.
Sachant le sort qui l’attendait, il préféra se donner la mort en s’étranglant
avec ses liens, dans sa cellule. Le Conseil colonial, informé, décida
quand même que son procès aurait lieu : celui-ci, bien que décédé, fut
condamné à être traîné par un cheval, sur une claie, la face retournée
vers la terre, dans les rues du quartier de Saint-André. Après quoi, il
serait pendu par les pieds à une potence sur la place du bazar et laissé
là 24 heures avant que l’on ne jette sa dépouille à la voirie.
Un certain Sergé ayant fait
appel de la décision, car il espérait, des juges, un peu plus d’humanité,
on recommença le procès et le tribunal prit le même jugement. L’homme
était mort depuis trois semaines. On le déterra, car entre temps, on l’avait
inhumé et on lui fit subir son horrible supplice. On dit que les spectateurs
étaient nombreux : les esclaves contraints d’assister aux évènements pour
que la peur les habite à jamais, les maîtres se délectant de leur vengeance,
et les badauds généralement attirés par des scènes de ce genre.
Saint-Maurice note également
:
" Deux esclaves ont
été condamnés à être rompus vifs, brûlés ensuite, leurs cendres jetées
au vent ... Deux autres ont été condamnés à être pendus et brûles, leurs
cendres jetées au vent... Deux autres ont été fouéttés, marqués, et sont
condamnés aux galères perpétuelles... Un autre y est aussi condamnés pour
un an. Enfin, un dernier en a été quitte pour assister avec ceux qui n'ont
pas péri, la corde au col, au supplice des autres ". |
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Monnaie commune à l'île
de France et à l'île Bourbon frappée en 1779 par la
Monnaie de Paris.
Inscription :
3 SOLS A L'ISLE DE FRANCE
ET DE BOURBON

Inscription :
LOUIS XVI. R. DE FR ET DE
NAV
Une couronne et trois lis.
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Sous
l'administration de Joseph Murinay, Comte de Saint-Maurice, la colonie
va être également confronté à une crise monétaire majeure, héritage de
la Compagnie des Indes. C'est en effet La Bourdonnais qui en bute aux
questions monétaires, met le premier en circulation des billets de caisse.
Si les premières émissions
sont bien acceptées, elles vont être suivies pas de nombreuses autres,
plus rapprochées et plus massives. La Compagnie des Indes va se retrouver
finalement incapable de garantir les billets en circulation.
A la rétrocession de Bourbon
au Roi, ce système de papiers-monnaie est maintenu, les autorités royales
se limitant à l'encadrer. C'est ainsi qu'en décembre 1776, les autorités
décident d'émettre pour 510 000 livres tournois de billets, dont 250 000
pour Bourbon, destinés à remplacer toutes les émissions précédentes.
D'autres émissions vont suivre
mais elles s'avèrent insuffisantes. Ont donc cours à Bourbon les billets
nouvellement émis, les anciens billets qui auraient dû être détruits,
divers bons et autres, ainsi que plusieurs espèces métalliques : sols,
fanons, pagodes. Dans cette confusion totale, les piastres, dont la valeur
monte très au-dessus du cours, sont très recherchées. Elles sont thésaurisées
ou quittent la colonie.
L'Édit royal du 28 août 1779
tente de mettre de l'ordre dans cette situation qui constitue un très
lourd handicap pour Bourbon et sa population.
Les autorités décident donc,
une fabrication dans la monnaie de Paris, d'une certaine quantité d'espèces
de billon qui ne pourra avoir cours que dans les Isle de France et Bourbon.
De 1779 à 1781,
deux millions de pièces sont frappées et la suppression de papier monnaie
est décidée.
L'administration de Saint-Maurice
est également marquée par d'importantes catastrophes naturelles où alternent
de violents cyclones et des sécheresses tenaces. Récoltes de blé, de maïs
et de riz subissent des pertes considérables et plongent la colonie dans
la disette.
En août 1781, Alexandre François
Chalvet, Baron de Souville, succède au Comte de Saint-Maurice.
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