Un cyclone est une perturbation
atmosphérique des régions tropicales occasionnant des vents
tourbillonnaires violents et des pluies diluviennes. Il se forme sur les
océan tropicaux. La pression y est minimale au centre.
Les dangers du cyclones
La Force des vents : Les vents atteignent leurs
valeurs maximales à la périphérie de l'œil.
Le relief de l'île de la Réunion entraîne localement
des renforcements importants du vent.
Les Précipitations
: Les pluies torrentielles
accompagnant le système provoquent inondations,
éboulis ou glissements de terrain.
La Mer : Élévation du niveau , et énormes vagues.
Les alertes.
Vigilance cyclonique :
Menace dans les jours à
venir.
Alerte
orange : Danger dans les 24 heures. Tous
les
établissements scolaires et les crèches
ferment, mais l'activité
économique continue.
Alerte
rouge : Danger imminent. Le passage en
alerte rouge
est annoncé avec un préavis de
3 heures. Profitez de ce préavis pour
rejoindre
votre domicile ou vous mettre à l'abri.
Passé ce délai
ne sortez en aucun cas.
Phase de prudence : La
menace cyclonique est
Oeil d'un cyclone, photo prise depuis une
navette spatiale
écarté mais il reste des dangers.
N.A.S.A.
Période cyclonique : Novembre à Avril.
Les signes divers indiquant à La Réunion l'approche d'un cyclone sont
les suivants.
- Cinq ou six jours avant, des Cirrus se montrent au ciel, le couvrant
de longues gerbes déliées d'un effet original. Ils sont souvent
accompagnés de halos solaires et lunaires.
- Deux ou 3 jours avant la mer roule des lames grondé au rivage. Les
Cumulus remplacent les Cirrus, un bandeau noirâtre et épais s'étend du
N.E. au S.E. Les levers et les couchers du soleil présentent un aspect
remarquable de nuages colorés en rouge cuivré qui se reflètent sur la
mer; cette coloration qui s'observe quelques jours avant, devient de plus
en plus intense, à mesure que le cyclone se rapproche. Des folles brises
variables précédent souvent les cyclones à La Réunion surtout quand ils
doivent passer sur l'île ou à une faible distance.
- Le jour d'avant. Un calme stupéfiant, accompagné de bouffées d'air
chaud et étouffant règne pendant 24 heures et on dirait que la nature se
recueille, préparant toutes ses forces pour accomplir l'œuvre de
dévastation qui va marquer le passage de la terrible météorite !.
Images Album de La Réunion Antoine Roussin.
Pourquoi les cyclones ?
Les cyclones ont en fait un rôle de régulateur thermique, en
dégageant le trop-plein d'énergie des zones tropicales vers des zones
plus froides. Ces phénomènes météorologiques trouvent leur origine
dans la conjonction de différents facteurs. Une température de la mer
de 26°C minimum sur une hauteur de 60 à 100 M, l'existence d'une
dépression initiale rendant les masses d'air instables et un taux
d'hygrométrie élevé en sont les principales composantes. Un double
mouvement se produit alors, il associe le puissant flux vertical de la
vapeur d'eau s'échappant de la mer vers le haut à une rotation
horizontale, causée par la force de Coriolis. Cette dernière, née de
la rotation de la terre, crée en effet le mouvement de tourbillon du
cyclone (pour l'anecdote, c'est cette même force qui fait tourner l'eau
d'un évier que l'on vide dans les sens des aiguilles d'une montre dans
l'hémisphère Sud). C'est dans le mur du cyclone qui
ceinture l'œil, la zone de calme relatif que ce phénomène est le plus
intense. Les cyclones gardent cependant une certaine part de leur
mystère et le phénomène peut ne pas se produire malgré des
conditions favorables à sa formation.
Le trajet du cyclone !
L’intensité et la trajectoire des cyclones dépendent des conditions
climatiques environnantes. Ils se déplacent dans une zone bien délimitée
(bassin cyclonique) en direction de l’ouest puis du sud. L’énergie
qu’ils développent est considérable, elle équivaut à cinq bombes
atomiques de type Hiroshima par seconde.
