Joseph Urbain Court Gouverneur. Personnage célèbre de l'île de La Réunion 974

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Joseph Urbain Court.

Gouverneur de La Réunion du 15 décembre 1938 au 29 décembre 1939.

 

Gouverneur précédent :: Léon Hippolyte Claudius Truitard :: Gouverneur suivant :: Pierre Émile Aubert

 
   
 

Joseph Urbain Court est né le 1 er juillet 1882 à Lutzelhause dans le Bas-Rhin, dans une alsace occupée. Il est le dernier d'une famille de six enfants.

Brillant élève Joseph Urbain Court entre à l'École coloniale, il sort major de sa promotion en 1904. Sa carrière démarre au Sénégal puis au Maroc où il se fait remarquer par Lyautey. Court est ensuite nommé, sur proposition de Lyautey, membre de la commission des Réparations à Berlin. En 1924, il retrouve le Sénégal pour être affecté ensuite en Côte-d'Ivoire, au Soudan, puis au Niger en 1936, où il est nommé gouverneur.

Le 28 octobre 1938, Joseph Urbain Court est nommé gouverneur de La Réunion, il arrive dans la colonie le 15 novembre 1938, à bord du Général-Metzinger, accompagné par son chef de cabinet Pillet.

Alors que l'inquiétude domine en Europe, que les Réunionnais suivent avec anxiété les nouvelles par la presse, le discours de prise de fonction du nouveau gouverneur fait de lyrisme et de volontarisme est un chef-d'œuvre d'habileté. Préparer les Réunionnais à ce qui inexorablement va se produire, mais sans les affoler, tel est l'objectif du gouverneur Court. Dans ce discours de prise de fonction, Court relève la nécessité de développer les relations maritimes et aériennes, de multiplier les contacts avec les pays environnants, afin d'éviter l'isolement. Mais c'est surtout la nécessité de doter la colonie d'une autonomie alimentaire qui fait l'objet de longs développements. Les riches potentialités de la colonie, tant maritime, forestière, qu'hydroélectrique et leurs conséquences bénéfiques pour l'île, sont longuement exposées.

 

 

Joseph Urbain Court Gouverneur de La Réunion

 

 
 

Autant de développement que le gouverneur joseph Urbain Court, reprend lors de son discours d'ouverture à la première session des travaux du Conseil Général, le 31 mai 1939. Le séjour du gouverneur à l'île Maurice, du 6 juin au 9 juin 1939, à l'invitation de son homologue britannique Sir Clifford, participe de cette même volonté, conforter les relations avec les îles voisines, se prémunir contre l'isolement.

Le 1 er septembre 1939, c'est la guerre, la TSF transmet le jour même la triste nouvelle à La Réunion. Dans une allocution solennelle à la radio, le 2 septembre 1939, Le Gouverneur Court déclare : La mobilisation est décrétée.

" qu'après avoir lutté pour la paix aux côtés de la Grande Bretagne jusqu'à la dernière minute, la France va défendre sa vie avec celles des peuples libres. Notre nation, debout aux côtés des alliés, répondra par la victoire aux défis cyniques portés par un chef barbare aux principes sacrés de la conscience humaine. Chacun fera son devoir jusqu'au bout ! ".

Le 3 septembre 1939, la mobilisation générale est décrétée. Il est également décidé que pendant la durée de la guerre, les ressources matérielles de La Réunion sont mises à la disposition du gouvernement central qui peut toujours obtenir toutes les prestations qu'il juge nécessaires, par accord amiable ou, à défaut, par réquisition. Enfin, le commerce extérieure de l'île, l'exportation des capitaux, les opérations de change et le commerce de l'or sont entièrement placés sous contrôle de l'État.

Pour assurer l'approvisionnent de la population locale en vivres, il est impératif tout d'abord de ne pas gaspiller les réserves. Le gouverneur Court prohiba donc les exportations ou réexportations de tous les produits de base : riz, maïs, farines, légumes secs et verts, bois, charbon, tissus, café, pommes de terre et tapioca. Pour lutter contre la spéculation en empêchant producteurs et commerçants de raréfier artificiellement l'offre pour faire monter les prix. Importateurs et grossistes et demi-grossistes sont tenus dedéclarer auprès de l'administration, le 1er et le 15 de chaque mois, leurs stocks de riz, de viandes, poissons, légumes, pommes de terre, café, huile alimentaire, vins, sel, savons, combustibles, papiers et fûts métalliques.

