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Joseph
Urbain Court est né le 1 er juillet 1882 à Lutzelhause dans le
Bas-Rhin, dans une alsace occupée. Il est le dernier d'une famille de
six enfants.
Brillant élève Joseph Urbain
Court entre à l'École coloniale, il sort major de sa promotion en 1904.
Sa carrière démarre au Sénégal puis au Maroc où il se fait remarquer par
Lyautey. Court est ensuite nommé, sur proposition de Lyautey, membre de
la commission des Réparations à Berlin. En 1924, il retrouve le Sénégal
pour être affecté ensuite en Côte-d'Ivoire, au Soudan, puis au Niger en
1936, où il est nommé gouverneur.
Le 28 octobre 1938,
Joseph Urbain Court est nommé gouverneur de La Réunion, il arrive
dans la colonie le 15 novembre 1938, à bord du Général-Metzinger, accompagné
par son chef de cabinet Pillet.
Alors que l'inquiétude domine
en Europe, que les Réunionnais suivent avec anxiété les nouvelles par
la presse, le discours de prise de fonction du nouveau gouverneur fait
de lyrisme et de volontarisme est un chef-d'œuvre d'habileté. Préparer
les Réunionnais à ce qui inexorablement va se produire, mais sans les
affoler, tel est l'objectif du gouverneur Court. Dans ce discours de prise
de fonction, Court relève la nécessité de développer les relations maritimes
et aériennes, de multiplier les contacts avec les pays environnants, afin
d'éviter l'isolement. Mais c'est surtout la nécessité de doter la colonie
d'une autonomie alimentaire qui fait l'objet de longs développements.
Les riches potentialités de la colonie, tant maritime, forestière, qu'hydroélectrique
et leurs conséquences bénéfiques pour l'île, sont longuement exposées.
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Autant
de développement que le gouverneur joseph Urbain Court, reprend lors de
son discours d'ouverture à la première session des travaux du Conseil
Général, le 31 mai 1939. Le séjour du gouverneur à l'île Maurice, du 6
juin au 9 juin 1939, à l'invitation de son homologue britannique Sir Clifford,
participe de cette même volonté, conforter les relations avec les îles
voisines, se prémunir contre l'isolement.
Le 1 er septembre 1939, c'est
la guerre, la TSF transmet le jour même la triste nouvelle à La Réunion.
Dans une allocution solennelle à la radio, le 2 septembre 1939, Le Gouverneur
Court déclare : La mobilisation est décrétée.
" qu'après avoir lutté
pour la paix aux côtés de la Grande Bretagne jusqu'à la dernière minute,
la France va défendre sa vie avec celles des peuples libres. Notre nation,
debout aux côtés des alliés, répondra par la victoire aux défis cyniques
portés par un chef barbare aux principes sacrés de la conscience humaine.
Chacun fera son devoir jusqu'au bout ! ".
Le 3 septembre 1939, la mobilisation
générale est décrétée. Il est également décidé que pendant la durée de
la guerre, les ressources matérielles de La Réunion sont mises à la disposition
du gouvernement central qui peut toujours obtenir toutes les prestations
qu'il juge nécessaires, par accord amiable ou, à défaut, par réquisition.
Enfin, le commerce extérieure de l'île, l'exportation des capitaux, les
opérations de change et le commerce de l'or sont entièrement placés sous
contrôle de l'État.
Pour assurer l'approvisionnent
de la population locale en vivres, il est impératif tout d'abord de ne
pas gaspiller les réserves. Le gouverneur Court prohiba donc les exportations
ou réexportations de tous les produits de base : riz, maïs, farines, légumes
secs et verts, bois, charbon, tissus, café, pommes de terre et tapioca.
Pour lutter contre la spéculation en empêchant producteurs et commerçants
de raréfier artificiellement l'offre pour faire monter les prix. Importateurs
et grossistes et demi-grossistes sont tenus dedéclarer auprès de l'administration,
le 1er et le 15 de chaque mois, leurs stocks de riz, de viandes, poissons,
légumes, pommes de terre, café, huile alimentaire, vins, sel, savons,
combustibles, papiers et fûts métalliques.
Dès septembre 1939, des prix
maxima de vente au détail sont fixés pour le riz, la morue, le snook,
l'huile d'arachide, les poids du Cap, le café, le sucre, le sel, le savon.
Mais le gouvernement ne peut limiter son action à ces mesures d'urgence.
La guerre risque d'être longue, il s'attache donc à encourager la production
locale.
Septembre 1939, un Comité
Consultatif de l'Économie Intérieure de la Guerre est créé, pour organiser
le fonctionnement d'ensemble de la colonie. Dotée de pouvoir extraordinaire
cette assemblée a à sa tête un Comité Directeur chargé de concevoir les
plans généraux. Ceux-ci sont transmit aux Comités Communaux qui doivent
les appliquer.