Le trajet de ces monstres dont le tourbillon, de 500 à 1 000 km de
diamètre, se déplace à une vitesse de 15 à 50 km à l'heure, alors
que les vents à l'intérieur peuvent souffler de 200 à 300 km à
l'heure est toujours impossible à prévoir avec certitude. On a déjà
vu des cyclones former des boucles, ou encore revenir suivant le même
trajet. Privé de leur combustible, la chaleur d'eau, ils meurent
rapidement dés qu'ils évoluent sur la terme ferme.
Les types de dépressions.
Les rafales peuvent dépasser de 50 % les
vents moyens
Dépression
tropicale.
Vent moyen entre 51 et
62km/h
Tempête tropicale modérée.
Vent moyen entre 63 et
88
km/h
Forte tempête tropicale.
Vent moyen entre 89 et 117
km/h
Cyclone tropical.
Vent moyen entre 118 et 165
km/h
Cyclone tropicale intense
Vent moyen entre 166 et 212
km/h
Cyclone tropicale très intense.
Vent moyen supérieur à 212 km/h
Pluies.
Les quantités de précipitations dépendent essentiellement de
l'existence d'un relief montagneux. Au niveau mondial, il n'est donc pas
étonnant de trouver tous les records à la Réunion.
3 240 mm en 3 jours à Grand-îlet,
altitude 1150 M, lors du cyclone Hyacinthe 24 au 27 janvier 1980
5 678 mm à Commerson, altitude 2320 M,
pendant le cyclone Hyacinthe du 18 au 28 janvier 1980.
Comparaison : Il faut généralement neuf ans de pluies à Paris
pour obtenir entre 5 et 6 mètres d'eau.
Leurs noms sont définis à l'avance chaque année, le premier de
la saison commençant par la lettre A et ainsi de suite. Outre
celui de 1948, le plus ravageur qu'affronta la Réunion fut Jenny en
1962.
Les cyclones et l'île de
La Réunion
1806 1807 Les
Grandes avalasses. Elles restent les évènements marquants de XIX
siècle, qui causèrent des dégâts immenses, des morts, notamment par
naufrage, et se soldèrent par la ruine complète de l'agriculture,
entraînant une grande disette. Ces avalasses auront une incidence majeure
sur l'évolution de notre agriculture : les cultures de coton, café et
giroflier trop vulnérables, vont être abandonnées au profit de la canne
à sucre.
1829, un cyclone détruit toutes les récoltes, engloutis dans
les flots ou brises sur les cotes plus de vingt navires
1850, le 29 janvier 1850
et un autre cyclone le 27, 28 et 1er mars
1858, le 16 janvier
1858. L'ingénieur Maillard, en pleine mission à La Plaine des
Cafres, parle de 50 morts et de nombreux dégâts. Le pont du chemin de
fer du Gouvernement est arraché. En fin d'année à l'occasion d'un autre
phénomène, la cathédrale de Saint-Denis perd une partie de son toit.
1860. 22 et 23 février fatale à un grand nombre de
navire, une quarantaine se sont perdus ou ont été endommagés.
1863 les 2, 10 et
14 février, trois ouragans frappent durement l'île.
1868 cyclone
de mars 1868.
1871 le 6
janvier 1871.
1872, un cyclone touche l'île le 16 et 17 février.
1873. janvier 1873,
malgré des dégâts modérés, la colonie est financièrement épuisée
par un ouragan, Maurice vient au secours de La Réunion. L'assemblée
Nationale accorde à la Colonie un secoure d'un million de francs.
1874 le 23 mars 1874,
Les dégâts sont importants et surtout une vingtaine de maisons sont
emportées à Cilaos. Quatre des six enfants d'une famille périssent.
1876, en févier.
1878, le 14 janvier
1878, l'île est dévastée par un cyclone. Des familles
entières ont disparu, entraînées par les torrents. Une cinquantaine
de morts dans l'île.
1879. cyclone le 21 mars.
Assez violent, il fait 35 morts.