Dès septembre 1939, des prix maxima de vente au détail sont fixés pour le riz, la morue, le snook, l'huile d'arachide, les poids du Cap, le café, le sucre, le sel, le savon. Mais le gouvernement ne peut limiter son action à ces mesures d'urgence. La guerre risque d'être longue, il s'attache donc à encourager la production locale.

Septembre 1939, un Comité Consultatif de l'Économie Intérieure de la Guerre est créé, pour organiser le fonctionnement d'ensemble de la colonie. Dotée de pouvoir extraordinaire cette assemblée a à sa tête un Comité Directeur chargé de concevoir les plans généraux. Ceux-ci sont transmit aux Comités Communaux qui doivent les appliquer.

Le 9 septembre 1939, un premier détachement d'un millier d'hommes embarque sur la Ville de Tamatave, seul navire disponible, pour la France. Dans l'urgence des préparations, les conditions de voyage sont exécrables. Neuf mobilisés meurent au cours du voyage et 147 autres doivent être hospitalisés à leur arrivée à Marseille.

23 septembre 1939, le conseil général, alors réuni en session extraordinaire, vote à l’unanimité une taxe de défense active et passive de l’île et les dépenses pour la subsistance de la population. En outre cette session est l’occasion d’un geste social, début d’un mouvement qui prendra toute son ampleur après la guerre, la Colonie cède gratuitement un certain nombre de terrains, notamment dans le quartier de la Source à Saint-Denis, destinés à la construction d’habitations à bon marché.

28 octobre 1939, lors de la 2ème session ordinaire du Conseil Général, Urbain Joseph Court, explique les mesures prisent concernant les Travaux publics à La Réunion et son organisation :

" A mon arrivée, son architecture administrative était luxueuse dans sa superstructure qui s'étendait à de multiples subdivisions formant autant de services complets. Cette organisation paradoxale correspondait aux besoins d'une Colonie de plusieurs millions d'habitants, et pour un peu, un Ingénieur eût été à la porte de chaque mairie, comme le facteur ou le percepteur. Ces Chefs de Travaux publics au petit pied, rivalisant d'émulation dans la dépense, étaient enlisés dans une paperasse que le Chef-lieu suffit, aujourd'hui, à faire pour toute l'île. Ils conduisaient en outre, du fond de leurs bureaux des travaux de toute nature, que fût d'ailleurs leur genre d'aptitude ou formation. Les chantiers livrés à des surveillants sans contrôle, souvent inaptes et surtout insuffisamment guidés, étaient d'un rendement déficient ; leur personnel sans aucune mauvaise volonté, travaillait comme pourraient le faire des agents retraités bénévoles à la recherche d'une occupation...

Mon arrêté du 25 août a supprimé cette organisation ; il a centralisé la comptabilité au chef-lieu. Il a créé trois arrondissements ayant chacun, à leur tête, un Ingénieur pérégrinant spécialisé, l'un dans les routes, un second dans les bâtiments et le troisième dans l'hydraulique. L'ancien système qui supposait l'universalité des compétence à tous les échelons explique qu'une caserne destinée à l'usage de cinq gendarmes ait pu coûter un million de francs. Du reste, très souvent aucun devis de travaux n'était établi et les dépassements étaient devenus la règle.

La nouvelle organisation permet aussi une meilleure utilisation des véhicules automobiles et du matériel routier en confiant l'exploitation de ce matériel à un seul organisme à Saint-Denis avec une annexe à St-Pierre au lieu de cinq comme auparavant ; et la même mesure est appliquée aux ateliers.

Le résultat le plus saillant obtenu de l'activité du service réside dans l'amélioration du rendement de la main d’œuvre...

D'ailleurs la comparaison entre les dépenses faites au 31 décembre et les dépense inscrites au budget donne une idée précise des résultats obtenue dans l'amélioration du rendement.

J'ai aussi entrepris l'aménagement de la place du Barachois, la continuation de son mur de protection, ainsi que la réfection de la jetée dans des conditions qui vaudront la surprise d'un port aménagé pour la pêche et pour les sports nautiques en même temps que celle de l'embellissement d'une place qui offre une perspective unique au bord de la mer et qui sera magnifique avec des jardins et pièces d'eau et les nombreux travaux en projet."

