Olivier
Le Vasseur dit La Buse né le 11 février 1672
à Calais.
Avec quelques pièces de canons
pour seule défense, l' île Bourbon du XVIII siècle était une proie
facile pour les pirates qui croisaient dans l' océan Indien. Olivier
Le Vasseur, surnommé la Buse, en raison de sa rapidité à fondre sur sa
proie, fut l'une des plus célèbres figures de la piraterie dans les Mascareignes.
Olivier Le Vasseur dit La
Buse est fils de flibustier, son père qui possède le navire
nommé La Reine des Indes " Indian Queen " lui enseigne
les bases de la navigation. A la fin des guerres en Europe, la flibuste
fut bannie des océans. La Reine des Indes reste à cette
époque de longue période à quai sans naviguer.
A la mort de son père
Olivier reprend la mer direction les Caraïbes.
En 1716,
La Buse rencontre les pirates Benjamin Hornigold et Samuel Bellamy, dit
Black Sam, ensemble ils commencent à piller des navires marchands
de toutes nationalités. Les trois pirates font partie de la réunion
de Providence (aux Bahamas), où les grands capitaines pirates des
Antilles prirent, pour la plupart, la décision de fuir les Caraïbes,
devenues trop dangereuses depuis que les différentes marines nationales
y menaient des campagnes anti-pirates.
On retrouve par la suite
Olivier Le Vasseur dans les Mascareignes, carrefour maritime majeur de
la route des Indes Orientales, un axe du commerce des épices et
des matières précieuses.
L'Ile de Bourbon ( La Réunion
), se trouve au centre d'un carrefour de voies commerciales et les corsaires
munis de leur lettres de marque animent le trafic des échanges
commerciaux en attaquant les bateaux de certains pays concurrents et revendent
leur butin à Terre.
Les corsaires ne sont pas
les seuls à animer le trafic maritime dans l'Océan Indien.
Les pirates profitent de cette manne de richesse pour piller sans vergogne
les navires marchands au grand désespoir du Roi de France, des
Anglais et des Portugais. Les Pirates payent rubis sur ongle les vivres,
les médicaments et autres besoin nécessaire pour leurs grandes
traversées.
De là, La Buse pille
quelques bateaux faisant la route de retour ce qui lui permet de prendre
un peut plus de richesse que d’ordinaire, il se fait un réputation
au fil de prises.
Un jour faisant route vers
les Seychelles, les choses se gâtent. La Buse est pris en chasse
par deux vaisseaux de guerre, il ne peut que fuir. Le navire fini sa course
échoué à Mayotte, il vient de perdre la Reine des
Indes.
Le pirate anglais Taylor
lui propose alors de faire équipe car il a un navire sur les bras
sans capitaine, La Buse accepte car cela lui permet de rester dans la
course, ils partent vers L'isle de France (île Maurice ) afin de
débarquer le capitaine England qui ne fait plus partie des hommes
de Taylor, ils se sont disputés. Après une courte escale,
ils se dirigent vers Bourbon.
Le capitaine John Taylor
commande le Fantasy, l'ex-Cassandra capturé de haute lutte sur
les Anglais, lors du combat d'Anjouan, il est armé de 38 canons
et compte 280 hommes d'équipage.
Le capitaine Olivier Le Vasseur
commande le Victorieux armé de 36 canons et 200 hommes équipages.
La chance va sourire à
nos deux pirates, en effet en rade de Saint-Denis se trouve une proie
facile.
Le navire la Vierge du Cap
' Virgen de Cabo ' fait escale à Bourbon, le 20 avril 1721.
Ce navire de 800 tonneaux avec ses 70 pièces de canons, navire
amiral de la flotte Portugaise venant de Goa ( Malabar ) voguait vers
Lisbonne ( Portugal ). Pris dans une tempête, le vaisseau portugais
est contraint de relâcher dans la rade de Saint-Denis pour réparer
ses très importantes avaries : sa mature et son gouvernail sont
endommagés, sa coque a souffert, il ne lui reste plus qu'une vingtaine
de canons seulement, les autres, près d'une cinquantaine, sont
passés par dessus bord pendant la tempête ou sont inutilisables.
Le navire transporte une
très riche cargaison d'or, d'épices, d'étoffes, de
bois précieux, des pierres fines, des bijoux d'or ou d'argent...
ainsi que des passagers de marque. En effet, Luís Carlos Inácio
Xavier de Meneses, comte d'Ericeira, vice-roi des Indes est à bord,
ainsi que Dom Sebastian de Andrado, archevêque de Goa.
La Vierge du Cap mouille
donc à quelques encablures dans la rade de Saint-Denis, arrimée
fermement à ses 2 ancres massives. Une chaloupe est mise à
la mer et le Gouverneur de Goa descend à terre, invité à
dîner par le Gouverneur de Bourbon Joseph
de Beauvollier de Courchant.