1881 le 21 janvier
1881. Les crues des rivières font leurs traditionnels dégâts.
1894 le 8 décembre
1894. Trois morts.
1948.
Le cyclone de 1948, 26 et 27 janvier a provoqué la mort de 165
personnes. Au plus fort de la nuit du 26 - 27 janvier, on estime que les
rafales de vents dépassent les 300 kilomètres à l'heure. Le centre du
système passera à moins de 50 km de l'ouest de l'île.
Jenny, 1962. 28 février.
37 morts et 150 blessés. Le 28 février, c'est sur une île à peine
prévenue qu'arrive le météore Jenny. Il fond si vite que la
population n'aura pas le temps de se mettre à l'abri.
Hyacinthe, 1980.
18 au 27 janvier, entraînant la
mort de 25 personnes. Le cyclone hyacinthe est passée par trois fois
très près de La Réunion. Le premier passage a lieu le 18 janvier en
début de journée. Hyacinthe n'est alors que faible perturbation
tropicale lorsqu'elle passe à environ 60 nautiques dans le nord de
l'île. Hyacinthe évolue ensuite en cyclone tropicale, il décrit une
boucle et revient vers La Réunion et passe à environ 65 nautiques dans
le sud-ouest de la Pointe des Galets dans la nuit du 24 au 25 janvier
avant de s'éloigner à nouveau vers l'ouest. Le troisième passage a
lieu après une nouvelle boucle. Hyacinthe passe le 27 janvier à 40
nautiques dans le sud de l'île. Du 15 au 27 janvier, La Réunion est
restée dans une masse nuageuse dense avec des précipitations
continues.
Florine 7 janvier
1981. Plantations de bananes et de vanille réduites à néant
presque de même pour la canne ou les letchis. Florine a surtout touché
l'agriculture, il laissera le souvenir d'un " gentil cyclone
".
Clotilda, 1987. 13 au 14
février. 7 morts et
2 disparus. Clotilda
frappe de plein fouet l'île de La Réunion le 13 février 1987. En
trois jours les hauteurs d'eau cumulées atteignent des valeurs
impressionnantes : 1 855 mm à la Plaine des Palmistes.
Firinga, 1989, 29 janvier
. 3 disparus, 52 blessés, 2 morts. Firinga dans la nuit du
dimanche 29 au lundi 30 janvier 1989 transforma le sud de l'île en un
vaste torrent de boue. A la Plaine des Cafres il tomba 700 mm d'eau en
moins de 24 heures.
Colina, 1993, 18,19 janvier. 2 morts. Le long de la route du
littoral, les vagues atteignent par moment 12 mètres de hauteurs.
Hollanda, 1984. 11 février.
Hollanda passe au
plus près de la côte sud-est de La Réunion le 11 février, à environ
20 km à l'est de Saint-Philippe. Les rafales dépassent les 230 km/h
Dina, 2002, 22 janvier.
Dina le 22 janvier 2002, le mur de l'œil
passant au plus près à 27 km au large, l'île a échappé de peu
aux conditions paroxysmiques. Néanmoins les conséquences de Dina ont
été très importantes en terme de vent et de précipitations. Les
vents ont fréquemment dépassé les 180 km/h sur le littoral. Dans les
hauts, ils ont atteint localement les 250 km/h en rafales.
Diwa 4 au 7 mars 2006.
Tempête tropicale modérée, Diwa n'en a
pas moins engendré des pluies dignes d'un cyclone entre les 4 et 7 mars
2006. Et entraîné la mort de quatre personnes.
Gamède, 2007. 25 février.
Attendu pour la journée du dimanche 25
février 2007, Gamède est fidèle au rendez-vous dans le nord et le sud
de l'île. Des Radiers submergés, des arbres couchés. Le 25 février à
6 h 45 le pont de La Rivière Saint-Etienne entre Saint-Pierre et
Saint-Louis s'effondre. Au total deux personnes sont victimes de leur
imprudence et des eaux de Gamède.
Au total deux personnes sont victimes de
leur imprudence et des eaux de Gamède. Au Tampon, c'est une femme qui a
été emportée alors qu'elle tentait de traverser un radier en voiture.
