Dans
la première circonscription la victoire du docteur Raymond Vergés
est difficilement acquise, avec 50,4 % des suffrages exprimés,
il est suivi de très près par son adversaire de Villeneuve.
Les
élections législatives du 21 octobre 1945 à La Réunion.
Les deux représentants
du C.R.A.D.S. Comité Républicain d’Action Démocratique
et Sociale sont élus députés.
19 novembre 1945, les deux
nouveaux députés de La Réunion, Léon de Lepervanche
et Raymond Vergès quittent la colonie pour Paris, de nombreux travailleurs
sont là sur le terrain d'aviation de la Possession pour les soutenir.
Les deux défenseurs
du statut de département pour La Réunion ont maintenant
les moyens de leur politique, ils se rendent où la loi s'élabore.
A l'assemblée ils s’inscrivent au groupe communiste, première
force politique nationale.
Lepervanche est nommé membre
de la Commission de la Constitution. Il dépose quelques propositions de
résolution d'intérêt purement local et intervient dans les débats sur
la départementalisation de La Réunion, de la Guyane, de la Guadeloupe
et de la Martinique.
12 Février 1946. Léon
de Lépervanche et Raymond Vergès déposent un projet
de loi demandant la transformation de La Réunion en département
français. De leurs côtés, des députés
antillais et guyanais dont Aimé Césaire demandent la transformation
de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane en départements
français.
14 mars 1946, l’Assemblée
constituante vote l’ensemble de ces propositions de loi qui deviennent
une seule loi.
Une page importante de l’Histoire
de La Réunion se tourne. La Réunion devient département
français.
De Paris à La Réunion,
l’annonce du vote de la loi du 19 mars 1946 est faite par les deux
députés sous la forme d’un télégramme
envoyé au Président du Conseil Général de
La Réunion, Paul Picaud.
" Ce soir 14 mars 11h50.
Assemblée Constituante unanimité proclame Réunion
Département Français Stop. Prions Conseil général,
municipalités, Union départementale et tous syndicats envoi
télégramme remerciement président Assemblée
Constituante et fêter cette date historique par grandiose manifestation,
stop. Vive La Réunion. Vergès - De Lepervanche ".
15 Mars 1946, Paul Picaud
adresse au Président de l' Assemblée Constituante le radiogramme
suivant :
" Population enthousiasmée
et reconnaissante. Expression ses vifs remerciements. Décision
faire de La Réunion département français constitue
".
Plusieurs communes fêtent
la nouvelle. La presse relaie ces appels au rassemblement. L’union
départementale réunionnaise des syndicats entend marquer
cet acte législatif si décisif :
" Une grande manifestation
comprenant défilé et meetings aura lieu à St Denis
à l’occasion de l’adoption à l’unanimité
du Parlement du projet Réunion Département Français.
En vue de marquer cet heureux événement, l’Union invite
tous les travailleurs syndiqués et sympathisants a se rendre en
masse ce soir à 17H45 devant l’Hôtel de Ville où
des orateurs tireront les conséquences de la réforme intervenue
et qui complète la libération de 1848. Drapeaux et bannières
devront figurer à la manifestation ".
Les élections du 2 juin 1946
donnent une situation inversée de celle de 1945. Les deux candidats de
droite l'emportent. Léon de Lepervanche se présente dans
la seconde circonscription, la mobilisation (74% des inscrits) joue en
faveur de Raphaël Babet. Le scrutin dans la 1ère circonscription
est reporté au 16 juin. Marcel
Vauthier qui remplace le défunt Alexis
de Villeneuve l'emporte sur Raymond Vergès avec 19 148 voix
sur 30 991 suffrages exprimés. Marcel Vauthier dans sa profession
de foi expose qu'il oeuvrera pour que la Réunion soit " un
département bien français. Il nous appartient de contribuer
à faire de notre Grande Patrie une France plus forte et de notre
petite colonie colonisatice, un département bien français
". Les
élections législatives de juin 1946 à La Réunion.
Mais il prend sa revanche
le 10 novembre 1946. Second de la liste communiste conduite par Raymond
Vergès, il est élu. Les élections législatives se déroulent
le 10 novembre 1946 et sont les premières de la IVe République
nouvellement instaurée. Désormais, le département
de La Réunion compte trois députés élus pour
cinq ans dans un scrutin de liste à la proportionnelle. Aux législatives,
la liste communiste remporte deux sièges sont élus Raymond
Vergès et Léon de Lepervanche et celle de l’Union
réunionnaise un seul est élu Raphaël Babet. Les
élections legislatives de novembre 1946 à La Réunion.
Le 25 janvier 1949, il est
nommé à la Commission de la défense nationale, puis à la Commission de
la presse et à celle de l'intérieur.
Léon de Lepervanche se représente
aux élections du 17 juin 1951. Mais le Parti communiste enregistre un
net recul et seul Raymond Vergès, tête de liste, est élu. Les deux autres
sièges vont à la droite. Il ne se représente pas en 1956 mais conserve
ses mandats locaux jusqu'à sa mort le 14 novembre 1961.
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