Mai
1906, Jules Auber décide de se représenter pour les élections législatives
générales. Pendant sa campagne il est victime d'un attentat à Saint-André,
récit du journal L'Égalité :
" ... Le candidat Jules Auber,
candidat républicain, a été victime d’une tentative d’assassinat de la
part de ses adversaires. Il ne fait de doute pour personne que l’intention
de tuer est flagrante. L’arme qui a servi à l’attentat est une pierre
monstrueuse et aux arêtes aiguës de cinq cents grammes. Cette pierre a
été jetée sur le candidat Auber du sein de la foule où se trouvait M Gasparin...
Heureusement, une lanterne vénitienne heurtée dans sa trajectoire par
le projectile a peut être amorti le coup... ".
Ce jet de pierre a dégénéré
en bagarre générale. Blessé à la face, le candidat Jules Auber, est très
atteint moralement et physiquement.
Le 24 mai 1906, Jules Auber
renonce à la lutte et se désiste laissant Lucien Gasparin seul candidat
dans la première circonscription.
Parution de son désistement
dans le journal :
Titre : Désistement
de Monsier le Docteur Jules Auber.
Saint-Denis, le 24 mai 1906.
Mes chers amis.
Grièvement blessé,
lors du guet-apens dont j'ai été victime, le 17 mai, à
Saint-André, au moment même où j'allais exposer mon
programme, j'ai été contraint, par d'impérieuses
raisons de santé, de cesser ma campagne éléctorale,
et j'abandonne la lutte.
Ce résultat, regrettable
autant qu'inattendu, doit être attribué, vous le savez tous
à nos adversaires sans scrupules. Ils n'ont pas craint, les lâches,
de rechercher dans le crime, la fin d'une lutte où il devaient
infailliblement succomber. Qu'ils soient donc à jamais flétris
!
En me retirant, je me fais
un devoir d'adresser l'expression émue de ma vive gratitude et
de mes rémerciments sincères à tous mes amis dévoués
qui toujours, m'ont aidé à assurer le triomphe des vrais
principes de la République démocratique.
Je me souviendrai aussi,
dans ma retraite forcée, que nous devons rester toujours unis dans
un même élan de solidarité, toutes les fois qu'il
s'agira de défendre les intérêts de la grande et de
la petite Patrie.
Veuillez agréer, mes
chers amis, l'assurance de mon inaltérable attachement et de mon
absolu dévouement.
Dr Jules Auber. Député
sortant.
Lucien Gasparin est élu dans
la première corconscription, dans la deuxième circonscription,
François de Mahy est élu avec huit mille voix contre deux mille cinq cents
pour son adversaire, Auguste Brunet.
Jules Auber ne se représente
pas au municipal de 1908, il se consacre à son cabinet médical, prend
la direction du service de santé et d’hygiène de la Réunion et fonde le
journal "La dépêche".
Décembre 1919, Auber reprend
son activité politique, il retrouve sa place de maire de Saint-Denis,
et un siège de conseiller général de Saint-Benoît.
18 janvier 1920,
Jules Auber est élu Sénateur de la Réunion à une élection partielle,
en remplacement de M. Félix Crépin, décédé le 13 juillet 1918. Affilié
au groupe de la gauche démocratique, principalement attaché aux intérêts
coloniaux, il entreprend en 1920 de démontrer l'urgence de donner un statut
aux magistrats coloniaux.
Il se représente au renouvellement
normal du 9 janvier 1921, il est réélu. Il intervient dans la discussion
du projet de loi sur les services maritimes postaux et demande qu'on laisse
aux colonies plus de liberté dans l'emploi de leurs ressources. Il siége
notamment à la Commission des douanes et des conventions commerciales,
au nom de laquelle il dépose un grand nombre de rapports.
Il meurt dans l'exercice
de son mandat, le 5 juin 1928 dans son appartement du boulevard Saint-Michel
et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. M. Paul Doumer, Président
du Sénat prononce son éloge funèbre à la séance du 7 juin 1928.
Léonus
Bénard est élu en remplacement sénateur de la Réunion le 19 août 1928.
Les travaux scientifiques
de Jules Auber ; : L'emploi de la cocaïne en chirurgie ; Le traitement
de la lèpre ; L'épidémie de peste en 1900 ; Bourbon sanatorium, etc...
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