Photo animation satellite de météo France, du 05 mars 2004. présentant
le Cyclone tropical très intense "GAFILO", l'image de la terre
vous donne les proportions de ce cyclone.
Le Cyclone Tropical très Intense "GAFILO" 900 hPa était
centré à 16 heures par les points 14.8S et 52,5E, soit à 740 km au
Nord-nord-ouest de la Réunion. Il se déplace vers
l' Ouest-sud-ouest à la vitesse de 16 Km/h .
Avec des vents estimés à plus de 330 km/h le cyclone Gafilo restera
comme l'un des plus puissants phénomènes jamais observés dans l'Océan
Indien. Les normes de sécurité appliquées à La Réunion ne tiennent
pas compte de monstre comme Gafilo, l'île a échappé à une grande
catastrophe.
L’échelle de Dvorak pour mesurer l’intensité
des cyclones.
Pour exprimer la puissance d’un cyclone, on utilise toujours
traditionnellement dans les bulletins des valeurs de pression au centre du
système (ainsi Gafilo a atteint hier matin 10 h une pression record de 900 voire 895 hectopascals – hPa enabrégé), les météorologues ont adopté un autre langage avec l’avènement
de l’analyse moderne des perturbations tropicales grâce aux images
satellitales. L’utilisation des images satellitales dans notre région
remonte à 1967. Et depuis l’affectation récente de Météosat 5 à
l’étude et à la surveillance de l’océan Indien, en 1998, un
satellite géostationnaire, placé à 36 000 km d’altitude, fixe par
rapport à la Terre, les météorologues disposent d’un outil de travail
précieux pour l’analyse de la situation, le suivi des perturbations et
la prévision des trajectoires, conforté par des modèles de prévision
numérique (basés sur des équations physiques de
l’atmosphère)."Depuis 1982, la technique dite de Dvorak (du nom
d’un chercheur américain) a pris le pas sur les autres pour calculer
l’intensité des perturbations tropicales.
Elle repose sur un modèle de
développement de ces perturbations, distinguant différentes
configurations nuageuses. Pour chacune de ces structures, des schémas
type de développement on été établis, chaque stade correspondant à
certaines caractéristiques nuageuses". "Concrètement,
l’utilisation de la méthode de Dvorak consiste à parcourir un arbre de
décision comprenant une dizaines d’étapes. A la fin, on attribue au
système un nombre d’intensité que l’on reporte sur une échelle
("l’échelle de Dvorak", on y est…) pour en déduire la
vitesse maximale du vent près du centre, ainsi que la pression minimale
au cœur du système". Elle est graduée jusqu’à 8, ce qui
correspond à des vents moyens sur dix minutes de 252 kilomètres/heure.
L’échelle de Dvorak, qui n’apparaît pas dans les bulletins grand
public, "est un peu au météorologue ce qu’est l’échelle de
Richter au sismologue". Son intérêt est d’estimer au mieux
l’intensité d’un cyclone mais aussi, et cela est au moins aussi
important, de fournir les éléments propres à la prévision de son
évolution. Source : Les cyclones à la Réunion, édité par le Centre
des cyclones tropicaux de la Réunion, de Mireille Mayoka.
Les records
- Le cyclone le
plus fort : Le typhon Tip, évoluant sans le nord-ouest de
l'océan Pacifique, le 12 octobre 1979, pression centrale de 870 hPa, et
des vents maximums soutenus de 305 km/h.
- Plus fortes
quantités de pluies : 1 170 mm en 12 heures à
Grand-îlet, île de La Réunion lors du cyclone Hyacinthe le 26
janvier 1980.
- L'œil du cyclone
le plus gros : Un oeil de 180 km de diamètre pour le cyclone
Kerry dans la mer de corail, à proximité de l'Australie, le 21
février 1979.
- La vague la plus
haute provoquée par un cyclone : 34 mètres, le 7 février 1933
dans le nord-ouest du Pacifique.
- Le plus long
: 31 jours entre août et septembre 1994, le cyclone John sur le bassin
boréal de l'Océan Pacifique.