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13 octobre 1946, les citoyens
français adoptent, par référendum, une nouvelle Constitution.
La IVe République est née. Seulement quatre mois se sont
écoulés depuis les dernières élections législatives,
les électeurs doivent retourner aux urnes.
Les élections législatives
du 10 novembre 1946 sont donc les premières de la IVe République
nouvellement instaurée. Désormais, le département
de La Réunion compte trois députés élus pour
cinq ans dans un scrutin de liste à la proportionnelle.
Les
listes et les Candidats aux élections législatives de novembre
1946.
- La liste du C.R.A.D.S.
Comité républicain d’action démocratique et
sociale, liste communiste. Les candidats sont le docteur Raymond
Vergés, Léon
de Lepervanche et Evenor Lucas. Leur programme
est présenté le 2 novembre 1946. Il évoque les principales
dispositions destinées à améliorer les conditions
de vie des masses laborieuses : primes d'allaitement, allocations familiales
à la charge de l'employeur, assurances sociales, retraite de vieux
travailleurs, possibilité aux colons d'acquérier leur champ
grâce à un prêt de l'Etat... l'augmentation des rendements,
la meilleure répartitions des fruits du travail, la lutte contre
la spéculation...
- La liste d'Union Réunionnaise.
les candidats sont Raphaël
Babet affilié à l'U.D.S.R., député
sortant, Marcel
Vauthier, M.R.P., avocat député sortant et
Bertrand Blanchet, affilié à l'U.D.S.R.,
propriétaire agriculteur, vice président de la chambre d'Agriculture.
Le but de cette liste : la lutte contre le communiste, leur idéal
: Charles de Gaulle. Leur profession de foi : " Nous aurons à
coeur de conduire résolument La Réunion dans la voie des
réalisations sociales, économiques et politiques indispensables
à son complet épanouissement. Nous sommes fiers de vous
dire que botre passé répond de notre action et notre volonté
de servir notre pays de toute notre âme ". L'Union Réunionnaise
bénéficie de l'appuie de l'église catholique, qui
apparaît pour elle comme " la dernière digue contre
le communiste ".
Le
10 novembre 1946.
Encore une fois les élections
sont entachées par les fraudes ont lit dans le journal Le Progrès
les lignes suivantes :
" Les pronostics les
moins optimistes faisaient présager une victoire éclatante
des candidats modérés si les opérations de scrutin
se déroulaient normalement ; mais il fallait compter avec la municipalité
communiste de Saint-Pierre. Dès l'ouverture des bureaux, l'affluence
est telle qu'il est facile en regardant les visages de dénombrer
les partisans de Babet, candidat national, et ceux de Vergés, candidat
communiste. Mais contrairement aux engagements pris et à la loi,
ni les plus vieux, ni les plus jeunes présents à l'ouverture
ne sont appelés à former le bureau. Aussi les délégués
ont-ils de la peine à se faire admettre et certains présidents
les éliminent sans autre forme de procès. A un bureau, par
exemple, un fonctionnaire dont les opinions sont notoirement connues se
substitue au président, ne dépose sur le bureau que des
bulletins communistes et fait expulser le mandataire de Babet, qui proteste.
Dans certains bureaux le ralentissement systématique des émargements
empêche de nombreux électeurs de voter. Le dépouillement
commence, mais ni les émargements, ni les enveloppes contenues
dans les cernes ne sont comptés. Il n'est tenu aucun compte des
protestations des rares délégués admis pour la surveillance
des opérations et les bulletins du national Babet sont appelés
du nom du communiste Lepervanche. Les assesseurs sont expulsés
avec les mandataires et, le dépouillement bâclé, les
procès verbaux signés en blanc sont portés dans le
bureau du maire où les résultats sont faussés. C'est
ainsi que le résultat proclamé dans un bureau, par exemple,
portait 321 voix à Babet et 234 voix à Lepervanche, et qu'à
la mairie, ils subissent la modification suivante : Lepervanche obtient
800 voix et Babet 14. "
La presse du 21 novembre,
donne le résumé suivant : " A Sainte-Marie, tous les
représentants du candidat national sont expulsés, les communistes
dépouillent seuls. Au Bras-Panon, les communistes reçoivent
les électeurs à coups de revolver et personne ne vote, sauf
les communistes. A Saint-André, les partisans du national Babet
ne peuvent approcher des bureaux de vote, le bourrage bat son plein. A
Saint-Leu, même chose. A Saint-Paul, même chose. Au Port,
même chose. Et avec un tel tableau, on arrive à totaliser
7.000 voix de majorité pour le candidat communiste et je ne parle
pas de Saint-Pierre. "
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Les résultats
des élections législatives du 10 novembre 1946 à
La Réunion.
110
850 électeurs - 93 725 votants
- 88.55 % - 93 417 Suffrages exprimés
- 84.27 %.
La liste communiste du C.R.A.D.S,
Comité républicain d’action démocratique et
sociale avec Raymond Vergés, Léon de Lepervanche et Evenor
Lucas obtient 51 572 voix,
55.21 % des suffrages exprimés. Elle remporte deux sièges.
Raymond Vergès et Léon de Lepervanche sont élus
députés de La Réunion.
- La liste d'Union Réunionnaise
avec Raphaël Babet, Marcel Vauthier et Bertrand Blanchet obtient
41 845 voix, 44.79 % des
suffrages exprimés. Elle remporte un siège. Raphaël
Babet est élu député de La Réunion.
Pour le gouverneur de La
Réunion Jean-Charles
André Capagorry " ces élections se sont déroulées
dans des conditions telles que le succés de la liste communiste
ne constitue pas un critère. Contestables et contestés,
les résultats obtenus de reflètent pas la majorité
de l'opinion publique ".
Il lui faut attendre janvier 1949
pour que les résultats des élections législatives
de novembre 1946 soient officiellement validés.
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