 

Une série de mesures sont prises par le gouverneur pour assurer la défense de La Réunion. Cette défense est assurée par 250 fusils Lebel et 12 fusils mitrailleurs. Au port de la pointe des Galets, une batterie de 95 est installée avec 1 000 coups. Elle est placée sous les ordres du lieutenant Émile Hugot. Le gouverneur Court va mettre au point un plan d'évacuation de la ville de Saint-Denis en cas d'attaque. Par décret il va demander l'occultation des lampes donnant sur l'océan.

Le 22 décembre 1939, un comité chargé de la Surveillance des Prix et de la préparation des Arrêtés de taxation est constitués pour concevoir les mesures destinées à contenir l'augmentation des prix des produits de base. Le comité est composé des principaux responsables économiques de La Réunion, chef du bureau des affaires économiques, directeur du service des échanges commerciaux, le chef de la direction des douanes, les présidents de la Chambre d'Agriculture.

Le 3 décembre 1939, le gouverneur Joseph urbain Court est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Il quitte La Réunion le 15 février 1940. Son successeur Pierre Émile Aubert arrive à bord d'un navire de guerre à Saint-Denis le 26 février 1940.

Joseph Urbain Court décède le 13 octobre 1948.

 

 

 
 
   
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  Jean-Christophe a écrit le 09-07-2010 :
Le gouverneur Joseph Urbain Court né en Alsace le 1er juillet 1881 à Lutzlhouse et décédé en Mai 1948 à Paris. (source:document de sa fille)


 
  Liste des Gouverneurs de l'île de La Réunion
   
   Etienne Régnault
Jacques de la Heure Henry Hesse d'Orgeret
Germain de Fleurimont Bernardin de Quimper
Jean-Baptiste Drouillard Henry Habert de Vauboulon
Michel Firelin Directoire de Saint-Paul
Joseph Bastide Jacques de La Cour
Jean-Baptisite de Villers Michel François des Bordes de Charanville
Pierre Antoine Parat Henry de Justamond
Joseph de Beauvollier de Courchant Antoine Labbé dit Desforges Boucher
Hélie Dioré de Périgny Pierre Benoît Dumas
Mahé de La Bourdonnais Charles Lemery Dumont
Pierre André d'Héguerty Didier de Saint-Martin
Jean Baptiste Azéma Gérard Gaspard de Ballade
Joseph Brénier Bouvet de Lozier
François Jacques Bertin Martin Adrien Bellier
Guillaume Léonard de Bellecombe Jean Guillaume de Steinauer
François de Souillac Joseph Murinay Comte de Saint-Maurice
Alexandre François Chalvet Baron de Souville Claude Élie Dioré de Périgny
David Charpentier de Cossigny Dominique Prosper de Chermont
Jean Baptiste Vigoureux Comte Duplessis Pierre Alexandre Roubaud
Philippe Antoine Jacob de Cordemoy François Louis Magallon Comte de La Morlière
Nicolas Ernault de Rignac Baron des Bruslys Chrysostome Bruneteau de Sainte-Suzanne
Robert Townsend Farquhar Henry Sheehy Keating
Athanase Hyacinthe Bouvet de Lozier Hilaire Urbain de Lafitte du Courteil
Pierre Bernard Milius Louis Henri De Saulses de Freycinet
Achille Guy Marie de Cheffontaines Etienne Henry Duval d'Ailly
Jacques Philippe Cuvillier Anne Chrétien Louis de Hell
Charles Léon Joseph Bazoche Joseph Graëb
Sarda Garriga Marie Bon Ézéchiel Barolet de Puligny
Louis Isaac Pierre Hilaire Doret Hubert Delisle
Rodolphe Augustin Darricau Marie Jules Dupré
Louis Hyppolite de Lormel Pierre Aristide Faron
Pierre Etienne Cuinier Etienne Antoine Guillaume Richaud
Jean Baptiste Lougnon Aimé Louis Édouard Manès
Henri Éloi Danel Henri Charles Roberdeau
Laurent Marie Émile Beauchamp Paul Samary
Adrien Bonhoure Camille Lucien Xavier Guy
Philippe Émile Jullien François Pierre Rodier
Hubert Auguste Garbit Pierre Louis Alfred Duprat
Frédéric Estèbe Maurice Pierre Lapalud
Jules Vincent Victor Repiquet Alphonse Paul Albert Choteau
Léon Hippolyte Claudius Truitard Joseph Urbain Court
Pierre Émile Aubert André Capagorry
   
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