Pendant les jours qui suivent,
l'équipage et les charpentiers marins s'affairent à réparer
le navire. Les charpentiers découpent des pièces de bois
afin de consolider la structure de la coque et le gouvernail, les gréements
du navire ayant également soufferts, les matelots s'occupent activement
à la réparation des voilures, le cordage usé est
changé et les mâts endommagés sont remplacés
par du bois transporté depuis l'île. A ce moment là,
Le navire est un véritable enchevêtrement de charpentes marines,
la Vierge du Cap est incapable de la moindre manoeuvre.
Pendant une vingtaine de
jours, le navire est immobilisé tandis que s'affairent les charpentiers.
La majorité de l'équipage est à terre ainsi que le
vice-roi et l'archevêque qui bénéficient tous deux
de l'hospitalité du gouverneur.
Le 26 avril 1721, John Taylor
et La Buse arrivent en vue des côtes de Bourbon, les navires pirates
abordent le pavillon britannique, ils viennent de repérer leur
proie. Prévenu et en proie à un sombre pressentiment, le
comte d'Ericeira regagne en hâte la Vierge du Cap avec une demi-douzaine
de compagnons. La foule se masse sur le barrachois de Saint-Denis tandis
que les intrus se rapprochent. Arrivés à portée de
tir, les deux navires pirates hissent le pavillon noir.
Les pirates ouvrent le feu
; galvanisés par le comte d'Ericeira, les Portugais répliquent.
Ce qui devait s'annoncer comme une victoire facile devient un combat acharné.
Taylor décide d'en terminer et tente l'abordage ; les hommes du
comte d'Ericeira accueillent les assaillants à coups de mousquets,
de pistolets, de haches et de sabres et les repoussent malgré leur
supériorité numérique. Le Fantasy s'éloigne
et les échanges de bordées reprennent. Â bord de la
Vierge du Cap, la situation est désespérée et les
munitions viennent à manquer. La mort dans l'âme, le vice-roi
doit admettre sa défaite et il fait amener son pavillon.
Les pirates découvrent
alors le butin du Vice-Roi de Goa, de l'Archevêque et des prêtres
revenant des Indes. Olivier Le Vasseur, capitaine du Victorieux prend
dès lors le commandement de la Vierge du Cap. Il descend à
terre et déclare le comte Ericeira, vice-roi de Goa son prisonnier.
Le pirate exige une rançon pour la libération du vice-Roi.
Le gouverneur de Bourbon, refuse de payer. La Buse ayant pris en sa possession
le trésor de la Vierge du Cap dont une croix incrustées
de plus de dix kilogrammes de diamants laisse finalement libre le Vice-roi
sans aucune rançon.
Depuis le port de Saint Denis,
le Vice-roi assiste à la prise du commandement de son propre vaisseau.
Après la prise, La Buse prend en remorque la Vierge du Cap, tandis
que Taylor plus rapide, gagne la rade
de Saint Paul. Olivier Levasseur après être passé
devant la Ravine à Malheur à faible allure rejoint Taylor
4 jours plus tard.
Le 30 avril en fin de journée,
le Victorieux et le Cassandra attaquent et prennent le Ville d'Ostende
en Rade de Saint-Paul. Après cette nouvelle prise ils reprennent
la route vers l'île Sainte Marie à Madagascar.
En décembre 1721,
John Taylor et Olivier Le Vasseur prennent et incendient le navire la
Duchesse de Noailles, un vaisseau de ravitaillement des Mascareignes en
vivre et esclaves. La colère du Gouverneur de Bourbon envers les
pirates n'en fut que renforcée.
La Buse et ses hommes se
retirent dans la Baye d'Antongil sur la cote Est de Madagascar non loin
de Sainte Marie. Taylor, préfére prendre la direction de
Porto Bello (Panama) à bord du Cassandra où une promesse
d'amnistie l'attend.
Ce n'est que le 25 janvier
1724
qu'un pirate, John Clayton, donne des nouvelles de Levasseur : celui-ci
demande au Gouverneur Antoine
Desforges-Boucher la clémence accordée aux pirates,
charte de clémence offerte par le Roi de France.
Le 23 septembre 1724, le
conseil de Bourbon réitére la promesse d’amnistie
aux pirates. L'équipage d'Olivier Le Vasseur accepte et se rend
à Bourbon mais La Buse, flairant un piège, temporise avant
d'accepter la Charte. Il ne restitue que les vases sacrés, mais
ne peut se résoudre à rendre le butin de la Vierge du Cap,
condition de la clémence. Le Vasseur reste donc à Madagascar.
Vers 1729,
La Buse exerçe le métier de pilote dans la baye d'Antongil
(coté orientale de Madagascar), il offre des services au vaisseau
La Méduse, de la Compagnie des Indes Orientales, qui veut entrer
dans le port. Quand La Méduse aborde, La Buse s'imagine oublié,
rangé des navires, amnistié de fait. Il n'en est rien. Le
nouveau Gouverneur Pierre
Benoît Dumas tient à tourner une page d'histoire en mettant
à mort la dernière grande figure vivante de la piraterie.
Ce qu'il réussit. Le Capitaine d'Hermitte, commandant de bord de
La Méduse, reconnait le pirate La Buse, et se souvenant que le
pirate avait maintes fois arraisonné des navires de sa compagnie,
il l'arrête sous les ordres du nouveau Gouverneur de Bourbon. |