Le 9 septembre 1939, un premier
détachement d'un millier d'hommes embarque sur la Ville de Tamatave, seul
navire disponible, pour la France. Dans l'urgence des préparations, les
conditions de voyage sont exécrables. Neuf mobilisés meurent au cours
du voyage et 147 autres doivent être hospitalisés à leur arrivée à Marseille.
23 septembre 1939, le conseil
général, alors réuni en session extraordinaire, vote à l’unanimité une
taxe de défense active et passive de l’île et les dépenses pour la subsistance
de la population. En outre cette session est l’occasion d’un geste social,
début d’un mouvement qui prendra toute son ampleur après la guerre, la
Colonie cède gratuitement un certain nombre de terrains, notamment dans
le quartier de la Source à Saint-Denis, destinés à la construction d’habitations
à bon marché.
28 octobre 1939, lors de la 2ème
session ordinaire du Conseil Général, Urbain Joseph Court,
explique les mesures prisent concernant les Travaux publics à La
Réunion et son organisation :
" A mon arrivée,
son architecture administrative était luxueuse dans sa superstructure
qui s'étendait à de multiples subdivisions formant autant
de services complets. Cette organisation paradoxale correspondait aux
besoins d'une Colonie de plusieurs millions d'habitants, et pour un peu,
un Ingénieur eût été à la porte de chaque
mairie, comme le facteur ou le percepteur. Ces Chefs de Travaux publics
au petit pied, rivalisant d'émulation dans la dépense, étaient
enlisés dans une paperasse que le Chef-lieu suffit, aujourd'hui,
à faire pour toute l'île. Ils conduisaient en outre, du fond
de leurs bureaux des travaux de toute nature, que fût d'ailleurs
leur genre d'aptitude ou formation. Les chantiers livrés à
des surveillants sans contrôle, souvent inaptes et surtout insuffisamment
guidés, étaient d'un rendement déficient ; leur personnel
sans aucune mauvaise volonté, travaillait comme pourraient le faire
des agents retraités bénévoles à la recherche
d'une occupation...
Mon arrêté du
25 août a supprimé cette organisation ; il a centralisé
la comptabilité au chef-lieu. Il a créé trois arrondissements
ayant chacun, à leur tête, un Ingénieur pérégrinant
spécialisé, l'un dans les routes, un second dans les bâtiments
et le troisième dans l'hydraulique. L'ancien système qui
supposait l'universalité des compétence à tous les
échelons explique qu'une caserne destinée à l'usage
de cinq gendarmes ait pu coûter un million de francs. Du reste,
très souvent aucun devis de travaux n'était établi
et les dépassements étaient devenus la règle.
La nouvelle organisation
permet aussi une meilleure utilisation des véhicules automobiles
et du matériel routier en confiant l'exploitation de ce matériel
à un seul organisme à Saint-Denis avec une annexe à
St-Pierre au lieu de cinq comme auparavant ; et la même mesure est
appliquée aux ateliers.
Le résultat le plus
saillant obtenu de l'activité du service réside dans l'amélioration
du rendement de la main d’œuvre...
D'ailleurs la comparaison
entre les dépenses faites au 31 décembre et les dépense
inscrites au budget donne une idée précise des résultats
obtenue dans l'amélioration du rendement.
J'ai aussi entrepris l'aménagement
de la place du Barachois, la continuation de son mur de protection, ainsi
que la réfection de la jetée dans des conditions qui vaudront
la surprise d'un port aménagé pour la pêche et pour
les sports nautiques en même temps que celle de l'embellissement
d'une place qui offre une perspective unique au bord de la mer et qui
sera magnifique avec des jardins et pièces d'eau et les nombreux
travaux en projet."
Une série de mesures sont
prises par le gouverneur pour assurer la défense de La Réunion. Cette
défense est assurée par 250 fusils Lebel et 12 fusils mitrailleurs. Au
port de la pointe des Galets, une batterie de 95 est installée avec 1
000 coups. Elle est placée sous les ordres du lieutenant Émile Hugot.
Le gouverneur Court va mettre au point un plan d'évacuation de la ville
de Saint-Denis en cas d'attaque. Par décret il va demander l'occultation
des lampes donnant sur l'océan.
Le 22 décembre 1939, un comité
chargé de la Surveillance des Prix et de la préparation des Arrêtés de
taxation est constitués pour concevoir les mesures destinées à contenir
l'augmentation des prix des produits de base. Le comité est composé des
principaux responsables économiques de La Réunion, chef du bureau des
affaires économiques, directeur du service des échanges commerciaux, le
chef de la direction des douanes, les présidents de la Chambre d'Agriculture.
Le 3 décembre 1939, le gouverneur
Joseph urbain Court est admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Il quitte La Réunion le 15 février 1940. Son successeur Pierre Émile Aubert
arrive à bord d'un navire de guerre à Saint-Denis le 26 février 1940.
Joseph Urbain Court décède
le 13 octobre 1948.
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